Bauthéac Kaboré Nice Marseille
Bauthéac (Nice) et Kaboré (Marseille) à la lutte | GERARD JULIEN / AFP

Le PSG, Marseille et Lyon gâchent des munitions

Publié le , modifié le

Les favoris de la la L1 ont dû tous trois se contenter d'un nul dimanche lors de la 12e journée. Le PSG a été tenu en échec (1-1) à Montpellier dans un match accroché, Marseille a gâché trop d'occasions face à Nice et s'est fait rejoindre dans les dernières minutes (2-2). Lyon a aussi dû partager les points à Sochaux (1-1). Dans l'autre match du jour, Lorient a été sévèrement battu sur sa pelouse (0-4) par Bordeaux.

Paris s'en contentera

René Girard (entraîneur de Montpellier): "Nous avons bien mieux entamé la 2e période, qui a été plus soutenue. C'est une belle performance, c'est important de s'accrocher. On a laissé deux points ce soir mais je crois que beaucoup en laisseront contre cette équipe. C'est bien, c'est un point ce soir qui va compter et qui va nous faire du bien".

Réduit à dix dès la 10e minute après l'exclusion de Sakho, le Paris SG a obtenu un match nul méritoire (1-1) à Montpellier qui lui permet de conserver sa place de leader de à l'issue d'un duel plutôt rugueux. Déjà privé au coup d'envoi de son goleador, Zlatan Ibrahimovic, qui purgeait le premier de ses deux matches de suspension, le PSG perdait aussi très vite un autre joueur capital, le défenseur Mamadou Sakho, exclu pour avoir retenu l'attaquant Gaëtan Charbonnier à l'entrée de la surface de réparation.  En montrant le carton rouge aussi tôt à l'international français, l'arbitre Clément Turpin rendait la tâche très difficile aux Parisiens qui depuis le coup d'envoi avaient été plutôt chahutés. Carlo Ancelotti faisait alors sortir un attaquant, Guillaume Hoarau, préféré au coup d'envoi à l'Argentin Javier Pastore, pour faire entrer un défenseur, Alex.

Mais comme souvent en pareil cas, même en supériorité numérique, l'adversaire n'en profitait pas. Les Parisiens se créaient des occasions face des Héraultais montraient encore une fébrilité inquiétante en défense. Si bien que les Parisiens pouvaient jouer les coups à fond. Et peu après la demi-heure de jeu, sur une action où la défense locale parut bien attentiste, Maxwell, d'un petit lob somptueux, trompait Jourdren avancé sur le coup (1-0, 37). Montpellier de son côté ne montrait pas grand chose et s'en remettait à Camara pour tenter quelques gestes.

Le niveau du spectacle en seconde période baissait d'un cran. Le jeu était émaillé de tacles très limite et d'accrochages comme à la 53e minute. L'arbitre, qui avait déjà distribué deux cartons jaunes de part et d'autre en plus du rouge de Sakho, avait alors bien du mérite à maintenir l'ordre.  Mais alors que les Parisiens, après une belle combinaison Maxwell-Ménez-Lavezzi, étaient tout près de doubler la mise, ce furent les Montpelliérains qui retrouvaient l'espoir en égalisant par Cabella qui trouvait le petit filet de Sirigu d'un tir enroulé (1-1, 59). Les Parisiens apparaissaient alors un peu abattus mais un nouveau coup de théâtre se produisait avec un 2e carton jaune pour Belhanda (65e), synonyme d'exclusion. 

Bien que hachée, la fin de math gardait tout son suspense mais les attaquants ne parvenaient à se créer beaucoup de situations dangereuses et les deux équipes devaient se satisfaire de ce nul qui finalement n'est pas une si mauvaise opération ni pour l'une ni pour l'autre.   

Marseille trop brouillon

Longtemps Marseille n'a pas semblé pouvoir percer la défense, pourtant pas imprenable, de Nice. A l'image de ces deux têtes à bout portant et inexplicablement manquées par un Benoît Cheyrou très malheureux sur ces coups-là (6e, 10e), Marseille n'est pas en réussite. Jordan Ayew et Valbuena butaient ensuite sur un Ospina inspiré (17e) avant que l'arbitre n'accorde un penalty justifié à l'OM pour une faute de Gomis sur Amalfitano. Valbuena s'élançait… et Ospina repoussait (28e)! La libération pour les Phocéens venait d'Andre Ayew, hors jeu au moment de son appel, qui marquait d'une belle tête croisée (1-0, 40e). A la reprise, le même Ayew sauvait sur sa ligne un ballon chaud mais ses coéquipiers oubliaient complètement Cvitanich sur un coup-franc anodin et l'Argentin égalisait à la stupeur générale (51e).

L'OM ne baissait pourtant pas les bras et reprenait les devant grâce au premier but de la saison de Mathieu Valbuena (2-1, 68e). Les hommes d'Elie Baup se dirigeaient vers un succès certes étriqué mais qui lui assurait la première place du championnat avec trois points d'avance sur le PSG. Mais ses errements défensifs étaient trop criants pour s'en sortir à si bon compte : A deux minutes de la fin du match, Abriel profitait d'un contre confus pour fusiller Mandanda (2-2, 88e). Marseille, qui aurait pu, qui aurait dû, se mettre à l'abri en première période, a beaucoup trop gâché d'occasions pour éviter ce scénario terriblement frustrant. Mais tellement prévisible…

L'OL prend un point, Lorient prend l'eau.

Lyon avait une bonne carte à abattre dans le jeu très ouvert en haut du classement. Hélas pour eux les Lyonnais ont laissé passer l'occasion de prendre provisoirement la tête, en étant tenu en échec à Sochaux (1-1). L'OL remonte tout de même sur le podium à la 3e place. Dans l'autre match décalé de cette 12e journée, Lorient a été sévèrement battu sur sa pelouse (0-4) par Bordeaux qui se hisse à la 6e avec le même nombre de points que Saint-Etienne et Valenciennes. 

Invaincu depuis quatre journées, les Lyonnais ont pourtant longtemps cru tenir la victoire. Ils avaient pris l'avantage en première période grâce à Maxime Gonalons qui reprenait de la tête un coup franc joué par Steed Malbranque (24). Après la mi-temps, les Sochaliens ont mérité d'égaliser avec un but de Sloan Privat qui fusillait le gardien Rémy Vercoutre après une action à trois, partie du rond central (71). Les Lyonnais semblaient hésiter sur la conduite à tenir, livrant un  match sérieux sans pour autant être trop dangereux. Sochaux a aussi eu quelques occasions et finalement obtient un nul plutôt logique, qui lui permet de revenir à la hauteur d'Evian-Thonon, mais qui ne lui permet pas de sortir de la zone de relégation 

La bonne opération du jour est à mettre au crédit de Bordeaux, auteur d'un carton au Moustoir sur des buts de Jussiê, Obraniak, Saivet et Gouffran. Les Girondins reviennent à un point du podium, tandis que Lorient confirme ses énormes failles défensives, avec la bagatelle de 25 buts encaissés déjà (soit la 2e pire défense derrière Bastia, 29), dont 16 dans les quatre derniers matches. Les Lorient vont devoir absolument trouver des solutions pour enrayer l'hémorragie. Leur beau début de saison est déjà effacé puisqu'après leurs dernières contre-performances, ils sont rentrés dans le rang.  

Steve Mandanda (gardien et capitaine de Marseille): "Je ne sais pas ce qui est le plus rageant, se procurer autant d'occasions ou se faire rejoindre de la sorte. Nous avions l'opportunité de mener plus largement à la pause. Nous avons été incapables de tenir le résultat ensuite. C'est une très mauvaise habitude qui me rappelle le scénario du match de jeudi, où on encaisse un but dans les arrêts de jeu. Nous faisons des erreurs que nous ne devons pas faire. Nous encaissons des buts évitables".

Didier Digard (capitaine de Nice): "L'OM a mis de l'intensité et a bien joué le coup en première mi-temps. En seconde, c'est nous qui sommes allés les chercher en étant plus présents dans les duels. Nous avons eu un très grand David (Ospina, le gardien niçois, ndlr) et de la réussite. Nous étions venus pour gagner. Mais après notre première mi-temps, nous savions que nous ne pouvions espérer mieux que le nul. Nous avons réagi, mais cela ne suffit pas".

Julien Lamotte