James Rodriguez
James Rodriguez, en l'air. | AFP PHOTO / VALERY HACHE

James, "el bandido" dégaine enfin

Publié le , modifié le

Scotché au banc monégasque en début de saison, l'onéreux colombien acheté 45 millions d'euros au FC Porto explose enfin sous les couleurs asémistes. Buteur face à Rennes et Nice, "James Bond" a transfiguré le jeu de l'AS Monaco. Durablement ?

Lorsque l'on devient la pièce maîtresse de FC Porto à 21 ans, en général, c'est qu'on en a "sous le capot". Mais le jeune meneur de jeu n'est pas arrivé là par hasard. Après avoir "torturé" les défenses du championnat colombien alors qu'il était encore mineur, James débarque en Argentine, à Banfield, où il devient à 17 ans le plus jeune buteur étranger de l'histoire de la "Primera Division". Rien que ça. Pas en reste lorsqu'il s'agit de signer des coups bien sentis sur le marché des transferts, le président du FC Porto Pinto Da Costa sent le bon filon et "chipe" Rodriguez en 2010, à la barbe et au nez de l'Udinese. Là dessus, le nouveau "playmaker" Bleu et Blanc explose littéralement. Il ne lui faut que quelques mois pour s'imposer dans le onze type de Villas Boas, son pied gauche magique et sa capacité à s'infiltrer dans les défenses faisant d'"El Bandido" un maillon indispensable de la chaîne "portista". Trois ans plus tard, sa vente à l'AS Monaco pour 45 millions d'euros provoque sanglots et supplications dans les travées du Stade du Dragon.

Ranieri : "Lorsque James verra qu'il ne joue toujours pas, il entendra ce que je veux lui dire."  

Mais en France, James partait presque de zéro. Débarqué sur le Rocher dans le même package que Falcao, le jeune meneur de jeu débutait dans l'Hexagone avec une renommée bien inférieure à celle de l'ancien goleador de l'Atletico Madrid. On savait de lui qu'il avait coûté très cher, et c'était à peu près tout. Pas plus mal en un sens, ce relatif anonymat lui permettant de s'adapter au championnat français tranquillement. Claudio Ranieri lui, le connaissait, et le voulait ardemment. Mais l'entraîneur n'a jamais eu pour habitude de tenir compte de la réputation du joueur : les meilleurs joueront. 

Séduisant lors des matches de préparation, James est pourtant cantonné au banc monégasque en début de saison. Pourquoi ? "Le problème de James n'est pas physique, c'est un problème de mentalité", avait expliqué Ranieri en conférence de presse en octobre dernier. "Il pense comme un attaquant, mais lorsqu'on joue sur un côté, il faut attaquer mais aussi défendre. J'ai eu le même souci avec Ocampos la saison dernière et aujourd'hui, Lucas défend plus que les autres. Peut-être que lorsque James verra qu'il ne joue toujours pas, il entendra ce que je veux lui dire". Et James a entendu. 

James change le jeu 

En début de saison, il regardait Ocampos et Ferreira Carrasco se régaler sur les ailes. Le coach italien justifiait alors ses choix : "sur les côtés, j’ai trois joueurs (Ferreira Carrasco, Ocampos, Rodriguez) pour deux places. Aujourd’hui, Carrasco et Ocampos sont meilleurs que James mais, dans un mois, James sera parfait". Une nouvelle fois, l'entraîneur monégasque a eu le nez creux. Seulement quelques jours après avoir essuyé les critiques de son coach, James signait deux passes décisives contre Saint-Etienne, pour.... Ocampos et Ferreira Carrasco (2-1). Conscient de la montée en puissance du Colombien, le technicien transalpin a "reconfiguré" son schéma tactique pour permettre à son talentueux meneur de jeu de s'exprimer au mieux. Exit le dispositif à deux ailiers, et bonjour le 4-4-2, avec James en soutien de deux attaquants. Et ça marche : contre Nantes, il contribue à la courte victoire de sa formation (1-0) et marque contre Rennes (2-0) et Nice (3-0). 

Au terme de la "déculotté" assénée aux Azuréens, Claudio Ranieri avait confié :"James Rodriguez a fait un beau match. C'est un joueur qui a une bonne vision du jeu, il peut marquer, faire la dernière passe. Il a fait beaucoup de travail pour l'équipe". Comme une évolution dans son discours...

Jean Charbon