Henri Saivet
Henri Saivet a retrouvé le sourire du côté de Saint-Etienne | Reuters

Henri Saivet (Saint-Etienne), à l'heure du rebond en Ligue 1

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Après six mois délicats dans le club anglais de Newcastle United, le milieu franco-sénégalais veut repartir de plus belle et a accepté un retour en Ligue 1, tout comme son nouveau coéquipier Jordan Veretout (ex-Aston Villa), arrivé en même temps que lui dans le Forez, pour un prêt d'une saison à l'AS Saint-Etienne. Avec les Verts, Saivet compte bien retrouver toute son influence sur le jeu. Celle qu'il avait aux Girondins de Bordeaux, où il fut formé.

Après un premier tour de chauffe, fin août, lors du match Saint-Etienne-Toulouse (0-0) durant lequel, malgré la pauvreté du spectacle proposé, il s'illustra d'emblée par son bagage technique dans l'entrejeu stéphanois, Henri Saivet retrouve, ce vendredi soir (20h45), les frissons des grands soirs. Avec sa nouvelle équipe, il défie au Parc des Princes un PSG encore en rodage et loin d'avoir atteint sa plénitude. Avec un milieu de terrain renforcé en qualité, Christophe Galtier compte bien poser plus de problèmes aux joueurs de la capitale que sur les dernières saisons (les Verts restent sur 10 défaites consécutives contre Paris, toutes compétitions confondues). Et la présence de l'ancien Bordelais, dans le coeur du jeu forézien, devrait aider son dessein. Celui de ne plus voir son équipe exploser dans l'enceinte de la Porte d'Auteuil.

Impasse totale en Angleterre

Quand il débarque sur le bords du Tyne, le fleuve qui traverse Newcastle, le 11 janvier 2016 (avec à la clé un contrat de cinq ans, pour un transfert estimé à 6 millions d'euros), Henri Saivet se fait une joie de découvrir la Premier League anglaise. Le rêve va vite tourner au cauchemar puisque, en tout et pour tout, le Franco-Sénégalais a disputé un seul match (contre West Bromwich Albion, le 6 février) sous le maillot des Magpies dans le championnat le plus riche du monde. Un tantinet maigrichon pour vraiment s'épanouir dans le nord de l'Angleterre. Admettant qu'il n'avait pas "compris tous les choix" de son entraîneur d'alors, un certain Rafael Benitez, l'ex-Girondin a rongé son frein sur le banc. Impasse totale. Alors, quand l'opportunité de rebondir en Ligue 1 s'est présentée, il n'a guère hésité.

Ancien grand espoir du football français, il opte pourtant pour la sélection sénégalaise à l'été 2012. Henri Saivet a alors 22 ans. Longtemps catalogué comme un prodige de la formation girondine, où il est arrivé dès l'âge de 13 ans, il ne parvient pourtant pas à s'installer durablement dans l'effectif bordelais. Manque de régularité flagrante. Passé Pro trois ans plus tard, il est baladé à tous les postes, en attaque puis au milieu. "J'ai longtemps évolué devant, puis j'ai reculé d'un cran pour devenir une sorte de milieu relayeur." Dès lors, l'enfant de Dakar devient plus tranchant dans une position où il couvre beaucoup de terrain sans perdre de sa lucidité technique.

Inspiré par le Barça

Devenu nettement plus régulier, Saivet gagne en maturité et devient essentiel dans le schéma tactique girondin. Outre les séances d'entraînement durant lesquelles il ne rechigne jamais à l'effort, le garçon a son petit secret pour s'imprégner du talent des meilleurs : "Je regarde beaucoup les grands championnats, les grandes équipes. Il y a toujours des choses intéressantes à en tirer comme, par exemple, la manière dont les milieux de terrain du Barça récupèrent le ballon, même si ce ne sont pas des monstres physiques." Le fameux "box to box", illustrant le style de ces milieux présents dans les deux surfaces, est devenu un leitmotiv pour Henri Saivet.

Même s'il n'est pas traumatisé par cette expérience de six mois avortée à Newcastle, le néo Stéphanois ne cache pas que la pilule est plutôt délicate à avaler : "Je ne suis pas dégoûté mais vexé. C'est comme si je revenais en arrière. Ce n'est pas un échec, plutôt une leçon. Le football est un apprentissage." Lui souhaite que le "professeur" Galtier trouve la bonne formule pour lui permettre de retrouver tout son potentiel dans l'entrejeu stéphanois. Une chose est sûre : l'homme est frais physiquement et son coffre devrait faire un bien fou à une ASSE parfois en mal d'impact lorsqu'il s'agit de développer du jeu. La pelouse du Parc des Princes a toutes les qualités pour passer de la théorie à la pratique.

Nicolas Gettliffe