Gérard Lopez
Gérard Lopez, président du Losc. | FRANCOIS LO PRESTI / AFP

Gérard Lopez veut instaurer "un football spectacle" à Lille

Publié le , modifié le

Le président et propriétaire du club de Lille Gérard Lopez ressent "un mélange d'impatience et d'excitation" à l'orée de sa première saison complète, où il espère voir Marcelo Bielsa et ses jeunes joueurs développer "un football spectacle", confie vendredi à l'AFP l'homme d'affaires hispano-luxembourgeois.

Quel est votre sentiment à l'approche de votre première saison pleine au club ?

Gérard Lopez : "Un mélange d'impatience et d'excitation. C'est difficile pour moi à une semaine du début du championnat de ne pas être un fan de foot. Il y a un côté professionnel dans l'approche, car on a beaucoup travaillé durant ce mercato. Mais il y a un côté qui prend le dessus: je suis comme un fan. J'ai vraiment hâte que ça commence."

L'objectif du top 5 est-il réalisable ?

GL : "Oui, dès cette saison. Il faut se fixer des objectifs. On a terminé une saison très moyenne, à la 11e place. Avec les investissements consentis, si on dit qu'on veut entrer dans le top 10, c'est terminer juste au-dessus de ce qu'on a fait l'an passé. L'objectif doit clairement être d'entrer dans le top 5."

Le Losc a recruté jeune mais le groupe ne manque-t-il pas d'expérience ?

GL : "Le talent n'attend pas l'âge. Il ne faut pas oublier l'entraîneur qu'on a et son système de jeu. Il demande énormément d'engagement physique, et vous ne pouvez pas tenir uniquement avec des joueurs expérimentés. Il faut ensuite une abnégation absolue. On a des jeunes qui ont envie d'apprendre, ce qui n'est peut-être pas toujours le cas d'un joueur confirmé. Est-ce qu'il manque de l'expérience? On n'est pas dans les années 70 ou 80. Aujourd'hui, un joueur qui a 21 ans, qui a joué par exemple une Coupe du monde U20, il a plus d'expérience qu'un joueur dans les années 80 qui a 26 ou 27 ans. On a pris un pari qui est celui-là et quoi qu'il arrive, on ne le regrettera pas, parce que c'est exactement ce que l'on voulait faire."

Cela explique-t-il la mise à l'écart de certains joueurs historiques du club, comme Rio Mavuba ou Vincent Enyeama ?

GL : "Vous ne pouvez pas entraîner une équipe avec un groupe de quarante personnes, ce n'est pas possible. Après, la saison dernière n'a pas été très bonne. Il y avait un besoin de changement. Il y a eu des critiques sur le fait qu'il n'y a pas eu d'adieux comme il se doit. C'est tout simplement parce que ça tombe à la trêve d'été, il n'y a pas de moyen d'organiser quelque chose. Mais on a une appréciation énorme de ces gens-là pour le club. Enorme."

Serez-vous un président patient, si les résultats ne suivent pas tout de suite ?

GL : "Je suis d'avis que le temps et le talent apportent toujours des résultats, et que le temps est la variable la plus flexible. L'idée, c'est de penser qu'on ne s'est pas trompé sur le talent. Il n'y a pas de doute qu'à un moment donné, les résultats seront à la clé."

Quels sont les premiers échos que vous avez concernant l'entraîneur Marcelo Bielsa ?

GL : "Il m'a remercié. C'est sans doute la chose la plus gentille que Marcelo ait faite. Et moi, je l'ai remercié aussi. Il est investi à 200% dans tout ce qu'il fait, et ça se voit beaucoup auprès de nos jeunes joueurs. Le choix de Bielsa vient de l'idée que, pour moi, le style prime sur le résultat. La seule chose qui parfois me chagrine un peu, c'est d'entendre que le projet du Losc se base sur le développement de jeunes joueurs... Non, le projet du Losc, il est sur un foot que j'espère total, un foot spectacle."

Un journal luxembourgeois a affirmé en juillet que vous aviez procédé à une levée de fonds sur le marché obligataire, alors que vous déclarez agir avec vos fonds propres. Que répondez-vous ?

GL : "La seule chose qu'on a faite, c'est effectivement de donner la capacité au club d'investir. Et cela s'est fait comme le font d'autres clubs, par le biais d'une ligne de crédit, C'est tout."

AFP