Laurent Blanc, PSG
Le championnat n'a pas commencé, mais Laurent Blanc est peut-être déjà sur un siège éjectable. | FRANCK FIFE / AFP

Le PSG n'a (déjà) pas le droit à l'erreur

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Après une intersaison compliquée, le club francilien ouvre le bal ce soir face à Montpellier. Si le Paris-Saint-Germain est le favori de la compétition, il doit montrer sa supériorité. Et tout de suite.

Cette nuit, Laurent Blanc et Jean Fernandez n'ont pas dû beaucoup dormir. Nul doute que dans leur tête, doivent se jouer tous les scénarios possibles et imaginables. L'entraineur de Montpellier, en gros besogneux et connaisseur de la Ligue 1, a dû passer des heures devant son écran de télévision à étudier les déplacements des joueurs de PSG. Laurent Blanc, lui, a d'autres soucis. Avec plus de trente joueurs dans son effectif, l'ancien sélectionneur a des problèmes de riche, et sait qu'il devra laisser quelques uns de ses cadors sur le banc (Lucas Moura, Jérémy Menez, Alex ou Marquinhos...). Il sait aussi qu'il n'a pas le droit à l'erreur. Après un été mouvementé et une centaine de millions dépensés, son équipe doit, dès ce soir, envoyer son message à ses concurrents. 

Paris et Montpellier ont tout changé 

Ils sont les deux derniers vainqueurs du championnat de France. Mais depuis leur titre, ils ne sont plus les mêmes. Montpellier a perdu Belhanda, Pitau, Utaka, Giroud, Estrada, et n'est plus entrainé par le bouillant René Girard. Cet été, Paris s'est séparé de  Gameiro, Lugano, Tiéné - et surtout deux de ses principaux acteurs - Carlo Ancelotti et Leonardo. Mais la mue aurait pu être bien plus aboutie. Thigao Silva aurait pu céder aux sirènes du FC Barcelone, et Zlatan Ibrahimovic aurait pu signifier des velléités de départ après l'arrivée d'Edinson Cavani. Il fallait stopper l'hémorragie. En cela, le choix de Laurent Blanc, connu pour sa capacité à gérer les égos, ne semble pas si incohérent. Mais il faut peut-être s'attendre à d'autres changements. Pour limiter les risques de frustration et de fissure du vestiaire, le nouveau coach parisien sait qu'il devra restreindre son groupe : Bodmer, Chantôme, Sissoko, Van der Wiel, Menez, Sakho seront peut-être invités à se trouver un autre club. Du côté des Héraultais, entre René Girard et Jean Fernandez, c'est le jour et la nuit. Formidable entraîneur-formateur, l'ancien adjoint de Raymond Goethals est bien moins sanguin que son homologue lillois. Mais comme l'ancien sélectionneur des Bleuets, il aime faire jouer les jeunes. Et peut désormais s'appuyer sur l'ancien parisien Saka Tiéné, Bakar et Sanson, trois joueurs qu'il semble estimer.

Comment vont-ils jouer ?  

Jean Fernandez l'avoue : "entre les deux derniers champions de France, l'écart est énorme". Pourtant, paradoxalement, il assure "ne pas avoir peur du PSG" :"Pour moi, le championnat est déjà joué. Il n'est donc pas question de faire de cauchemars parce-qu'on joue Paris, on sait d'avance qu'ils ne sont pas dans la même catégorie". Pour bien figurer face à l'ogre francilien, Jean Fernandez devra composer sans Bakar, Bocaly, Sahli et Ait-Fana, mais pourra compter sur ses deux nouvelles recrues, Tiéné et Sanson. Du côté des parisiens, l'incertitude plane autour de la titularisation du nouveau goleador Edinson Cavani, mais Laurent Blanc a l'avantage de disposer d'un groupe au complet. Les supporters attendent maintenant de voir comment l'ancien coach de Bordeaux va faire jouer son équipe de stars : va t-il perpétrer le 4-4-2 d'Ancelotti ? Cette option aurait l'avantage de ne pas bouleverser les automatismes. Mais on sait Laurent Blanc plus favorable au 4-3-3 et à une philosophie basée sur la vitesse de la circulation des joueurs et de la balle. L'entraîneur Montpellierain affirme vouloir rester dans la continuité de son prédécesseur :"je ne vais pas chambouler le bon travail de René (Girard) et partir sur les mêmes bases. On jouera avec un milieu à trois et, selon les adversaires ou les circonstances, sa configuration variera. Ce peut être Stambouli et Saihi derrière Cabella, ou Stambouli devant la défense et Cabella-Saihi plus haut". 

Une chose est certaine : face à Paris, Montpellier sera prudent. Jean Fernandez a dû déjà mettre ses joueurs au parfum : jouer les "Hérault", ça n'est pas son style. 

Jean Charbon