Alexandre Lacazette OL
L'attaquant de l'OL, Alexandre Lacazette | AFP - PHILIPPE DESMAZES

Lacazette n'a pas apprécié les comportements d'Aulas et de Fournier

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Alexandre Lacazette est revenu dans L'Equipe sur son été mouvementé. Cette prolongation de contrat, longue à venir, a rythmé l'été de l'attaquant et de l'OL. Le buteur a été blessé par l'attitude de son président, qui a révélé le montant du salaire négocié dans la presse, et de son entraîneur qui ne l'a pas assez soutenu à son goût. Ce spleen, qu'il traîne depuis le début de la saison, explique ses difficultés.

L'OL va mal. Défait 3-1 à Bordeaux avant d'accueillir Valence en Ligue des champions pour un match déjà capital, le club lyonnais a du mal à digérer une intersaison mouvementée entre les nombreuses arrivées et la gestion du cas Lacazette. Le buteur lyonnais est à la recherche de ses sensations et du niveau qui ont fait de lui le meilleur joueur et le meilleur buteur de Ligue 1 la saison dernière. Dans une longue interview à L'Equipe, Lacazette revient sur son été et cette prolongation de contrat signée au terme de négociations compliquées et marquées par des déclarations maladroites de Jean-Michel Aulas. Des déclarations qu'a peu goûtées le joueur, tout comme il n'a pas apprécié la communication d'Hubert Fournier. Si on peut s'interroger sur le timing de cette interview - presque deux mois après sa prolongation, alors que son club est en difficulté -, le joueur livre sa version dont voici les moments importants.

Pour ne pas avoir parlé plus tôt

Alexandre Lacazette a signé son nouveau contrat le 8 août dernier. Plus d'un mois et demi après, il sort de son silence. "Je n'avais pas grand-chose à dire. La saison dernière, tout se passait bien et il n'y avait pas de grandes raisons de parler", explique-t-il. Fin septembre, le tableau est totalement différent, l'OL est huitième de Ligue 1 et Lacazette n'a inscrit qu'un seul but en sept matches. Critiqué pour son niveau de jeu et pour son appétit financier cet été, il s'est enfin décidé à parler car ce silence l'a "desservi". "Il ne faut parler que quand on a quelque chose à dire ou qu'il y a trop de mauvaises rumeurs autour de nous". La liste de celles-ci commençait à être trop longue. "Il y en a eu pas mal"...

Ce qu'il n'a pas aimé

L'an dernier, Alexandre Lacazette a porté l'OL jusqu'en Ligue des champions avec ses 27 buts. Il espérait quelque chose en retour. Un geste présidentiel. Il a été déçu de découvrir dans la presse que Jean-Michel Aulas avait révélé le montant de la première proposition de contrat de l'OL mi-juin."Son comportement m'a blessé et déçu". Ce comportement a intrigué Lacazette. "Il n'a jamais dévoilé les chiffres pour un autre", avoue-t-il. Celui qui est "du cru" et qui a toujours "tout donné pour l'OL" ne s'attendait pas à un tel traitement. Blessé, il a dû aussi encaisser les attaques virulentes des supporters sur les réseaux sociaux qui ont "pourri (son) été". "Quand vous êtes en Guadeloupe, que les gens entendent parler de chiffres comme ça, que ça vient aux oreilles des parents, de la grand-mère...", regrette-t-il. Autre personne visée par le discours de Lacazette, son entraîneur Hubert Fournier. Le joueur a regretté que son entraîneur ne le soutienne pas plus. "Il aurait pu expliquer ce qui se passait". Conscient de son faible niveau, il avance des circonstances atténuantes. "J'avais des douleurs au dos. Je voulais aider et ça m'a desservi. J'aurais préféré qu'il me défende, qu'il montre qu'il était derrière moi plutôt que de m'enfoncer encore plus et de donner raison aux supporters qui me critiquaient".

Une prolongation qui aurait dû être plus simple

Courtisé par le PSG notamment cet été, Lacazette a hésité avant de donner sa parole à Lyon. Découvrir la Ligue 1 avec son club formateur, dans un nouveau stade, à un an de l'Euro, était un défi qui l'attirait. "J'avais décidé de rester, tout aurait dût être plus simple", selon lui. D'autant que le président Aulas lui avait promis des choses après sa première saison complète en 2013-2014. En septembre 2014, JMA lui avait refusé une prolongation, lui donnant rendez-vous l'été prochain. "Il m'avait dit que c'était trop, que c'était ma première saison complète, mais que, si je confirmais, on pourrait discuter sur ces chiffres (...) Après, je pense avoir confirmé au-delà de ce qu'il attendait. Donc j'imaginais que la négociation repartirait sur la base du chiffre que j'attendais en septembre. Mais pour lui, c'était toujours le maximum". Le déroulement de l'affaire fait dire à Lacazette "qu'il y a un vrai soucis avec (lui)".

Une préparation tronquée, un début de saison raté

Dans cette affaire, Lacazette estime qu'il n'est pas en tort, mais il accuse encore le coup. "Ca te mine", lance-t-il. "Le staff attendait beaucoup de moi. Et voir que je n'étais pas bien a dû les déranger quand même...". S'il a mis fin à une série de 726 minutes sans marquer face à l'OM, son comportement sur le terrain prouve qu'il n'est pas encore totalement relâché. "Découragement" et "énervement" sont deux mots utilisés par l'international pour parler de son attitude contre Bastia. Le problème n'est pas physique, mais psychologique. "Je ne me suis pas encore assez bien nettoyé le cerveau". "Je ne sais pas pourquoi je m'agace plus vite que l'an passé. Il y a sûrement des traces des derniers matches, de ma frustration : tout ne se passe pas comme je le voudrais", éclaire-t-il. Par dessus cette frustration s'ajoute la grave blessure de son compère Nabil Fékir. "On se dit qu'on ne va pas passer la même saison", glisse-t-il nostalgique de leur entente qui avait fait des ravages l'an dernier. Pour lui, comme pour l'OL, "il manque encore quelque chose" pour que la saison soit définitivement lancée.