Nice Kozeillo joie
Le jeune niçois Vincent Koziello | VALERY HACHE / AFP

La L1 se recueille, Nice reprend son envol

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La Ligue 1 a fait son retour après les attentats du 13 novembre à Paris et Saint-Denis. En ouverture de la 14e journée, Nice a offert un spectacle de grande qualité en étrillant Lyon 3-0. Séduisants et efficaces, les Aiglons n'ont laissé aucune chance à des Lyonnais bien loin de leur niveau du derby. Germain (20e), Yanga-Mbiwa (csc, 48e) et Koziello (71e) sont les buteurs de la rencontre qui permet à l'OGCN de prendre provisoirement place sur le podium.

Une semaine après les attentats qui ont causé la mort de 129 innocents et fait plus de 300 blessés, la vie ne peut pas reprendre comme si de rien n'était. Alors on fait comme si. Le sport et le football sont là pour apporter un peu de légèreté. Une bulle d'air pour se changer les idées, sourire, chanter. Dans ce contexte pesant, Nice a eu tout bon. Dans le recueillement, les encouragements et le jeu. Si on peut toujours discuter de la grande finesse des ultras, le kop niçois a résumé à sa manière les sentiments qu'on éprouve pour les terroristes de l'Etat islamique en entonnant des "Daech, Daech, on t'encule".

Germain donne le ton

Après un début de match délicat où les Lyonnais ont eu deux énormes occasions, Beauvue ratant complètement son tir (4e) et Lacazette échouant sur le poteau (16e), c'est Nice qui a donné la leçon. Sur des contres puis en ridiculisant une défense lyonnaise qui avait tout donné dans le derby il y a quinze jours. Les Aiglons ont débloqué le match grâce à Seri. Le milieu niçois s'est joué de Ferri avant de donner à Germain entre deux défenseurs lyonnais. Un petit piqué de l'attaquant azuréen et ça passait au dessus de Lopes (1-0, 20e). Si l'OL gardait encore la maîtrise du ballon, les attaques rapides des Niçois faisaient mal. Germain rendait la pareille à Seri mais le pointu du Niçois manquait de puissance et Tolisso déviait en corner (39e). La mi-temps arrivait bien pour les Gones alors que les ballons se multipliaient devant Lopes (41e, 43e).

Koziello sous la barre

La pause ne changeait rien. Nice repartait aussi fort en exploitant les côtés, souvent avec un excellent Pied. Cette fois, c'est Seri qui centrait de la droite. Mapou, déjà peu convaincant dans ce match, taclait dans son but alors qu'il n'était pas sous la pression d'un aiglon (2-0, 48e). Ce coup du sort enfonçait la tête des Lyonnais. Jamais ils ne la relèveront. Au contraire, ils allaient la baisser pour ne pas avoir su convertir leurs occasions franches. Nice jouait facile. Sans forcer outre-mesure son talent. Koziello décalait Pied à droite qui lui remettait en retrait. Sans trembler, il ajustait Lopes d'une belle frappe sous la barre (3-0, 71e). Nice continuait son cavalier jusqu'au coup de sifflet final et, sans un peu de maladresse, aurait pu alourdir le score d'un ou deux buts. Voilà les Aiglons 3e de L1 après 14 journées. Et ce n'est plus vraiment une surprise.

Réactions

Claude Puel (entraîneur de Nice): "J'avais  dit aux joueurs qu'ils avaient l'opportunité de donner du plaisir à ceux qui  nous regardaient. Tout le monde a été à la hauteur ce soir, le public niçois et  les deux équipes. Dans une entame compliquée, nous avons été un peu  approximatifs dans nos relances. Dès que nous avons mis plus de qualité, nous  avons trouvé des intervalles et nous avons eu des situations. Nous sommes  restés très compacts et nous avons sorti le ballon proprement pour construire  une victoire méritée. Comme à Marseille, nous avons été solides défensivement".
   
Hubert Fournier (entraîneur de Lyon): "Sur l'ensemble du match, la défaite  est méritée. On fait une bonne entame, avec des opportunités dans les quinze  premières minutes. Puis, on s'est liquéfié après l'ouverture du score. On s'est  démobilisé par impatience et le deuxième but nous a fait très mal. On n'a pas  eu les réponses nécessaires pour revenir dans la rencontre. C'est un sacré coup  d'arrêt après les belles choses montrées contre Saint-Etienne. Je crois qu'à la  quatre-vingtième minute, on avait fait seulement six fautes... On peut  remarquer certaines suffisances individuelles, et quand des individualités sont  moins performantes, ça pèse sur le collectif. Valbuena n'a pas été pire que  d'autres malgré la journée qu'il a connue. Le public niçois a été digne et  respectueux durant l'hommage du début de match".