"Garder un lien avec l'ensemble des joueurs", le défi principal de l'UNFP selon Philippe Lafon, directeur général du syndicat

Publié le , modifié le

Auteur·e : Denis Menetrier
Philippe Lafon, directeur général de l'UNFP
Philippe Lafon, directeur général de l'UNFP |

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Avec la suspension des compétitions de football liée à l'épidémie de coronavirus, les joueurs et joueuses de football professionnel se retrouvent confinés chez eux, sans pouvoir pratiquer le sport qu'ils exercent quotidiennement. Un changement brusque qui peut en affecter certains. Pour les soutenir dans ce qui peut s'apparenter à une épreuve, l'Union nationale des footballeurs professionnels (UNFP), qui défend actuellement les intérêts des joueurs de Ligue 1, de Ligue 2 et de D1 féminine auprès de la LFP et de la FFF, se démène. Philippe Lafon, directeur général de l'UNFP, nous explique les mesures prises par le syndicat pour venir en aide aux joueurs dans le besoin.

En cette période de confinement et avec la suspension des compétitions, quel rôle joue actuellement l'UNFP auprès des joueurs et joueuses professionnels dont la santé morale peut être impacté par ce changement brusque de situation ?
Philippe Lafon
: "Nous avons trois délégués régionaux, qui sont des salariés de l'UNFP, qui sont en relation avec deux délégués présents dans chaque club professionnel. Nous entretenons donc un lien très étroit entre ces délégués afin d'avoir des informations sur la vie de groupe au sein des effectifs. Nous le faisions jusque-là au téléphone et nous l'avons renforcé avec la crise que l'on connaît actuellement. Nous communiquons beaucoup auprès des joueurs afin qu'ils puissent avoir toutes les informations nécessaires."

Alors que certains joueurs peuvent mal vivre cette période de confinement, comment l'UNFP se charge-t-elle de gérer ces cas ?
PL
: "C'est un aspect régulier de notre travail depuis plusieurs années. Nous avons mis en place en 2012 une plateforme d'écoute téléphonique pour lutter contre les addictions et les problèmes de dépression avec un psychologue. Nous avons ouvert ce créneau tous les jeudi après-midi avec un numéro vert pour que les joueurs puissent appeler ce psychologue de manière anonyme pour discuter de leurs inquiétudes concernant l'après-carrière, des événements de la vie (divorces, décès), des blessures qui sont un moment redouté par les sportifs, en plus des aspects comme les fins de contrats, les performances etc... En cette période de confinement, cette ligne est toujours ouverte et les joueurs peuvent la joindre en cas de besoin."

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Quel est l'aspect essentiel dans le travail de l'UNFP en ce moment ? Quel est le défi principal ?
PL
: "De garder un contact avec les gens, un lien avec l'ensemble des joueurs. C'est pourquoi nous intensifions les échanges avec nos trois délégués régionaux et les délégués présents dans les clubs. Habituellement, nous avons des rendez-vous où nous nous rencontrons, maintenant nous faisons tout par téléphone."

"Nous avons des personnes qui nous appellent en ce moment pour se confier et obtenir un soutien moral."

Considérez-vous aujourd'hui que l'UNFP est un relais privilégié pour les joueurs ? Que le syndicat est la plateforme vers laquelle se tournent les joueurs en priorité ?
PL
: "Je ne sais pas si nous sommes le relais privilégié, mais nous sommes un bon relais, c'est évident. On peut l'être aussi et surtout pour aspects détachés du sportif et du club. Aujourd'hui le confinement permet à des joueurs de passer du temps en famille, ce qui peut en aider certains. Mais on a des exemples de garçons qui sont étrangers et qui n'ont pas pu rejoindre leur famille ou leur pays d'origine. Un joueur peut alors nous faire remonter qu'un autre ne va pas bien, qu'il est isolé. Et nous avons des personnes qui nous appellent en ce moment pour se confier et obtenir un soutien moral."