Mohamed Sissoko Benoît Cheyrou PSG OM 2012
Mohamed Sissoko (PSG) à la lutte avec Benoît Cheyrou (OM) | KENZO TRIBOUILLARD / AFP

Le PSG enfonce Marseille

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Vainqueur de Marseille en match décalé de la 31e journée de Ligue 1 au terme d'un "Clasico" assez terne (2-1), le PSG revient à hauteur de Montpellier en tête du classement général. Pour l'OM, la chute sans fin continue : onzième match sans victoire pour les hommes de Didier Deschamps.

Samuel Eto'o et Eden Hazard, présents dans les tribunes, ont terriblement manqué sur la pelouse. Les deux artistes camerounais et belge auraient peut-être pu éclairer une rencontre qui n'a eu de Clasico que le nom. Match terne mais un vainqueur, le PSG, qui se relance dans la course au titre au moment où son rival honni s'enfonce encore un peu plus dans la crise. L'OM n'a plus gagné depuis maintenant 11 matchs toutes compétitions confondues (avec 10 défaites à la clé). Le bilan phocéeen parle de lui-même. Dans le jeu, ce n'est pas mieux. En pleine crise de confiance, les Marseillais éprouvent les plus grandes peines à se procurer des ébauches d'occasions. Même face à ce PSG "prenable". Car si Paris a mis fin à quatre matchs sans victoire et est revenu à égalité avec Montpellier (avec toutefois un match en plus au compteur), la copie proposée par les partenaires d'un Pastore encore transparent laisse toujours planer le doute.

Menez, le détonateur

Sans véritable attaquant au coup d'envoi (Hoarau et Gameiro sont sur le banc), les Parisiens débutent pourtant le match avec un entrain qu'on ne leur connaissait plus depuis quelque temps. L'enthousiasme des hommes d'Ancelotti est rapidement récompensé par son joueur le plus percutant : Jeremy Menez. L'ex-Sochalien est ainsi parfaitement opportuniste pour reprendre une volée dévissée de Jallet et tromper Mandanda dès la 6e minute. Réussite maximale pour le PSG sur ce coup-là. Mais les hommes de la capitale ne fructifient pas leur avantage au score et, au contraire, se mettent à déjouer, à reculer, à faire des fautes. Sur ce dernier point, Marseille n’est pas en reste et le match devient parfois franchement pénible. Si l'OM envoie quelques piques avant la pause, tir d'Amalfitano (28e), tête de M'Bia (38e), reprise de Diarra (43e), c'est en seconde période que les hommes de Deschamps vont véritablement faire preuve d'orgueil. 

Si Nenê manque la balle de break en déchirant sa reprise de volée sur un service parfait de Menez, Andre Ayew, lui, ne gâche pas l'offrande de Loïc Rémy et remet les deux formations à égalité (1-1, 60e). Au vu de la prestation fournie, ce n'est pas injuste mais Alex n'a pas de soucis d'équité et, une minute plus tard, redonne l'avantage au PSG en prenant l'avantage sur Diarra dans les airs (2-1, 61e). Le Parc n'aura temblé que 60 secondes. Les supporters parisiens auront d'autres occasions de serrer les dents, notamment avec l'expulsion de Sissoko à la 86e minute, mais l'OM, en dépit d'un dernier rush, ne parvenait pas à forcer le verrou parisien. "A l'Italienne", les hommes d'Ancelotti gratte un précieux succès aux dépens de l'ennemi intime et fait même coup double en revenant à hauteur du leader montpelliérain. Il y a des victoires pas très belles qui valent très cher.

Déclarations :

Didier Deschamps (entraîneur de Marseille) : "On est forcement déçu quand on perd. La défaite est injuste par rapport à ce qu'on a fait. Paris a mis deux buts sur deux frappes cadrées. Après 5-10 minutes pénibles, on a eu le contrôle. Steve Mandanda n'a quasiment rien eu à faire.Un nul n'aurait pas été immérité. On a manqué de réussite, de chance. Depuis une période, il n'ya pas grand chose qui tourne en notre faveur. On ne va pas se cacher derrière ça. Il faut afficher les mêmes intentions et s'appuyer là-dessus par rapport à nos échéances de la fin de saison."

Carlo Ancelotti (entraîneur du PSG) : Marseille a de la qualité, le match était difficile. On a bien débuté. Quand on a eu la possibilité de jouer, on l'a fait. On a joué avec force. On a joué en équipe pendant 90 minutes. Nous avons commencé avec intensité, en jouant vite pour mettre la défense de l'OM sous pression. Après, on a contrôlé défensivement en essayant d'exploiter les contres."

Blaise Matuidi (milieu du PSG) : "C'était un clasico et il fallait gagner. On a été battant. Ce soir on est doublement satisfait parce qu'on revient aussi sur Montpellier. Tous les clasicos sont sous tension. Au match aller, on les avait laissés nous marcher dessus, il fallait réagir. (Sifflets contre Pastore) Il ne faut pas oublier que Javier a 22 ans et que c'est sa première année en France. Il est un peu moins bien en ce moment mais on est derrière lui. Il est talentueux et on a besoin de lui. On va être là jusqu'au bout. J'espère que ça va nous redonner confiance, il le faut. L'ambiance a toujours été bonne, on s'est toujours bien entendu. Les querelles, ça arrive dans tous les clubs. Mercredi, je serai supporteur de l'OM, oui. Mais ce sera la seule fois."

Milan Bisevac (défenseur du PSG): "C'était très, très important. On est très content. Tu gagnes un match comme ça, ça te donne confiance. Il faut continuer comme ça. On est un peu soulagé, ça fait vraiment du bien. Les 20 premières minutes ont été très, très bonnes, peut-être les meilleures de la saison. C'est une victoire du collectif et ça fait plaisir. On est content d'avoir donné l'image d'une équipe solide et appliquée. Dans l'axe, ça a été. C'est le coach qui décide."

Julien Lamotte