Juninho tacle Neymar et dresse un constat alarmant de la situation au Brésil

Publié le , modifié le

Auteur·e : Antoine Limoge
Juninho Brésil Lyon
Le directeur sportif de l'OL veille sur son pays et ses compatriotes malgré la distance. | ROMAIN LAFABREGUE / AFP

Retrouvez l’offre
france tv sport sur

Dans un long entretien accordé au Guardian pour y évoquer les sujets d'actualité comme le racisme, la situation au Brésil ou encore la pandémie de Covid-19, Juninho a également abordé le thème de l'argent dans le football. Le directeur sportif de l'Olympique Lyonnais en a profité pour prendre l'exemple de Neymar et a adressé un tacle à son compatriote.

Au cours de cet entretien accordé au Guardian, le dirigeant de 45 ans a donc abordé de nombreux sujets sociétaux, touchant directement et indirectement le football et notamment celui de l'argent. Dans un premier temps, Juninho a notamment critiqué la mentalité de ses compatriotes brésiliens. 

Juninho prend l'exemple de Neymar pour illustrer la mentalité brésilienne 

"Au Brésil, on nous apprend à ne nous soucier que de l'argent, mais en Europe, ils ont une mentalité différente. Inconsciemment, j'ai fait mon plan de carrière parce que je voulais aller dans un autre grand club au Brésil, et pas seulement pour faire du sport. On m'a appris à aller vers qui me paierait le plus. C'est la voie brésilienne", a déploré l'ancien spécialiste des coups-francs. 

Juninho a ensuite pris l'exemple de Neymar pour illustrer ses propos. "Regardez Neymar. Il est venu au PSG juste à cause de l'argent. Le PSG lui a tout donné, tout ce qu'il voulait et maintenant il veut partir avant la fin de son contrat. Mais il est maintenant temps de redonner, de montrer de la gratitude. C'est un échange. Neymar doit donner tout ce qu'il peut sur le terrain, pour faire preuve d'un dévouement total, de responsabilité et de leadership. Le problème est que l'ordre établi au Brésil, c'est une culture d'avidité. On veut toujours plus d'argent. C'est ce qu'on apprend et ce que nous avons appris". 

Des propos qui ont agacé la direction parisienne. Leonardo en personne est monté au créneau pour répondre sur le terrain médiatique. Le Brésilien n’a pas été très long, mais il a tenu à envoyer un message ferme à son homologue rhodanien. "Je ne comprends pas pourquoi Aulas parle autant du PSG. Et Juninho, maintenant, parle de Paris et de Neymar. Ça serait mieux de parler de leur club. Nous, on ne parle pas de la situation de l’OL et je demande à l’OL de ne pas parler de nos joueurs et de notre club", a déclaré le directeur sportif parisien à RMC Sport. 

Jair Bolsonaro également taclé 

Par ailleurs, l'ancien joueur de l'Olympique Lyonnais est revenu sur la situation dans son pays natal. Après avoir évoqué la "cupidité" de l'establishment, l’ancien milieu de terrain déplore "la pauvreté du système d’éducation" et le manque de valeurs au sein de la population. Mais surtout, il s’en prend à un homme: le président du Brésil Jair Bolsonaro. "Un dirigeant élu sur des mensonges" assure Juninho, en expliquant qu’il a coupé les ponts avec "80 ou 90%" de sa famille et de ses amis à cause de leurs divergences politiques."

L'ancien joueur de Lyon n'a pas été tendre avec le dirigeant brésilien et s'est confié sur le moment de son élection. "Au moment du deuxième tour de l'élection présidentielle de 2018, j'ai essayé de parler aux gens, de leur montrer des vidéos, de leur ouvrir les yeux, se souvient l’ex-milieu de terrain. Bolsonaro est un enfant de WhatsApp et des fake news. Les personnes soutenant Bolsonaro étaient majoritaires, et c’est moi qui ai pris la décision de m’éloigner d’eux. Je sais que certains regrettent aujourd’hui leur vote. Ils pensaient que Bolsonaro était la seule option…"

Enfin le bras droit de Jean-Michel Aulas s'est exprimé sur le racisme après le mouvement mondial qui s'est créé depuis la mort de George Floyd. Il a notamment fait une comparaison avec ce qu'il se passe au Brésil. "Il s'agit d'un racisme clair, une confirmation du type de politique violente que nous avons actuellement dans le pays", a déclaré Juninho. "Comment un enfant de huit ans a-t-il pu être abattu par la police comme cela s'est produit l'année dernière au Complexo do Alemão? Comment est-il possible de vivre après ça? Incroyable. Regardez George Floyd. Il ne pouvait pas respirer. C'est un être humain. Je ne peux pas imaginer comment la police peut faire ça. C’est du racisme et c'est très, très triste", déplore le Brésilien. 

Antoine Limoge