Leonardo Inter Milan 122010
Leonardo | AFP - GIUSEPPE CACACE

Le PSG doit répartir ses rôles

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Le conseil de surveillance convoqué au Paris SG aujourd'hui doit préciser le rôle de chacun, et peut, notamment, rogner les prérogatives de l'actuel président Robin Leproux afin de faciliter l'arrivée du Brésilien Leonardo à un poste de directeur sportif aux pouvoirs élargis. Le temps presse. En l'absence de Leonardo, le club parisien n'avance plus pendant le mercato estival. Sans lui, les agents de joueurs ne savent vers quel interlocuteur fiable se tourner.

Intelligemment, +Leo+, qui se sait désiré par les nouveaux actionnaires qataris du PSG depuis leur rencontre la semaine passée à Londres, joue la montre pour obtenir les pleins pouvoirs. Pour faire passer son message, l'ancien milieu de Paris (1996-97) a soufflé le chaud et le froid lors d'une conférence de presse à Milan (il était entraîneur de l'Inter la saison passée) jeudi dernier. "Je n'exclus pas d'être à la tête du Paris SG le 6 août (reprise de la L1, jour où le PSG recevra Lorient à 21h00), mais je n'exclus pas le contraire", a ainsi lâché le Brésilien. Et de glisser encore, "il y a tant de choses à voir, à discuter, je ne sais pas combien de temps cela va durer", ou cette petite sentence assassine pour faire monter sa cote: "Cela fait 15 ans qu'au PSG ils n'ont pas de très bons résultats". Une source proche du dossier interrogée jeudi dernier avait décrypté le signal: "Leonardo ne veut pas travailler avec Leproux, il veut les pleins pouvoirs. On m'a aussi dit que Leproux faisait un lobbying d'enfer pour rester en place".

Leproux, Boindrieux, Roche convoqués

Les nouveaux hommes forts du PSG -Nasser Al-Khelaifi, le président de Qatar Sports Investments (QSI) qui a pris 70% du capital du club, et le prince héritier du Qatar Tamim Al-Thani qui a la haute main sur le dossier- s'attendaient-ils à tel marchandage ? Dès sa première apparition en pleine lumière en France, devant la DNCG (gendarme financier du football français), Nasser Al-Khelaifi avait confirmé dans leurs fonctions l'entraîneur Antoine Kombouaré, qui ne s'attendait pas à une telle faveur, et le président Robin Leproux. Alors que les us et coutumes du football imposent qu'une nouvelle équipe dirigeante arrive avec son encadrement, les Qataris ne voulaient pas agir en "flambeurs" et tout révolutionner, visiblement sensibles aux lauriers attribués à Leproux pour sa politique de pacification du Parc des Princes. Mais +Leo+ ne veut recevoir d'ordres que du Qatar et ne veut pas d'un contre-pouvoir au sein du club parisien.

Leproux, ainsi que Philippe Boindrieux, directeur général du PSG, et Alain Roche, responsable de la cellule recrutement, membres du directoire, ont été convoqués au conseil de surveillance de mardi. Le conseil de surveillance doit examiner un projet de réorganisation juridique - un conseil d'administration consacrant l'autorité des Qataris - mais surtout déterminer le champ d'action de chacun. Leproux parviendra-t-il à conserver la main ? Si son champ d'action est réduit à la portion congrue, sera-t-il poussé vers la sortie ?  +Leo+ signera-t-il officiellement dès mardi ou mercredi comme certaines sources proches du dossier l'annoncent ? Le Brésilien facilitera-t-il la venue au Parc de Princes de petites merveilles comme le Brésilien Ganso ? Le PSG aura en tout cas fait de la trêve estivale un vrai feuilleton.

AFP