FC Nantes : pourquoi Antoine Kombouaré a le profil du sauveur après le licenciement de Raymond Domenech

Publié le , modifié le

Auteur·e : Loris Belin
Antoine Kombouaré
Antoine Kombouaré lors de sa présentation comme entraîneur du FC Nantes, le 11 février 2021 | Sebastien SALOM-GOMIS / AFP

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Débarqué mercredi, Raymond Domenech laisse son poste d'entraîneur du FC Nantes à Antoine Kombouaré. L'expérimenté technicien arrive dans un club en plein marasme à tous les niveaux. La tâche du technicien de 57 ans est grande, tant la crise de confiance du FCN est profonde. L'ancien coach de Valenciennes ou du PSG a néanmoins quelques arguments en sa faveur.

• Parce qu'il est à Nantes comme chez lui

Si l'on pense avant tout au Paris Saint-Germain dans la carrière d'Antoine Kombouaré, Nantes tient pourtant une place très spéciale dans son parcours. C'est à la Jonelière que l'ancien défenseur a découvert le football professionnel, cumulant 177 matches avec les Canaris entre 1983 et 1990 et qualifiant devant les médias jeudi le FCN de "club de coeur". "Je dois tout à Nantes", expliquait-il au Parisien en février 2019. "C'est le club qui m'a permis de devenir ce que je suis aujourd'hui. Je suis arrivé en touriste et on m'y a appris ce qu'était un joueur professionnel." Là-bas, il y a vu l'émergence d'une génération dorée (Deschamps, Desailly, Loko, Ouédec…), dernier vestige du fameux "jeu à la nantaise" que Raymond Domenech avait tactiquement renié ces dernières semaines. Evoqué plus d'une fois du côté de la Beaujoire – il a d'ailleurs expliqué avoir été approché deux fois par le passé -, le nom de Kombouaré avait d'ailleurs été cité en décembre avant la nomination de l'ancien sélectionneur de l'équipe de France. 

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• Parce qu'il a la personnalité pour secouer un effectif aphone

La venue du Kanak marque une vraie rupture avec son prédécesseur, personnage ô combien médiatique mais loin de faire l'unanimité. Si Domenech a semblé vouloir maîtriser son groupe avec un gant de velours, Kombouaré est un homme de caractère. Partout où il est passé, l'entraîneur a fait parler sa poigne, faisant passer l'effectif avant les individualités. Franck Kita, le directeur général nantais dit de lui qu'il a "le profil idéal". "Il répond au cahier des charges qu'on s'était fixés : quelqu'un avec du caractère, de la personnalité, le leader parfait pour les joueurs" a-t-il expliqué lors de la présentation de son nouveau technicien. Du caractère, il lui en faudra tant pour sortir le FCN de sa série noire que pour résister à la machine à broyer du coach qu'est devenu le club. Il en a déjà montré ce jeudi en laissant le micro pour la dernière question de sa présentation avant de quitter l'estrade temporairement. 

• Parce qu'il a l'habitude d'être le pompier de service... et ça lui plaît

Si Antoine Kombouaré a refusé de parler de "mission commando", il s'est pourtant fait la spécialité de ces opérations de courte durée avec un objectif simple : redresser un club. "De la pression, j'en ai toujours eue, et j'aime ça", ne s'est pas caché le néo-Nantais. "Sinon, je ne serais pas là. Je suis un grand garçon, je sais ce que je fais. Je sais que c'est une tâche très difficile. Je suis prêt à relever le défi et j'ai une mission : maintenir le club en Ligue 1. Si je ne réussis pas ma mission, je m'en vais. Si je ne suis pas capable de la remplir, je ne reste pas. Si on se maintient, j'ai deux ans de contrat derrière" a-t-il précisé. Sa dernière expérience du genre, à Toulouse la saison passée, s'était soldé sur un échec : 17 matches, trois petites victoires et une éviction suite à une élimination sans gloire en Coupe de France contre le Saint-Pryvé Saint-Hilaire FC, club de Nationale 2. A Dijon quelques mois plus tôt, Kombouaré avait limité la casse, terminant 18e et barragiste, place qu'occupait le DFCO à son arrivée. La même qu'occupe actuellement le FC Nantes.

• Parce qu'il ne pourra de toute façon pas faire pire que ceux passés avant lui

Antoine Kombouaré est le 19e entraîneur de l'ère Kita, marquée par l'instabilité chronique du banc de touche entre résultats en berne et tâtonnement dans les profils retenus pour le poste. Depuis son retour en Ligue 1 en 2013, le FC Nantes passe le plus clair de son temps dans le ventre mou de la division et joue régulièrement à se faire peur. Christian Gourcuff démis de ses fonctions début décembre, l'intérim de Franck Collot et le mois et demi de Raymond Domenech n'ont rien changé aux résultats, pas plus qu'au fond de jeu bancal et  peu inspiré proposé par l'équipe cette saison. "Ce qui s'est passé avec les autres, c'est le cadet de mes soucis", a asséné Kombouaré durant sa présentation. Qu'importe la manière, il doit absolument trouver une recette qui marche. Son arrivée en pleine tempête lui évite d'éventuelles comparaisons négatives. Nantes reste sur 14 matches sans victoire, et aucun entraîneur n'a tenu plus de 18 mois depuis Michel Der Zakarian, parti en 2016.

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En étant le quatrième technicien au chevet du FC Nantes cette saison, il sait aussi que le défi est immense. Et que son palmarès dans ces dernières aventures dans l'élite ne plaide pas forcément en sa faveur, ni en celle d'un maintien qui ressemblerait presqu'à un miracle tant la situation paraît mal embarquée. 14 matches sans victoire, jamais ce club historique n'avait connu une telle disette.