Frédéric Longuépée, aux côtés de Joe DaGrosa, nouveau propriétaire du club de Bordeaux
Frédéric Longuépée, aux côtés de Joe DaGrosa, nouveau propriétaire du club de Bordeaux | AFP - NICOLAS TUCAT

Frédéric Longuépée, nouveau président de Bordeaux: "Le plan n'est pas d'acheter les joueurs à 100 millions d'euros"

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Nouveau président-délégué des Girondins de Bordeaux, Frédéric Longuépée a participé à sa première conférence de presse. "Présider et piloter un club historique comme Bordeaux au plan opérationnel a été un choix fort. Les trains ne passent qu'une fois", a-t-il justifié au sujet de son choix de quitter son poste de directeur marketing de Paris 2024 pour cette nouvelle fonction. Mais il prévient: "Le plan n'est pas d'acheter les joueurs à 100 M d'euros, mais il y a probablement d'autres moyens, en étant plus agile, pour attirer de jeunes talents."

- Vous étiez depuis cet été directeur marketing des JO de Paris 2024 après avoir été depuis 2012 directeur général adjoint du Paris SG: qu'est ce qui vous a convaincu de rejoindre les Girondins ? 
Frédéric Longuépée:
"Être N.3 au Paris SG (en charge du marketing) a été une aventure incroyable, être N.1 aux Girondins l'est encore plus. Il y a des opportunités professionnelles qui ne se présentent qu'une fois. Présider et piloter un club historique comme Bordeaux au plan opérationnel a été un choix fort. Les trains ne passent qu'une fois. Ce type d'opportunité ne se représente pas (...)". 

- Vous n'aurez pas les même moyens à Bordeaux qu'au PSG ?
F.L.:
"Contrairement aux idées reçues, le meilleur marketing n'est pas que sur le terrain. Le projet du club, c'est aussi de développer des valeurs qui vont résonner aux oreilles de certains partenaires. Si je devais retenir quelque chose de l'aventure au PSG, c'est ça: c'est de profiter de votre environnement, de capitaliser sur ce que représente une ville aux yeux du monde. Bordeaux et sa région ont une incroyable notoriété au niveau global et international. Ce serait dommage de ne pas capitaliser sur ces atouts pour développer un grand club. Le plan n'est pas d'acheter les joueurs à 100 M d'euros, mais il y a probablement d'autres moyens, en étant plus agile, pour attirer de jeunes talents qui vont venir nourrir le centre de formation et in fine l'équipe professionnelle".

- Les notions de show et de spectacle sont très importantes aux États-Unis. Comment associer le show et le sportif en France ?  
F.L.:
"Il est important d'éliminer tout ce qui peut constituer un frein pour des personnes (...). On est dans une industrie du divertissement. J'ai le choix d'aller au cinéma, au théâtre, d'aller dîner en ville, de rester à la maison (...) Si je fais l'effort de venir au stade, il faut que cette expérience soit la plus positive possible. Ce genre d'approche est extrêmement clé dans les stades en Amérique. C'est un +process+ assez long. On démarre une course à étapes. On ne fait pas venir les gens au stade pour le plaisir. Encore faut-il les faire revenir. On ne doit pas travailler que sur les fans de football mais aussi sur d'autres populations. Le stade de Bordeaux est moderne mais difficile d'accès d'après mes échos. Si ça constitue un frein, on aura du mal à le remplir. Il faut éliminer ce genre de problématiques".

- Avez-vous une appréhension de passer de l'ombre à la lumière ? 
F.L.:
"Non, ça ne m'angoisse pas particulièrement. Évidemment il y a la pression sportive. La pression qui existe dans un grand club comme le PSG est assez forte aussi. Est-ce (mon) passé de sportif de haut-niveau (ancien gymnaste aux JO 1988 à Séoul) qui permet d'anticiper ce genre de choses en rationalisant beaucoup ? Il y a une chose que l'on apprend aussi: en sport, il y a des jours où ça va. Mais il y aura forcément des jours où ça ira moins bien. C'est la raison pour laquelle il ne faut pas construire un projet de club sur des résultats sportifs. Ils sont certes importants mais ils doivent être la cerise sur le gâteau".

AFP