OGC Nice Hatem Ben Arfa
Hatem Ben Arfa, Alassane Pléa et Valère Germain, le trio offensif de l'OGC Nice | MAXPPP

L1 saison 2015-2016 : Nice veut jouer du triangle

Publié le , modifié le

Le Gym s'est séparé de plusieurs cadres, mais sa nouvelle ligne offensive laisse entrevoir un horizon bleu azur. Après un terne exercice 2014/2015 (11e), Nice semble avoir fait le choix du spectacle. Derrière le duo Pléa, Germain, Hatem Ben Arfa en sera le chef d'orchestre.

L'objectif : Le carnaval de Nice

L'Aiglon est imprévisible. Capable d'échouer au pied du podium avec l'un des plus petits budgets de Ligue 1 (2013/2014), puis de batailler pour le maintien la saison suivante, les Niçois se retrouvent souvent là on ne les attend pas. L'année passée, les supporters venaient prendre à l'Allianz leur dose de narcotique, trop souvent barbés par un jeu stéréotypé et sans folie. Les coups d'éclat de Carlos Eduardo - talentueux meneur de jeu prêté par le FC Porto - étaient trop rares, Bauthéac et Digard déçus par l'élimination prématurée en Coupe d'Europe, avaient moins envie, et la défense rouge et noir ressemblait davantage à du polystyrène qu'à du béton armé. Cet été, l'OGC Nice a changé. "Exit" Diawara, Bauthéac, Digard, Carlos Eduardo, Amavi, le nouveau Gym fait des paris, engage l'espoir déchu Hatem Ben Arfa, le méconnu Jean-Michael Seri, et le porteur d'eau de l'ASM, Valère Germain. Des recrues qui ont déjà montré de belles dispositions lors des matches amicaux, emmenées par un virevoltant trident offensif, composé de Pléa - déjà présent l'année passée - de "HBA" et Germain. Comme il l'a confié dans l'Equipe, Bodmer veut "faire une saison excitante". Au regard de son dernier "test match", au cours duquel il a explosé Galatasaray et ses stars (Podolski, Sneijder, Yilmaz, Chedjou), le Gym est prêt pour son carnaval. Claude Puel devra néanmoins surveiller sa défense, privée d'arrières gauche et droit, bien que renforcée par l'arrivée de Maxime Le Marchand, le capitaine havrais. Derrière, ça risque de ressembler à du bricolage. 

Le joueur à suivre : Alassane Pléa

Auteur d'une saison 2014/2015 très moyenne (3 buts en 33 rencontres) Alassane Pléa n'en reste pas moins un joueur de talent. Face à Besiktas (2-2), l'ancien Lyonnais a montré qu'il avait déjà des jambes de feu. En une accélération, il mystifie la défense turc, avant de conclure du pied gauche. Joueur rapide, de profondeur, l'attaquant de 22 ans peut faire mal cette saison. Derrière lui, Ben Arfa et Séri, tantôt passeurs délicieux, seront ses pourvoyeurs de ballons. Avec Germain en appui, Pléa devrait évoluer dans les conditions idéales. 

L'entraîneur : Claude Puel 

Adulé par les supporters lors de la qualification du club en Ligue Europa, avant d'être pris en grippe, Claude Puel sait mieux que quiconque que l'OGC Nice a le sang chaud. Chez les Rouge et Noir, on ne lui pardonne pas son obsession à faire évoluer son fils, Grégoire sur le flanc droit de la défense, soupçonné de favoritisme. Si le boss du club, Jean-Pierre Rivère, se démène en coulisses pour trouver une porte de sortie au fiston, Claude, va bien entamer une nouvelle saison sur le banc niçois. Satisfait par les récentes prestations de ses poulains, l'ambiance au centre d'entraînement, parfois électrique l'année passée, est studieuse. Pour Puel, le début de saison sera décisif. Entre l'ancien coach lyonnais et le public niçois, la rupture ne tient qu'à un fil. 

La recrue : Hatem Ben Arfa

Son histoire a quelque chose de romantique. "Hatem moi non plus", génie déchu et incompris du football français, a rallié le club azuréen au début de l'été, après un mariage raté l'hiver dernier. "HBA" marche à l'affect, et le discours de Claude Puel l'a séduit, rassuré. Il lui offre du temps pour se reconstruire, et un cadre suffisamment strict pour se canaliser. S'il réussit son pari, l'entraîneur niçois aura participé à la résurrection du joueur le plus talentueux de sa génération, là où ils ont tous échoué. Dans le cas contraire, l'arrivée de Ben Arfa restera comme un gros coup médiatique pour le club. Lors des matches amicaux, l'ancien Magpie a tantôt brillé, par ses accélérations brutales et ses passes bien senties. Des caméos alléchants. 

Jean Charbon