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Hatem Ben Arfa revêtira, cette saison, les couleurs de Newcastle. | AFP - LEONG

Le mercato entre deux eaux

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Après un été placé sous le signe d'un départ, Hatem Ben Arfa rejoint, sous forme de prêt, le club anglais de Newcastle. Si la situation du meneur de jeu est enfin réglée, d'autres, à l'instar de son désormais ex-coéquipier Mamadou Niang, sont encore dans l'attente de leur devenir. A moins d'un mois de la clôture du mercato, peu de clubs se sont renforcés. Nice devra se mettre sérieusement à la recherche d'un attaquant pour pallier le départ probable de Loïc Rémy.

Qu'il est dur de faire des emplettes ! L'été, propice aux vacances, à la détente et à la tranquillité d'esprit, n'a pas rendu moins tenace en affaires les présidents des clubs. La faute à un mercato qui ne connaît pas les soldes, mais dont l'inflation lui colle aux baskets. A quelques jours de la fin de la période des transferts (le 31 août à minuit), les besaces des clubs peinent à se remplir. Car, avant de recruter, les formations pensent d'abord à dégraisser un effectif souvent trop conséquent, qui compte quelques "gros salaires" dont on se débarrasserait volontiers. Mais pas à n'importe quel prix. Petit tour d'horizon des clubs en proie à agiter un marché des transferts, proche de l'inertie.

L'histoire aura été mouvementée, pleine de péripétie, mais signe un dénouement heureux pour Hatem Ben Arfa. Parfois en froid avec Didier Deschamps et, en mal de temps de jeu, l'international tricolore quitte l'OM, le temps de son prêt d'une saison, pour rejoindre le promu Newcastle. Courtisé par Hoffenheim ou encore le Werder Brême, Ben Arfa avait fait des Magpies sa priorité, un club qui, selon ses dires, lui permettra d'être plus en vue. En cas de bonne saison, l'ancien Lyonnais pourrait même poser ses valises, de manière définitive, en Angleterre. Du côté de Marseille, un autre départ devrait peut-être se concrétiser dans les prochains jours. Celui de Mamadou Niang.

Niang, un clash pour du cash ?

A la recherche d'un attaquant de renom pour épauler Mamadou Niang, les dirigeants marseillais devraient finalement se résigner à laisser filer leur buteur providentiel. Après avoir fermé la porte à un départ de Taye Taïwo, en partance vers l'Atletico Madrid, le président de l'OM, Jean-Claude Dassier, s'est montré tout aussi intransigeant avec l'international sénégalais. Pourtant, le meilleur buteur de l'exercice précédent (dix-huit réalisations) reste campé sur sa position et a estimé sa décision de quitter Marseille comme "irrévocable". Déçu de ne pas avoir reçu d'offres d'écuries étrangères, notamment d'Angleterre, un championnat où Niang aurait rêvé d'évoluer, le Marseillais s'est décidé ces derniers jours à rejoindre le club turc de Fenerbahçe, où l'ex-nancéien Issiar Dia a signé. Eliminé prématurément au troisième tour préliminaire de Ligue des Champions, le club stambouliote représente avant tout une belle opportunité financière pour Niang, qui percevrait un salaire annuel de près d'un million d'euros.

Le Sénégalais serait-il prêt à entamer un bras de fer avec ses dirigeants pour satisfaire ses désirs d'Eldorado ? Même si le joueur ne s'est pas dit adepte de ses méthodes, tout laisse à présager un tel futur. Car Dassier, comme Deschamps, sont fermés pour l'heure au dialogue. "On a longuement parlé de ses envies de départ. Je lui ai dit non, il (Niang) ne partira pas. (…) ma position est claire, ferme, et mon président a la même. Il n'y a pas de discussion possible", a déclaré le technicien phocéen. Si "Mamade" continue de donner l'impression d'avoir la tête ailleurs, comme ce fut le cas contre Caen (défaite 2-1), l'OM pourrait néanmoins consentir à un départ de leur attaquant fétiche. Mais à trois conditions: que Deschamps soit d'accord, que Fenerbahçe pose au moins dix millions d'euros sur la table et que l'OM soit certain d'enrôler un attaquant de classe mondiale. En cas de départ de Niang, ce buteur pourrait s'appeler Luis Fabiano. Le Brésilien, à qui il reste un an de contrat avec le FC Séville, devra toutefois revoir ses prétentions salariales à la baisse (quatre millions d'euros par an). Courtisé par un club européen de premier plan, Gabriel Heinze devrait lui aussi discuter avec les dirigeants marseillais de son avenir, qui pourrait se dessiner loin de la Cannebière.

Le Frenchie Rémy ?

Autre club, autre son de cloche. A Nice, les dirigeants se sont résolus à laisser filer leur joyau. Samedi, Loïc Rémy a très certainement disputé son dernier match sous les couleurs niçoises, face à Valenciennes. Un temps courtisé par Liverpool et Stoke City, Rémy se destine à rejoindre Tottenham, qui a encore supervisé ce week-end l'avant-centre au stade du Ray. "J'ai discuté avec eux après le match", a indiqué l'ancien Lyonnais. "Après, je ne sais pas du tout ce qui va se passer". Si son transfert vers les Spurs venait à achopper sur quelques détails, le buteur du Gym, qui rêve d'ascension, pourrait débarquer à Rennes en cas de départ d'Asamoah Gyan.

A Bordeaux, il est fort à parier qu'Alou Diarra restera dans les rangs girondins, au vu de la déconvenue contre Montpellier (défaite 1-0). Pourtant, Didier Deschamps en avait fait sa priorité au milieu de terrain. Si les Olympiens arrivent à réunir la somme exigée (près de huit millions d'euros) par le président bordelais Jean-Louis Triaud, Diarra pourrait plier bagage et rallier les troupes de DD. Mais pour enrôler le précieux milieu récupérateur, l'OM doit d'abord vendre Benoît Cheyrou, qui ne cadre plus avec les plans du technicien basque. Pendant que Marseille fait les comptes, le promu Arles-Avignon ne veut pas en finir avec ses achats frénétiques. Après avoir enregistré onze nouvelles venues, Michel Estevan, l'entraîneur du "petit poucet" de la L1 espère la venue de Camel Meriem, libre de tout contrat après un court passage à l'Aris Salonique. Le club suit également de près la piste des grecs Charisteas et Basinas. Mais la venue des deux champions d'Europe 2004 a été jugée "compliquée" en interne du club arlésien. Les clubs ont encore jusqu'au 31 août, minuit, pour emballer un mercato, qui, peut-être, réserve de belles surprises.

Par Rayan Ouamara