Layvin Kurzawa
Le latéral français Layvin Kurzawa | AFP - VALERY HACHE

Kurzawa au PSG, un transfert qui soulève des questions

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Layvin Kurzawa va rejoindre le PSG pour les cinq prochaines saisons. Pour le club parisien, c’est une très belle prise et pour l’AS Monaco, une très belle vente (23 millions d’euros, plus 4 de bonus). Tout le monde sort gagnant de ce transfert, mais celui-ci engendre quelques enseignements.

Le PSG, plus belle vitrine de France

Entre un poste de titulaire dans une équipe qui joue les premiers rôles en Ligue 1 et qui s’apprête à disputer l’Europa League et un rôle de remplaçant chez le champion de France en titre, sérieux outsider pour la Ligue des champions, Layvin Kurzawa n’a pas hésité, il a choisi le PSG. Le club parisien confirme donc sa position de phare du foot français car l’ASM, Vadim Vasilyev l’a répété, n’était pas obligée de vendre. Le joueur était donc motivé à l'idée de rejoindre la capitale française. Dans l’hexagone, il y a donc le PSG et les autres. Sa puissance financière, ses stars, sa position dominante sur le terrain sont autant d’arguments pour le club pour convaincre les plus jeunes joueurs français.

Kurzawa peut-il réussir là où Digne a échoué ?

C’est la grande question. Lucas Digne était arrivé au PSG de Lille lors de l’été 2013 avec le même statut que Layvin Kurzawa, celui de jeune espoir, destiné à court ou moyen terme à prendre la place de Maxwell. Mais deux ans après, Lucas Digne a dû se rendre à l’évidence, il a échoué. L’ancien Lillois a d’ailleurs choisi l’exil, à l’AS Roma où il rejoindra son mentor Rudy Garcia, pour retrouver du temps de jeu. Layvin Kurzawa débarque à Paris avec la même mission impossible, déloger Maxwell. Il en a les qualités offensives, indéniablement. Il a déjà inscrit trois buts depuis le début de la saison et par sa qualité de centre et balle au pied, il ne souffrira pas de la comparaison avec son concurrent direct. Il semble même avoir un plus beau potentiel que Lucas Digne, il a d'ailleurs coûté plus cher (23+4 contre 15 millions pour Digne) même si Monaco sait très bien vendre ses joueurs.

Toutefois, Kurzawa devra gommer deux défauts : ses blessures récurrentes dues à une hygiène de vie laissant à désirer plus jeune – il a quitté Monaco sur une blessure à l’adducteur droit – et des qualités défensives moyennes, ce qui est problématique pour un latéral. Mais encore une fois, le potentiel est là et sa future entente avec Angel Di Maria, une autre mobylette dans le couloir gauche, est prometteuse sur le papier. Aux côtés des stars parisiennes et avec l'exigence quotidienne à laquelle oblige désormais le PSG, Kurzawa va progresser. Il devra cependant être patient car Maxwell, peu souvent blessé, va se tailler la part du lion. Le Français devra se montrer lors des matches de Coupe et lorsque Blanc fera souffler son Brésilien. A 34 ans, ce dernier entame sa dernière saison au PSG, Kurzawa sait donc qu’il n’a qu’un an à attendre avant de récupérer une place de titulaire, là où Digne ne connaissait pas la durée de son bail de remplaçant.

Comment va-t-il être accueilli par Zlatan Ibrahimovic ?

Yohan Cabaye l’a rappelé dimanche dans l’émission le Canal Football Club, débarquer au PSG est une épreuve. Il faut se faire accepter, prouver qu’on mérite d’être là. Layvin Kurzawa aura sûrement droit au bizutage de Zlatan Ibrahimovic. Le Suédois est réputé pour "se payer" les nouveaux venus. Ibra va peut-être réserver un traitement spécial à l’ancien Monégasque qui avait fait parler de lui – en mal – lors du match de barrage pour l’Euro Espoirs, Suède-France.

Rappel des faits : vainqueurs 2-0 à l’aller, les Bleuets sont menés lorsque Kurzawa réduit le score. Un but qui ouvrait les portes de l’Euro aux joueurs de Willy Sagnol. Extatique, Kurzawa chambre ses adversaires en faisant un salut militaire. Au final, la France s’inclinera 4-1 et Kurzawa sera pour un temps la risée de ses adversaires et du web. Un épisode douloureux pour le joueur. "Pendant une semaine, je ne suis pas allé sur les réseaux sociaux, a-t-il d'abord avoué. J'ai essayé de moins sortir de chez moi car je savais qu'on pouvait me faire le geste. C'est un geste que je ne referai pas. Ça me servira de leçon. [...] Ce n'est pas les conséquences du geste qui m'ont fait mal, c'est la non-qualification pour l'Euro Espoirs", raconta-t-il à Téléfoot.

Kurzawa s’est-il fermé la porte de l’Euro ?

Avec cette place de remplaçant qui lui est destinée pour le reste de la saison – à moins qu’il renverse la tendance – Kurzawa n’est pas forcément favori dans l’esprit de Deschamps pour intégrer les Bleus pour l’Euro 2016. Derrière l’inoxydable Patrice Evra, ils vont être trois, voire quatre, cette saison à se disputer le deuxième strapontin : Kurzawa, Benoit Trémoulinas (FC Séville), Lucas Digne (AS Roma) et Gaël Clichy (Manchester City). Lucas Digne devrait s’éclater en Italie où il a de vraies chances de devenir titulaire, Trémoulinas l’est en Espagne, Clichy semble en retrait par rapport aux autres. Kurzawa devra donc être très performant lors de ses apparitions avec le PSG pour convaincre le sélectionneur des Bleus. A priori, sa blessure à l’adducteur devrait le priver du rassemblement des Bleus pour les deux matches de rentrée face au Portugal et la Serbie.

Avec Coentrao, l’ASM ne perd pas au change

Si l’ASM a accepté de laisser partir son latéral titulaire, c’est que le club de la Principauté avait déjà dégoté son remplaçant. Il s’agit de Fabio Coentrao, un joueur de l’écurie Jorge Mendes qui a ses entrées sur le Rocher. Le Portugais de 27 ans, révélé à Benfica où il sévissait dans le couloir gauche avec un certain Di Maria, était barré par le Brésilien Marcelo. D’abord proche de Paris, Coentrao atterrit à Monaco où il va pouvoir s’installer durablement au poste de titulaire. Si son corps le laisse tranquille car comme Kurzawa, il a tendance à être blessé régulièrement. Mais avec 50 sélections, un très beau palmarès (Ligue des champions 2014, champion d’Espagne 2012), Coentrao est bien mieux qu’un remplaçant pour l’ASM.