Juninho au secours d'un SDF toxicomane, agressé au Brésil

Publié le , modifié le

Auteur·e : Adrien Hemard
Juninho
Dix ans après son départ de Lyon, Juninho va faire son grand retour à l'OL. | JEFF PACHOUD / AFP

Retrouvez l’offre
france tv sport sur

Revenu en France l’été dernier, Juninho garde un regard avisé sur le Brésil. Alors quand vendredi la vidéo d’une agression d’un SDF a enflammé les réseaux sociaux brésiliens, le directeur sportif de l’Olympique lyonnais a pris les choses en mains. Retrouvé par Juninho, le toxicomane agressé a été défendu puis pris en charge et placé en cure de désintoxication.

Sur les terrains, il émerveillait le monde par ses coups francs. En dehors, Juninho est devenu un retraité influent, qui n’hésite pas à s’exprimer sur des sujets bien loin du monde du football. Ainsi, le directeur sportif de l’Olympique lyonnais vient de prendre la défense d’Anderson. Cet homme, SDF et toxicomane, avait été giflé par un conducteur avant que la vidéo de cette agression n’enflamme la toile brésilienne. Mais Juni veille.

Trois mois de cure de désintoxication

Sur Twitter, l’ancien milieu de terrain de la Seleçao a expliqué avoir retrouvé le SDF en question, avant de donner une leçon de tolérance : "Anderson est toxicomane, avant de le critiquer, sachez que la plupart du temps, le chemin de la drogue, est le seul qui permette, pour beaucoup, d'apporter du plaisir à vivre. Je n'encourage personne à l'utiliser, mais je ne me sens pas en droit de dire ce que chacun doit faire de son corps". Dans une série de tweets, le Brésilien a ensuite critiqué la politique de lutte contre la drogue de son pays, encouragé les gens à briser le tabou de la drogues et détaillé ses actions pour aider Anderson.

Ainsi, Juninho a déconseillé le recours à des cagnottes : "Il ne sert à rien de lui faire les dons que bon nombre d'entre nous voulaient faire, car bien sûr, il ne résisterait pas à la tentation de l’utiliser". A la place, le directeur sportif de l’OL a envoyé Anderson en cure de désintoxication: "Nous envoyons Anderson, avec son consentement, dans une clinique spécialisée dans la dépendance chimique, où il restera au moins trois mois. (…)  S'il a besoin de rester un an, il le restera, mais nous voulons qu'il soit rétabli et renvoyé à la société comme exemple pour les autres".

"L'humiliation attaque bien plus que la gifle"

Toujours dans cette série de tweets, le boss sportif de l’OL a dénoncé vivement l’agression dont a été victime ce sans-abri : "Il sera beaucoup, mais beaucoup plus difficile, de l'oublier, que de se débarrasser de la dépendance. Après la torture (incommensurable, inexplicable) l'humiliation est la pire agression contre l'homme, elle attaque bien plus que la gifle elle-même". Avant de préciser que des poursuites seraient menées. S’il est aussi rare que louable de voir un (ex-)footballeur s’emparer de telles causes, cela n’est pas aussi étonnant pour Juninho. En effet, avant de revenir en France, l’ancien joueur de l’OL avait été un des très rares footballeurs à se positionner contre Jaïr Bolsonaro, le président d’extrême-droite brésilien.