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Les Lillois Dimitri Payet et Salomon Kalou | PHILIPPE HUGUEN / AFP

Le Losc brûle-t-il ?

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Champion de France 2011, Lille devait franchir un palier grâce à son nouveau « Grand Stade » inauguré en début de saison. Erigé en modèle, le Losc est pourtant dans une situation compliquée entre mauvais résultats sportifs, finances dans le rouge, entraîneur sur le départ et joueurs en quête de nouveaux horizons.

Leur doublé coupe de France – championnat en 2011 devait les propulser dans une autre dimension. La fin d’un demi-siècle sans titre, en attendant un nouveau stade avec envie et ambition. Las, une saison a suffi à replonger le club nordiste dans des eaux sombres. Comme en 2007, après son huitième de finale de Ligue des champions cruellement perdu contre Manchester United, Lille semble atteint d’une crise de croissance.

Mauvais recrutement et cadres dans le dur

Un phénomène aux causes diverses. A commencer par un recrutement aussi prometteur à l’été que décevant à l’automne. Figure de proue du mercato nordiste, Salomon Kalou a été fantomatique six mois durant. Et ses douze buts en Ligue 1 (14 au total) sur la phase retour n’ont pas suffi pour ouvrir à son club les portes de l’Europe. Arrivé de Sochaux pour quelques dix millions d’euros, Marvin Martin n’a pas fait mieux. Meilleur passeur de France à l’issue de la saison 2010/2011 avec 17 offrandes, l’international français ne s’est jamais imposé dans le club du président Seydoux (0 but, 5 passes décisives). Idem pour Ryan Mendes, venu du Havre pour apporter du punch à l’attaque lilloise mais titulaire à trois reprises seulement.

Outre ces mauvais choix, les difficultés de certains cadres ont plombé la saison du Losc. La blessure de Mavuba ou les méformes successives de Basa, Balmont et Pedretti n’ont pas aidé Rudi Garcia dans sa tâche. Dans le viseur de l’AS Roma, l’avenir du technicien semble s’écrire en pointillés dans le club pensionnaire du Grand Stade. La fin d’une aventure de cinq ans pour l’ancien technicien du Mans. 

Lille privé d'Europe

Sixième de Ligue 1, Lille sera privé d’Europe pour la première fois depuis 2009. En conséquence, le club triple champion de France doit faire face à des problèmes financiers. D’où l’exil programmé de nombreux joueurs, dont ceux aux émoluments les plus élevés. Les Payet, Chedjou, Kalou ou de Melo ne seront pas retenus, mais leurs concurrents directs ne veulent pas s’arrêter là. Lucas Digne ou Florian Thauvin, jeunes espoirs à fort potentiel sont convoités. Il s'agit là encore d'un coup dur pour les Nordistes. 

Quinzièmes au soir de la 7e journée, ils ont couru après leurs points égarés en début de championnat (1 victoire en 7 matches) pour finalement échouer aux portes de l’Europe. Ils avaient pourtant à coeur de briller sur une scène européenne où ils ont fait pâle figure en 2012/2013, terminant derniers de leur groupe de Ligue des champions. Le départ précipité de Mickaël Landreau en cours de saison n'a pas arrangé les choses. Comme un symbole, son remplaçant désigné Steeve Elana n’a pas tenu le choc. Etincelant lors de ses premières sorties, il s’est effrité par la suite. Ses sept buts encaissés face à Sochaux et Toulouse (34e et 35e journée) ont fait le reste, le reléguant sur le banc de touche au profit de Barel Mouko…

​Les jeunes peuvent-ils éteindre l'incendie?

Si les voyants sont au rouge au Domaine de Luchin, le président Michel Seydoux est un habitué des gestions de crise. Le club lillois a déjà survécu à l’exode massif de ses talents, qu’ils s’appellent Bodmer, Keita, Bastos, Rami, Sow ou Makoun. La succession d’Eden Hazard s’est avérée plus compliquée. Sidibé, Gueye, Mendes ou Rodelin, tous âgés de 20 ou 23 ans incarnent le renouveau des Dogues. Auront-ils les épaules pour jouer aux pompiers ?

Jerome Carrere