Seydoux Labrune
Michel Seydoux, le président du LOSC et Vincent Labrune, le président de l'OM | MAXPPP - REGMSG

Fin de la garde à vue des dirigeants de l'OM Vincent Labrune et Philippe Perez

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Le président de l'OM Vincent Labrune et son directeur général Philippe Perez, entendus dans le cadre d'une enquête sur des transferts présumés frauduleux de joueurs, ont été remis en liberté mercredi soir, à l'issue d'une garde à vue débutée mardi matin, a indiqué le club. "Aucune charge n'a été retenue à leur encontre", a précisé le club marseillais dans un communiqué publié sur son site internet.

La tension baissait d'un cran jeudi à  l'OM après la levée, dans la nuit, des gardes à vue de ses dirigeants actuels  et passés, dont le président Vincent Labrune, entendus depuis mardi sur des  transferts de joueurs présumés frauduleux. 

Vincent Labrune, "et le directeur général de l'OM", Philippe Perez sont  sortis de l'Hôtel de police (de Marseille, ndlr), "aucune charge n' a été  retenue à leur encontre", a annoncé dans la nuit l'OM sur son site internet  précisant que les deux hommes avaient "apporté toutes les précisions utiles au  dossier". Un peu plus tôt dans la soirée, Pape Diouf, qui a dirigé le club olympien  de 2005 à 2009, et Jean-Claude Dassier, qui en fut président de 2009 à 2011,  avaient été relâchés, le premier à Marseille le second à Nanterre, sans être  présentés au juge d'instruction chargé de l'enquête ouverte en 2011. Le juge  peut toutefois convoquer les quatre hommes à une date ultérieure.  

Une quinzaine de personnes -membres ou ex-membres de l'encadrement du club  ou intermédiaires et agents de joueurs, agents administratifs, avocat - ont été  interpellées dans le cadre de cette affaire. Un agent administratif ainsi que  l'avocat avaient été relâchés mardi et mercredi. Un agent de joueur en garde à  vue à Paris a également été remis en liberté. L'issue des autres gardes à vue  n'avait pas été précisé dans la nuit.

Soupçons sur le transfert de Gignac

Les enquêteurs de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ),  saisie sur commission rogatoire du juge d'instruction marseillais soupçonnent  qu'il y aurait eu, à l'occasion de transferts d'importance, des commissions et  rétro-commissions "dans lesquelles des membres du milieu apparaissent". Une information judiciaire avait été ouverte pour "extorsion de fonds,  blanchiment et association de malfaiteurs" en octobre 2011 après un signalement  du parquet. Un réquisitoire supplétif, pour abus de biens sociaux, a récemment  été ouvert.

Le transfert de l'attaquant André-Pierre Gignac, de Toulouse à Marseille,  en 2010, est notamment dans le collimateur des enquêteurs de même que les  conditions de transfert de Morgan Amalfitano de Lorient à l'OM en 2011 et de  Souleymane Diawara de Bordeaux au club marseillais en 2009. Des perquisitions ont déjà eu lieu au siège de l'OM voici quelques mois  lors desquelles des documents ont été saisis. Mardi, les locaux marseillais de  l'agent Jean-Luc Barresi ont été à leur tour perquisitionnés. 

Lors de perquisitions au siège du club, en janvier 2013, une source proche  de l'enquête avait avancé que le dossier serait lié à celui sur le racket de  boîtes de nuit d'Aix-en-Provence, pour lequel le caïd corse Jacques Mariani  avait été condamné en février 2012 à sept ans de prison. Le nom d'un agent de  joueur, Christophe d'Amico, par ailleurs professionnel du monde de la nuit  aixoise, avait  également été cité. D'Amico a été condamné en novembre 2013 à 4  ans de prison dont deux avec sursis dans un procès +Calisson+ sur le racket des  boîtes de nuit aixoises par le milieu. "Les auditions de ce jour s'inscrivent dans un travail d'investigation  entamé il y a près de deux ans portant notamment sur les conditions autour  d'anciens transferts de joueurs", avait commenté mardi l'OM dans un précédent  communiqué, assurant que ses dirigeants "n'ont cessé de collaborer avec la  justice" depuis lors. 

Chez les supporteurs du club marseillais, les réactions oscillaient entre  fatalisme et théorie du complot, alors que cette affaire intervient au moment  où l'OM occupe la première place du championnat. Mardi une autre affaire a ébranlé le foot français, des soupçons de matches  arrangés lors de plusieurs rencontres de L2 du Nîmes Olympique la saison  passée. Les investigations se portent sur plusieurs matches suspects dont le  Caen-Nîmes du 13 mai. Le résultat de 1-1 avait profité aux deux clubs, Caen  s'assurant la montée en Ligue 1 et Nîmes son maintien en Ligue 2.

AFP