Rolland Courbis
L'ancien entraîneur de Montpellier, Rolland Courbis | AFP - PASCAL GUYOT

Courbis, premier entraîneur viré de la saison?

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Rolland Courbis sera-t-il toujours l'entraîneur de Montpellier au soir de la 8e journée? La question se pose dans l'Hérault après un début de saison catastrophique (un nul et six défaites en sept rencontres). L'entraîneur et sa direction se renvoient la balle alors que le club accueille Lorient dimanche avec un besoin urgent de points.

Après sept journées de Ligue 1, rien n'est évidemment joué. Paris est bien leader incontesté et invaincu, mais les outsiders sont là. En embuscade. Dans le bas de tableau, la lutte pour le maintien va battre son plein, mais un club est déjà en grand danger. Montpellier n'a toujours pas gagné cette saison et n'a qu'un point. Le club héraultais est déjà à six longueurs du premier non-relégable et a un besoin urgent de points alors que se profile la réception de Lorient puis deux déplacements périlleux à Lille, puis Bordeaux. La défaite contre Monaco jeudi dans les dernières secondes a noircit un peu plus la situation du côté de La Mosson où l'avenir de Rolland Courbis est de plus en plus précaire. Le principal intéressé, lui, veut y croire et s'accroche aux 31 journées restantes. "Notre objectif est de remporter 12 matches et de faire sept nuls lors des 31 ultimes matches", affirme Rolland Courbis, convaincu de pouvoir assurer pour une troisième fois le maintien de Montpellier après y être parvenu en 2007 et 2014. Son président délégué, Laurent Nicolin, fils de Louis, n'a pas dit autre chose vendredi face à la presse. "J'espère qu'il sera avec nous jusqu'à fin mai et qu'on se fera une belle 'soûlerie' pour fêter le maintien". 

Soutenu par Nicollin fils et les joueurs

Donc Courbis pour l'instant pas menacer? C'est possible. Comme l'a dit l'entraîneur, la saison est encore longue et le club a besoin de lui à en croire Laurent Nicollin. "Pour le bien du club, je pense que Rolland doit rester", assure le président délégué. Autre argument en faveur du maintien, il a toujours le soutien de son groupe. "On aime sa façon de faire et on est avec lui", déclare le milieu de terrain Ryad Boudebouz. "Si on sentait une cassure importante entre le coach et les joueurs, on prendrait des décisions comme on l'a déjà fait à l'époque avec Jean-François Domergue (en 2007, ndlr) ou Jean Fernandez (en 2013, ndlr)", justifie Laurent Nicollin. Tout le monde tire dans le même sens donc pour reprendre une expression chère aux footballeurs. Mais cette solidarité n'est que de façade quand on écoute le président Louis Nicollin.

Personne ne veut prendre la décision

A Montpellier, chaque décision ne dépend que d'une seule personne. "Loulou" fait la pluie et le beau temps à Montpellier et lui aussi veut garder Courbis. Pour le bien du club aussi, mais surtout de ses finances. "On n'a pas le choix, de toute façon, on va le garder. En tout cas, ne croyez pas que je vais le licencier, c'est niet. Il ne m'aura pas. C'est lui qui nous a mis dans la merde, donc c'est à lui de nous en sortir, sinon il ne s'appelle plus Courbis. Parce que s'il descend en L2, qu'est-ce que son image va prendre", a lancé comme un défi "Loulou" dans L'Equipe. Englués dans une querelle de pouvoir et d'ego, les deux hommes ont pris en otage le sort du club et provoqué ce départ catastrophique.

Louis Nicollin pense aussi qu'un licenciement ne déplairait pas à Courbis. "Je crois qu'il ne serait pas mécontent si on le licenciait", a-t-il insinué. Des sous-entendus dont ne tient pas compte Courbis, bien décidé à ne pas démissionner et toujours accroché à sa mission de redresser la barre. "Le match de Lorient devient capital comme l'était celui devant Monaco. Est-ce que l'on est capable de gagner 12 matches et de faire sept nuls d'ici la fin de la saison? Je pense que oui. Si j'étais président, est-ce que je garderais l'entraîneur? Je pense que oui". C'est dans ce climat tendu qu'une partie de l'avenir de Montpellier et de son entraîneur va se jouer dimanche à La Mosson.