La Beaujoire public Nantes
Le public de La Beaujoire | JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP

FC Nantes, la belle surprise automnale

Publié le , modifié le

Promis à la lutte pour le maintien en début de saison, le promu nantais, dont le groupe quasi inchangé a pris confiance au fil des matches, est 4e de la Ligue 1 après sa victoire à Ajaccio samedi (1-0). L'affaire Touré --aligné alors qu'il était suspendu-- semble être une menace beaucoup moins pesante du côté de la Jonelière: pas sûr que les Canaris aient finalement besoin des trois points acquis contre Bastia lors de la 1re journée, toujours en suspens, pour obtenir leur maintien.

Le FCN (19 pts) a en effet déjà glané près de la moitié des unités requises  pour garder sa place dans une élite rejointe cet été après quatre ans de  purgatoire en L2, un tableau de marche qui paraissait utopique au sortir de  matches de pré-saison chaotiques (un succès en 7 matches), suivis d'une seule  victoire lors des quatre premières journées. "Cette place n'est pas imméritée mais inespérée. Personne, dans le football   ou à l'extérieur, n'aurait pensé qu'on se retrouverait 4e à l'issue de la 10e  journée", a reconnu dimanche le milieu Lucas Deaux.

"Quand tout le monde te prédit un avenir en Ligue 2, c'est une source de  motivation aussi chez les joueurs. On n'avait pas que des tocards", relevait  samedi soir l'entraîneur Michel Der Zakarian, limogé après seulement trois  journées de L1 en 2008 lors de sa précédente expérience sur le banc de  l'octuple champion de France. "Cela remet un peu les choses en place: les supporters sont super contents,  la ville vit bien, les dirigeants (Franck et Waldemar Kita) doivent être  heureux de ne plus avoir affaire à certains supporters qui les insultent. Le  coach avait aussi à coeur de prouver qu'il pouvait entraîner une équipe en  Ligue 1. Il est en train de prouver, comme les joueurs, qu'il a sa place", a  souligné Deaux.

'Entre nous on délire'

Plusieurs raisons expliquent cette embellie du promu à qui tout sourit,  comme en témoigne le but inscrit dans les derniers instants à Ajaccio par  Bedoya, tout juste sorti du banc. Nantes , deuxième meilleure attaque (ex aequo) du Championnat avant la 10e  journée, a d'abord su greffer à sa panoplie de combat un jeu de plus en plus  chatoyant. "On progresse dans tous les domaines. A force de jouer ensemble, des  affinités et une complicité se créent, et la confiance s'est instaurée",  analysait samedi Der Zakarian. Chaque joueur ayant haussé son niveau de jeu, le groupe, quasi novice en L1  et qui a peu évolué à l'intersaison (quatre arrivées), est tiré par une  concurrence inattendue. 

"On pensait en début de saison qu'on n'aurait pas assez de joueurs, et  finalement, comme tout le monde se met au diapason et qu'on n'a pas trop de  blessés, on peut faire tourner", a témoigné Deaux. "On a un groupe sain, qui affiche une concurrence saine aussi. Tous les  joueurs la ressentent, on tire tous dans le même sens, les mecs qui jouent, qui  jouent pas, ceux qui rentrent", a renchéri le milieu Vincent Bessat, qui ne  "réalise pas trop". La force du promu, qui dit toujours viser le maintien, vient aussi  peut-être de cette insouciance, d'après Deaux: "On ne regarde pas trop le  classement, même si entre nous on délire, on se it qu'on est devant Marseille  et caetera." Point de délire: Nantes  accueillera bien Lille vendredi avec en  jeu une place sur le podium.

AFP