Louvel, Thiriez, Aulas
Le président de l'UCPF, Jean-Pierre Louvel, le président de la Ligue Frédéric Thiriez et le président de l'OL, Jean-Michel Aulas | AFP - FRANCK FIFE

Grève du foot français le 30 novembre

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Le football français a décidé de faire grève contre la taxe à 75% sur les hauts revenus voulue par le président de la République, François Hollande. Les clubs ne joueront donc pas le dernier week-end du mois de novembre, lors de la 15e journée de Ligue 1 et de la 16e journée de Ligue 2.

Lors de la conférence de presse "Foot en danger", le président de l'UCPF (Union des Clubs Professionnels de Football) Jean-Pierre Louvel a balancé une bombe. Il a mis ses menaces a exécution en annonçant la grève des clubs français lors de la 15e journée de Ligue 1 et la 16e journée de Ligue 2, afin de montrer sa désapprobation avec la taxe à 75% des revenus supérieurs à un million d'euros par an adoptée par les députés en fin de semaine dernière. "Nous sommes devant un mouvement historique, à l'unanimité, avec une vraie détermination pour sauver le foot, avec un week-end sans match à la fin du mois de novembre", a indiqué Jean-Pierre Louvel, président de l'UCPF. La dernière grève historique du foot français remonte à 1972. A l'époque, les joueurs via leur syndicat UNFP s'étaient rebellés, alors que les présidents voulaient mettre fin à l'innovation lancée trois ans plus tôt du contrat librement déterminée. Cette année-là, le week-end du 2-3 décembre, seuls 5 des 10 matches avaient eu lieu. Cette 15e journée de la saison de Ligue 1 devait notamment être marquée par le choc entre le PSG et Lyon au Parc des Princes.

Voir le tweet de l'UCPF

Cette action a reçu le soutien de Frédéric Thiriez, le président de la LFP, qui a annoncé son approbation. 

vec ce mouvement, les clubs de L1 et L2 veulent "confirmer leur opposition  résolue au projet de taxe à 75%", a poursuivi le patron des clubs de foot pros.  Pour faire comprendre leur message, les clubs pros vont "organiser des opérations avec tous les fans de football", a ajouté Jean-Pierre Louvel, avec l'ouverture des portes des stades aux supporters pour leur expliquer les raisons de ce  mouvement. 

Abandon

Les clubs demandent à nouveau "aux pouvoirs publics l'abandon du projet de  la taxe à 75%". Un rendez-vous entre les patrons du foot français et le Président de la République François Hollande est prévu la semaine prochaine, sans doute jeudi. Matignon a de son côté déclaré qu'un "club de football est traité comme une entreprise" justifiant la politique de taxation voulue par François Hollande au moment de sa campagne pour l'élection présidentielle. Les députés ont voté vendredi dernier la nouvelle mouture de la taxe à 75%  pour les très hautes rémunérations. La taxe fait partie du projet de budget  2014 devant ensuite être examiné au Sénat avant de revenir vers l'Assemblée  nationale, qui aura le dernier mot. "Cette taxe est inéquitable, c'est une taxe anti-emploi. Ce dispositif  repose sur un effet rétroactif, nous sommes pris en otage", avait expliqué Jean-Michel Aulas, président de Lyon, mercredi soir.

Les présidents de clubs pros en France enragent contre ce nouveau  dispositif, qui représenterait une charge totale de 44 millions d'euros pour la  L1. Une estimation basée sur les hauts revenus d'environ 120 joueurs des 14  clubs concernés, selon un argumentaire du foot pro que s'est procuré l'AFP. Les différentes composantes du football professionnel --Ligue de Football  Professionnel (LFP), syndicats des clubs (UCPF), des joueurs (UNFP), des entraîneurs (UNECATEF) et des administratifs (UAF)-- avaient déjà décidé  mercredi soir d'un boycott jusqu'à nouvel ordre de la commission sur la compétitivité du foot (dite du "foot durable") mise en place par le ministère des Sports le 25 septembre.

Réception

Maintenant que la grève est annoncée, on va guetter la réaction de l'opinion public et des télévisions. Un récent sondage montrait que 82% des Français avaient une mauvaise image des Bleus trois ans après la fiasco et la grève (déjà) en Afrique du Sud au Mondial 2010. Le dérapage de Patrice Evra dimanche à Téléfoot ont également rappelé les heures sombres d'un football français qui aimerait bien tourner la page, alors que se profile les barrages pour la Coupe du monde au Brésil. Le Parti communiste français (PCF) a déjà dénoncé jeudi un "lobbying scandaleux". Outre la rue, le foot va devoir s'expliquer auprès de son fonds de commerce, les diffuseurs, Canal+ en tête qui avait retransmettre l'affiche de cette 15e journée, PSG-Lyon. Peuvent-ils porter plainte contre les clubs pour demander réparation du manque à gagner? Les réactions en tout cas ne devraient pas manquer.