Abou Diaby et Lassana Diarra
Abou Diaby et Lassana Diarra, les deux grands "potes" se retrouvent cette saison sous le maillot de l'OM | AFP

Diaby-Diarra: les paris de l’OM

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Confronté à l’érosion de son budget et au départ de plusieurs cadres, l’Olympique de Marseille doit trouver des solutions pou ne pas être largué par le trio Paris, Lyon et Monaco. Les dirigeants phocéens ont choisi de miser sur Lassana Diarra et Abou Diaby.

Question : combien de matches ont joué Lassana Diarra et Abou Diaby la saison dernière ? Un seul. Un match de coupe de la Ligue anglaise disputé par le second cité. Un tout petit match. Et pourtant ces deux hommes sont les noms les plus ronflants du mercato olympien sans faire injure aux Nkoudou, Sarr ou Rekik. Car Diaby et Diarra, le système « D » de l’Olympique de Marseille, c’est 44 sélections en équipe de France à eux deux, quand même. Des joueurs que l’on a longtemps considérés comme des espoirs du football français. Des joueurs passés par Arsenal pour l’un et par Chelsea, Arsenal (aussi) et le Real Madrid pour l’autre.

En manque de leaders

Et c’est sans doute ce qui a convaincu les dirigeants marseillais. Mis à part Steve Mandanda et Nicolas Nkoulou, l’OM manque de leaders suite aux départs d’André Ayew et d’André-Pierre Gignac. Et Marseille avait cruellement besoin de créateurs au milieu de terrain après avoir perdu (ou plutôt très bien vendu) son joyau Giannelli Imbula. Les recrutements de « Lass » et d’ « Abou » s’inscrivent dans cette logique. Mais aussi dans une logique financière. Incapable de s’aligner sur les standards du PSG ou de Monaco et dans l’ombre de l'Olympique Lyonnais, qualifié lui pour la Ligue des Champions, Marseille a des moyens limités. Et est donc contraint à des paris.

Le cas de Lassana Diarra est moins problématique que celui d’Abou Diaby. Le joueur formé au Havre n’a certes pas joué la saison dernière après un conflit avec le Lokomotiv Moscou mais comme il le dit lui-même : « [ses] problèmes sont  réglés ». Ne reste qu’au staff de l’Olympique de Marseille à le remettre en forme, ce qui ne devrait pas prendre plus de quelques semaines. Pour Abou Diaby en revanche, la tâche s’annonce plus ardue.

Diaby, coup de génie ou arnaque ?​

L’annonce, mercredi matin de l’officialisation de l'accord trouvé entre l’OM et Diaby va faire sans nul doute faire parler. Pourquoi le club olympien réussirait là où Arsenal a échoué ? Comment faire d’un joueur qui a cumulé 42 blessures en neuf saisons chez les Gunners, une machine de compétition ? En comptant sur un staff médical réputé et reconnu, qui a d’ailleurs plu à Diaby et qui aurait fait pencher la balance en faveur d’un retour en Ligue 1. En limitant le risque financier aussi. A ce stade des négociations, l’OM n’a pas communiqué sur les modalités du contrat mais il se murmure un contrat « au match » recelant une partie fixe puis des primes en fonction du nombre de matches joués. L’assurance pour le club de ne pas surpayer un joueur pour qu’il passe son temps à l’infirmerie. Si le risque financier est moindre, en revanche sportivement l’OM se met en danger, surtout si comme il se murmure Mario Lemina prenait le chemin de l’Angleterre (West Ham ou West Bromwich Albion). Avec Diarra, Diaby, Romao et Lemina, le milieu olympien est costaud, au moins en nombre. Sans Diaby s’il venait à se blesser et sans Lemina, quantitativement ça fait peur.

Audacieux, risqué, maladroit, inconscient, raté, quel adjectif conviendra le mieux au recrutement olympien ? Marcelo Bielsa, qui a désiré Lassana Diarra et sans doute donné son accord pour Abou Diaby, sera en première ligne et ne devra cette fois pas manquer un podium qui validerait les risques pris cet été.