Thiago Silva PSG Brésil
Les deux visages de Thiago Silva | AFP

Le double visage de Thiago Silva, "monstre" au PSG et "bouc émissaire" au Brésil

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Irréprochable avec le PSG, qui reçoit dimanche soir le Gazelec Ajaccio en clôture de la 2e journée de Ligue 1, Thiago Silva reste très controversé au Brésil. Non retenu par Dunga pour les deux prochains matchs de la Seleçao, le défenseur parisien paie ses derniers rendez-vous manqués en sélection. Pour la réintégrer, "o monstro" sait qu'il doit être parfait avec son club. Mais cela sera-t-il suffisant ?

Thiago Silva n'est pas prophète en son pays c'est le moins que l'on puisse dire. Au contraire, ce serait plutôt le chat noir, la risée, voire l'ennemi public numéro 1 de certains supporters "auriverde". Ce désamour est pourtant relativement récent et remonte bien sûr à la dernière Coupe du monde où le défenseur central, intronisé capitaine et chargé de mener la Seleçao vers un 6e titre mondial à domicile, avait échoué dans les grandes largeurs. Les larmes de Thiago Silva pendant les hymnes, son refus de montrer l'exemple en tirant un penalty durant la séance des tirs au but contre le Chili et son absence, pour cause de suspension, lors de la déroute en demi-finale face à l'Allemagne (7-1) l'avaient déjà grandement affaibli. La dernière Copa America s'est chargée de brouiller encore plus son image.

Coupable d'une faute de main assez grossière contre le Paraguay, en quart de finale, le défenseur central fut désigné comme le principal responsable de l'élimination de la Seleçao (1-1, 4 t.a.b à 3). Dans un pays aussi passionné que prompt à s'enflammer, la tête de Silva était mise à prix. Le président de la Fédération brésilienne de football, Marco Polo Del Nero, oubliant son droit de réserve condamnait ainsi son joueur sur la place publique : "Nous avons été éliminés à cause de l'erreur d'un joueur, Thiago Silva". Jeté en pâture à la vindicte populaire, délesté de son brassard de capitaine (au profit de Neymar) dès la prise de fonction de Dunga, l'ex-joueur de l'AC Milan semble également nouer des relations assez tendues avec son nouveau sélectionneur. Pour preuve, ce dernier ne l'a pas sélectionné pour les deux prochains matchs amicaux du Brésil contre le Costa Rica et les États-Unis, les 5 et 8 septembre prochains.

La Ligue des Champions pour sortir du tunnel ?

Alors que Dunga a fait appel aux autres "Parisiens" pour ces matchs (David Luiz, Marquinhos et Lucas), il a préféré lancer le défenseur d'Arsenal, Gabriel Paulista, à la place du "Monstre", plus que jamais sur la sellette. "Nous devons trouver un équilibre mélangeant la jeunesse et l'expérience. Lorsque nous gagnons, tout le monde gagne. Quand nous perdons, tout le monde perd. Je n'ai rien contre Thiago Silva ou un quelconque joueur" a cru bon de justifier le caoch auriverde. Il n'empêche, à 30 ans, celui que le grand Paolo Maldini lui-même avait qualifié de "meilleur défenseur du monde" n'a plus beaucoup de jokers. Et le plus frustrant pour lui est peut-être de constater qu'il aura beau multiplier les prestations impeccables sous le maillot du PSG en Ligue 1, cela ne sera peut-être pas suffisant. 

Idole du Parc des Princes, régulièrement cité parmi les meilleurs défenseurs du championnat, Thiago Silva souffre peut-être du manque d'exposition ou de considération de la Ligue 1 au Brésil. Reste la Ligue des Champions pour espérer regagner ses galons au sein de la sélection nationale... Face au Gazelec Ajaccio dimanche, celui qui fut l'objet du plus gros transfert de l'histoire du championnat de France à l'époque de son arrivée de Milan (49 millions d'euros avec les bonus) devra encore livrer une prestation sans tâche. "Cela va être un match très difficile, car on ne connaît pas beaucoup cette équipe. Elle pourrait donc nous poser des problèmes. Mais si nous sommes concentrés comme nous l’avons été contre Lille, je pense que cela se passera bien. On devra être encore plus concentré parce que, la saison dernière, on n’a pas bien commencé le championnat. Cette année, cela a changé", rappelle le capitaine du PSG. Maintenant, ce qu'il faudrait aussi changer, c'est son statut au Brésil. 

Julien Lamotte