Jean-Michel Aulas
Le président de l'OL, Jean-Michel Aulas | AFP - PHILIPPE DESMAZES

Le PSG, Fournier, Grenier... Aulas met la pression

Publié le , modifié le

A quelques jours du Trophée des Champions qui doit opposer Lyon au Paris Saint-Germain, Jean-Michel Aulas a sorti le grand jeu dans les colonnes de l'Equipe. Le président de l'OL n'épargne personne, ni ses joueurs, ni son staff. Véritable avertissement ou écran de fumée pour détourner l'attention ?

Comme Jose Mourinho, la référence ultime en la matière, Jean-Michel Aulas est passé maître dans l'art d'allumer des contrefeux lorsque son équipe commence à sentir le brûlé. La fessée infligée par Arsenal en Emirates Cup (6-0), enchaînée par un nouveau revers contre Villarreal (2-0) ont clairement montré un Olympique Lyonnais loin d'être au point. Comme si cela ne suffisait pas aux malheurs rhodaniens, Clément Grenier s'est gravement blessé à la cuisse gauche contre les Gunners et sera absent pendant de longs mois. Enfin, dernière épine dans le pied présidentiel, la prolongation du contrat d'Alexandre Lacazette qui se fait tarder. La coupe est pleine semble dire "JMA" dans L'Equipe. 

Première cible de sa diatribe, le PSG et le refus du club parisien de faire lever la suspension de Nabil Fékir pour le Trophée des Champions samedi à Montréal. "Je n'irai pas, c'est une bouderie de ma part", avait déjà prévenu la veille Aulas dans Le Progrès. Ce mercredi, il enfonce le clou. "Quand on a 600 millions d'euros de budget, ne pas vouloir que Nabil joue un match comme ça... Ils ont peur de quoi ?", s'interroge-t-il. "Le priver d'une affiche comme ça parce qu'il a eu un troisième avertissement en championnat l'année d'avant je ne trouve pas ça fair-play". Faussement naïf, Aulas a-t-il oublié qu'il était beaucoup plus pointilleux sur le règlement cet hiver lorsqu'il s'était insurgé de la réduction de la suspension visant Zlatan Ibrahimovic ? 

"Une équipe de stars avec de gros salaires"

Toujours prompt à souffler le chaud et le froid, l'homme fort de l'OL met également un petit tacle à son entraîneur Hubert Fournier ("nous verrons contre le PSG s'il s'est trompé ou pas") avant de l'encenser ("c'est un mec super qui vient de réaliser une saison exceptionnelle"). Si le coach est relativement épargné par la foudre aulassienne, les joueurs, eux, en prennent pour leur grade. "Est-ce que c'est grave d'avoir explosé en vol à Arsenal ? Oui je le pense. Visiblement on n'a pas fait une très bonne préparation". Malin, il se garde pourtant bien de tirer des conclusions hâtives. "Je ne suis pas satisfait. Si on fait des matchs amicaux c'est pour préparer l'équipe type à notre premier objectif de la saison qui est de gagner le Trophée des Champions. Et on saura véritablement après ce premier match si on s'est bien préparés ou non..." Comme souvent avec Jean-Michel Aulas, tout ou presque est dans les points de suspension. 

Lourds de menaces, ces derniers s'appliquent également au cas Clément Grenier, soupçonné de ne pas avoir une hygiène de vie irréprochable. "Qu'il aime vivre c'est bien. Maintenant, s'il fume, ce que je ne sais pas, je lui conseille d'arrêter (...) Il était très déçu samedi. C'est dur de le voir dans cet état, il a pleuré toute la nuit. Il sort d'un an de blessures..." Mi protecteur, mi père fouettard encore une fois. En revanche, il est beaucoup plus sévère avec l'ensemble du groupe lyonnais. "Les garçons se regardent, individuellement, plus qu'avant. Avant c'était une bande de copains, aujourd'hui c'est une équipe de stars avec de gros salaires". Une façon de souligner que son équipe a changé de statut et que les joueurs doivent désormais assumer leurs responsabilités. Jean-Michel Aulas ne dit jamais rien gratuitement. Dès samedi face au PSG, il attendra son retour sur investissement. 

Julien Lamotte