Marseille Dassier portrait 2010
Le président de l'OM Jean-Claude Dassier | AFP - JEAN-PIERRE MULLER

Dassier brûlant

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Entre le début de saison calamiteux de l'OM, les relations tendues entre Didier Deschamps et José Anigo et surtout les envies de départ de Ben Arfa et la probable non-venue de Luis Fabiano, le président marseillais Jean-Claude Dassier connaît un été agité. Parviendra-t-il à éteindre tous les feux ?

L'euphorie du titre acquis l'an passé semble déjà bien loin du côté de la cannebière. Après deux journée, la situation sportive de Marseille est déjà préoccupante après deux défaites face à Caen (0-1) et Valenciennes (3-2). Mais si le terrain ne donne guère satisfaction, c'est surtout en coulisses que le sort des Phocéens inquiète. Si Niang avait créé les premiers remous en annonçant son envie de partir à Fenerbahce, créant les premières dissensions entre l'entraîneur Didier Deschamps et le directeur sportif José Anigo, c'est surtout Hatem Ben Arfa qui a mis le feu aux poudres de la Commanderie. Le milieu de terrain de l'OM, qui souhaite partir à Newcastle, n'a pas épargné ses dirigeants dans les colonnes du journal L'Equipe. Sur Canal +, Jean-Claude Dassier a réagi, enjoignant son joueur à plus de modération. "Hatem Ben Arfa est venu me voir dans mon bureau, mais à peine le temps de dire bonjour, il était déjà parti (...) ce n'est pas grave au fond quoique (...) j'avais des choses à lui dire, des propositions à lui faire. Les intérêts d'un club peuvent changer, c'est en se mettant autour d'une table qu'on peut résoudre les problèmes: Hatem a mon portable, qu'il m'appelle", a posément expliqué le président marseillais. S'il a gardé un calme… olympien, le président doit néanmoins bouillir à l'intérieur.

Plus tard, sur RTL, il est revenu sur la gestion plus qu'épineuse du dossier Ben Arfa. "On ne peut cautionner l'attitude de Hatem, quand on est +pro+, on a un contrat, on le respecte. Il est resté 40 secondes dans mon bureau, je ne dirai rien sur son attitude, l'âge venant je deviens plus tolérant et je ne veux pas être l'homme qui a stoppé la carrière de Ben Arfa, car on en est là", a déclaré Jean-Claude Dassier, avant d'appeler Ben Arfa à la raison. "Je ne plaide pas pour la poursuite du bras de fer, mais pour un retour à des relations humaines, normales, est-ce trop demander? Soyons raisonnables (je dis à Hatem) +si tu ne veux pas aller à Commanderie on ira ailleurs+. Il est temps de faire halte au feu, de trouver une solution dans les 15 jours qui nous restent."

Luis Fabiano ne viendra pas

A la question "Les relations entre Ben Arfa et Didier Deschamps sont-elles exécrables?", M. Dassier a répondu, toujours sur RTL: "Exécrable ce n'est pas le mot, elles se sont dégradées, mais écoutez les relations humaines évoluent, ils ne sont pas obligés de s'embrasser midi et soir". Puis, interrogé sur les relations qui seraient tendues entre José Anigo, directeur sportif, et Deschamps, le président de l'OM a indiqué: "il peut y avoir des divergences, mais pas d'affolement, pas de panique."

Quant au départ de Niang, Jean-Claude Dassier le juge inévitable. "Evidemment qu'il fallait vendre Niang, tout le monde en était convaincu, sauf Didier Deschamps (...) Oui je l'ai déclaré intransférable (pour) faire monter les tarifs (...) mais il était décidé à partir. Il nous aurait fait une situation pire que Ben Arfa". Reste un dernier dossier en suspens, et pas des moindres : qui pour remplacer Niang à la pointe de l'attaque de l'OM ? Jusque-là, le club olympien avait clairement privilégié la piste Luis Fabiano mais celle-ci, à en croire M. Dassier, n'est plus du tout d'actualité. "Les dirigeants du FC Séville veulent nous rançonner, c'est sans rapport avec le marché. Si ce n'est pas Fabiano, ce sera un autre, vous aurez bien des surprises", a promis M. Dassier. Le club andalou demanderait 18 millions d'euros pour Fabiano, tandis que le champion de France en titre ne serait pas prêt à dépasser les 13 millions. En attendant, les noms de Berbatov (Manchester United) et Pavlychenko (Tottenham) sont évoqués… Une chose est sûre, pour sortir de cette période agitée, il faudra au président de l'OM des nerfs d'acier !

Julien Lamotte