Dix réponses sur les enjeux de la Ligue 1 en 2015

Dix réponses sur les enjeux de la Ligue 1 en 2015

Publié le , modifié le

La trêve hivernale est terminée et la Ligue 1 fait son retour ce vendredi soir avec Montpellier-Marseille (20h30). Après une première partie de saison pleine de surprises, quels sont les enjeux de la phase retour ?

1) Le PSG va t-il se relancer ?

À l'aube de la saison, le PSG de Laurent Blanc avait la faveur de tous les pronostics dans la course au titre. Mais à la trêve, les Parisiens pointent en troisième position derrière Marseille et Lyon. Pourtant, après avoir compté 7 points de retard sur l'OM après 10 journées de championnat, le club de la capitale avait quasiment refait son retard en revenant à un petit point des Marseillais dès la 13e journée. Mais les troupes de Laurent Blanc ont calé en décembre avec d'abord leur première défaite de la saison face à Barcelone en Ligue des champions (3-1), puis leur premier revers en L1 quelques jours plus tard à Guingamp (1-0). Surtout, les coéquipiers d'Ibrahimovic, longtemps blessé, peinent à retrouver leur jeu flamboyant de l'an passé. Et des divisions sont apparues à la trêve dans le vestiaire, avec les états d'âme de Thiago Motta, et les absences non-justifiées de Lavezzi et Cavani lors du stage organisé au Maroc. Laurent Blanc a promis un retour à "la rigueur", reste à savoir s'il sera écouté. Une élimination précoce en Ligue des champions face à Chelsea en 8es de finale en février pourrait également plomber la fin de saison des Parisiens. 

2) L'OM va t-il tenir le rythme ?

Le Marseille de Marcelo Bielsa a parfois toussoté ces six derniers mois, notamment avec une élimination face à Grenoble en Coupe de France et des défaites face à ses trois principaux rivaux (PSG, Lyon, Monaco). Mais les Olympiens sont installés sur le toit de la L1 depuis la 6e journée. Pour résister à un retour du club de la capitale, les Marseillais ne devront pas baisser le pied physiquement, alors que Bielsa s'appuie sur un bloc de joueurs réduit. Après les éliminations des deux coupes nationales, le calendrier olympien est cependant allégé au minimum. Et sur le banc, certains joueurs comme l'attaquant belge Michy Batshuayi (3 buts) ont démontré qu'ils pouvaient être des alternatives crédibles en cas de méforme ou blessure des cadres. 

3) La  CAN pèsera t-elle ?

Comme tous les deux ans, la Coupe d'Afrique des nations (17 janvier-8 février) s'invite au coeur de l'hiver. Toutes les équipes sont impactées, sauf Lens unique club à n'avoir aucun des 52 joueurs africains de L1 sélectionnés dans ses rangs. Parmi les clubs du peloton de tête, l'OM semble le plus handicapé avec le départ de deux joueurs majeurs, Nicolas Nkoulou (Cameroun) et André Ayew (Ghana). Lyon est lui affaibli de cinq membres de son effectif, dont Yattara, Koné et Bedimo. Parmi les autres formations de L1 qui attendront impatiemment la fin de la CAN, Bordeaux (5 joueurs absents), Metz (4 joueurs) et Reims (4 joueurs). 

4) Monaco sur sa lancée ?

Sur le Rocher, la greffe Leornado Jardim, l'entraîneur portugais arrivé l'été dernier, a mis du temps à prendre. Mais après un début de saison calamiteux (19e après 5 journées), le club de la Principauté a redressé la barre avec un jeu ultra-défensif à l'exact inverse des ambitions initiales du projet de jeu de Jardim. L'ASM a enchaîné les victoires en décembre pour se hisser à la 5e place de L1 et s'est brillamment qualifié pour les 8es de la Ligue des champions. "Notre effectif est réduit mais nous avons des solutions avec les jeunes joueurs du club", a confié Jardim le 9 janvier en conférence de presse.

5) Lens va t-il finir la saison ?

C'est toujours le flou complet à Lens qui doit trouver 14 millions d'euros pour boucler la saison. La Direction nationale de contrôle de gestion (DNCG) a accepté jeudi 9 janvier, à la demande du président du club Gervais Martel, de reporter l'audition initialement prévue le 5 janvier. "Nous avons accepté leur demande. On n'a pas encore fixé de date pour un nouveau rendez-vous. On verra quand M. Martel reviendra de Bakou", a déclaré Richard Ollivier, le président de l'instance. "J'espère tout finaliser. Il n'y a rien de défini encore. Encore une fois, le plus important reste la pérennité du club. C'est ce que je vais chercher (à Bakou). Cela se fera avec Hafiz Mammadov, Anar Mammadov ou quelqu'un d'autre", a expliqué Gervais Martel. Le club lensois, 16e de L1, est toujours interdit de recrutement. 

6) Lacazette meilleur buteur ?

À la trêve, Alexandre Lacazette domine le classement des buteurs. Avec 17 buts en 19 journées, il avance à des bases plus élevées que Ibrahimovic en 2012-2013 (30 buts sur l'ensemble de la saison). Surtout, l'attaquant international lyonnais a inscrit 42,5% des buts de son équipe en championnat. S'il poursuit sur ce rythme, Lacazette devrait devancer Gignac (12 buts) qui marchait sur l'eau en début de saison avant de ralentir depuis quelques semaines. Au PSG, Zlatan Ibrahimovic (8 buts) a été absent plusieurs semaines pour une blessure au talon et n'est pas encore revenu à son meilleur niveau. Mais le "Z" est toujours capable du meilleur.

7) Qui pour la descente en L2 ?

Toutes les équipes de la deuxième partie de tableau sont encore concernées par la descente. De Lille (11e, 26 points) à Caen, lanterne rouge avec 15 points. Guingamp longtemps dans le dur semble aller mieux comme le confirme sa 13e place et sa bonne dynamique . C'est plus compliqué pour Caen en crise et bon dernier, qui n'a plus gagné depuis la 11e journée en L1. C'est difficile aussi pour Evian, pire défense du championnat avec 33 buts encaissés et Bastia, loin de son niveau de l'an passé et qui a déjà licencié son entraîneur Claude Makelele. Lorient et Metz flottent juste au-dessus de la zone relègation, mais la qualité de leur jeu est un atout sur le long terme. Enfin, Lens, 16e et toujours interdit de recrutement, pourrait ne pas finir la saison pour des raisons financières (voir ci-dessus).

8) Une surprise dans le top 5 ?

À mi-chemin, tous les "gros" composent le peloton de tête de la L1. Mais Nantes, 7e et à deux points des places européennes, ressemble à la belle surprise de la saison. "Collectivement, on a fait des choses très bien sur cette première partie de saison, analyse le coach nantais, Michel Der Zakarian. On démontre une vraie force de caractère et on affiche une progression très nette. On a trente points aujourd'hui. Cette équipe ne lâche rien, montre un mental de haut niveau." La performance est d'autant plus remarquable que Nantes était interdit de recrutement l'été dernier. Mais le calendrier s'annonce chargé pour les Canaris engagés sur trois tableaux.

9) Ben Arfa, le sauveur à Nice ?

Dribbleur déroutant et au-dessus du lot techniquement, Ben Arfa est l'un des joueurs les plus doués de la fameuse "génération 87", celle des Benzema, Nasri et Ménez. Mais il n'a jamais réussi à exploiter tout son potentiel. En échec à Newcastle, il a rejoint gratuitement Nice après avoir résilié son contrat avec le club du nord de l'Angleterre. À Nice, qui souffre et a sombré en 32es de finale de Coupe de France face à Valenciennes (L2) le 3 janvier (2-0), l'ex-international français est attendu comme le sauveur. "Il va s'inscrire dans un collectif et aura du volume de jeu. Bien sûr, il à des qualités extraordinaires mais elles seront au service du collectif ", a dit de lui Claude Puel, l'entraîneur niçois. 

10) Une grosse recrue en L1 lors du mercato ?

Si un top player rejoint la Ligue 1 d'ici le 31 janvier et la fin du mercato d'hiver, c'est sûrement du côté du PSG que les regards se tourneront. Laurent Blanc est à la recherche d'un renfort au milieu de terrain, soit pour suppléer Thiago Motta, décevant et qui n'a pas caché ses envies de départ, ou pour apporter de la concurrence sur l'aile gauche. Le PSG a approché Newcastle pour l'international français Moussa Sissoko, qui a démenti tout transfert sur son compte Twitter le 9 janvier.

Un intérêt parisien pour Kevin de Bruyne, l'ailier international belge de Wolfsburg, a également été médiatisé. Le joueur a l'avantage, comme Sissoko, de pouvoir évoluer en Ligue des champions. Du côté de Monaco l'autre nouveau riche du foot français, le milliardaire et propriétaire russe Dmitri Rybolovlev, n'a pas l'intention de dépenser des millions, notamment pour rester dans les clous du fair-play financier.

Camille Belsoeur @camBelsoeur