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Fichage ethnique : le parquet de Paris a ouvert une enquête sur le PSG

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Suite aux révélations sur l'affaire de fichage ethnique au sein du club du Paris Saint-Germain, le parquet de Paris a ouvert une enquête pour "discrimination fondée sur l'origine, l'ethnie ou la nationalité", indique une source judiciaire. Ouverte depuis vendredi, cette enquête a été confiée à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP). La Ligue des droits de l'homme (LDH) avait porté plainte contre X pour "discrimination" et pour "collecte et traitement de données à caractère personnel faisant apparaître les origines raciales ou ethniques".

La veille de l'ouverture de cette enquête, le directeur général du club Jean-Claude Blanc remettait un rapport interne à la ministre des Sports, Roxana Maracineanu. Cet échange faisait donc suite aux révélations de Mediapart et Envoyé Spécial, sur l'existence de formulaires "avec des contenus illégaux", comme l'a reconnu le PSG, précisant l'"origine" de joueurs supervisés, "Français", "Maghrébin", "Antillais", "Africain".

"Il a reconnu l'existence de fichiers ethniques et m'a garanti que ces pratiques n'ont plus cours. Il s'engage sur une nouvelle organisation des processus de sélection et le respect de l'éthique. Je veillerai à leur mise en oeuvre", avait déclaré la ministre, qui avait fait part de sa "consternation" sur ce sujet et évoqué de possibles "sanctions disciplinaires voire pénales". M. Blanc qui était accompagné de Malek Boutih, administrateur de la Fondation Paris Saint-Germain et ancien président de SOS Racisme, avait précisé que cette enquête, fondée "sur l'analyse d'échanges d'e-mails et sur une série d'entretiens menés avec les salariés du club en charge du recrutement du centre de formation", aboutissait à la conclusion qu'"il n'y a pas eu de cas de discrimination avéré au sein du Paris Saint-Germain".

En plus du volet de discrimination, l'enquête cette fois menée par le parquet de Paris vise également les chefs de "traitement de données à caractère personnel sans autorisation", "enregistrement ou conservation de données personnelles faisant apparaître directement ou indirectement les origines raciales ou ethniques" et "collecte de données à caractère personnel par un moyen frauduleux, déloyal ou illicite", explique une source judiciaire.

Le PSG avait dans un premier temps assuré que le fichage ethnique en son sein avait été le fruit d'une "initiative personnelle du responsable" de la "cellule de recrutement du centre de formation, dédiée aux territoires hors Ile-de-France". Il s'agissait en l’occurrence de Marc Westerloppe, parti en début d'année à Rennes. Selon un document que se serait procuré le quotidien L'Equipe, des critères ethniques apparaissaient aussi sur des fiches de la cellule Ile-de-France.

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