Mickaël Landreau reçoit un trophée pour son 600e match en Ligue 1 lors de Bastia-Rennes le 9 novembre 2013
Mickaël Landreau reçoit un trophée pour son 600e match en Ligue 1 lors de Bastia-Rennes le 9 novembre 2013 | PASCAL POCHARD CASABIANCA / AFP

Landreau: "une vie pour la performance"

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Dimanche face à Evian-Thonon-Gaillard, lors de la 15eme journée de Ligue 1, le gardien bastiais Mickaël Landreau disputera son 602e match de L1, égalant ainsi le record du nombre de matchs disputés au plus haut niveau, détenu jusque-là par un autre gardien de but, Jean-Luc Ettori. Un record dont l'ancien Nantais ne prend "pas encore la mesure" à un poste où on "repart de zéro à chaque fois".

Que représente ce record pour vous ?
ML: "C'est quelque chose d'énorme pour moi, même si je ne prends pas  complètement la mesure de ce qui se passe. Je pense que je me rendrai compte  plus tard de que ça représente. On a tellement de responsabilités sur les  épaules en tant que gardien qu'on ne peut pas prendre le temps de se poser et  savourer. Le jour où je poserai les gants, je pourrai peut-être me dire, c'est  pas mal (sourires).
   
Comment arrive-t-on à un tel record ?
ML: Avec beaucoup d'exigences, de remises en questions et un état d'esprit  consacré à la préparation et à la compétition. C'est une vie organisée pour la  performance. Il y a des moments où il faut apprendre à dire non à des choses  normales, comme traîner le soir, sortir, manger. Le moindre détail est crucial  quand on veut durer.
   
Est-ce que ce dernier jour sera lors de la dernière journée de  championnat, à l'occasion d'un Bastia-Nantes plein de symboles ?
ML: Nous verrons bien ! Aujourd'hui, je vis année par année. Le plus  important reste la motivation et l'envie d'être au plus haut niveau. Je ne veux  pas parler d'une décision dans un sens ou l'autre. Est-ce le destin que mon  dernier match soit Bastia-Nantes ? Je ne fais pas les choses à moitié et donc  je verrai. Si je devais continuer, ce serait probablement ici. Je ne me vois  pas continuer ailleurs. Pour moi, signer à Bastia n'était pas anodin. Jean-Luc  Ettori me l'a rappelé et c'est sur ses terres que ce record va être égalé.  C'est une terre de valeurs et cela me correspond. A Nantes, j'ai été formé avec  ces mêmes valeurs et elles m'ont servi toute ma carrière. Mais l'histoire est  belle, en effet, que ce soit ici où tout a commencé que ce record soit battu.
   
Vous avez souvent répété que vous n'aviez aucun regret dans votre  carrière. Pourtant, on a l'impression que votre carrière internationale n'a pas  été à la hauteur de votre longévité au plus haut niveau ?
ML: Je n'ai pas forcément ce sentiment. J'ai eu tout un passage derrière  Fabien Barthez et cela était logique. Après, mes choix de carrière et mes choix  d'homme ont fait que je n'ai jamais eu la possibilité d'avoir la légitimité  d'être titulaire indiscutable en équipe de France. Je n'ai pas le sentiment  d'avoir loupé quelque chose. Je pense que j'aurais dû faire partie de  l'Euro-2008. Compte tenu de mon expérience, déjà à l'époque, j'aurais pu  apporter à l'équipe sur une phase finale. Ma déception est plutôt là.  Aujourd'hui pour être numéro 1 en équipe de France, il faut être dans un très  grand club, il faut jouer la Ligue des champions et être au top. Et à un moment  donné je ne répondais pas à ces critères. Je sais qu'il y a une différence  entre les meilleurs du monde et moi ! Avec 10 cm de plus, j'aurais peut-être  fait une meilleure carrière. Mais pour moi, je ne regrette rien et je pense  avoir fait la meilleure carrière possible.

AFP