Coronavirus : A Reims, aucune mesure de chômage partiel pendant la suspension de la Ligue 1

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Auteur·e : Théo Dorangeon
Caillot Reims
Jean-Pierre Caillot, le président du Stade de Reims | AFP

Avec la suspension des championnats de Ligue 1 et de Ligue 2, les clubs français se retrouvent à l'arrêt. Plusieurs ont annoncé la poursuite des entraînements, d'autres l'interruption. Joint par téléphone vendredi, le président du Stade de Reims, Jean-Pierre Caillot, nous parle des mesures prises au sein de la formation. Elles pourraient toutefois évoluer dès lundi matin, après une réunion des dirigeants suite aux dernières annonces gouvernementales.

Vous faites partie du conseil d’administration de la Ligue de Football Professionnel qui a pris vendredi la décision de suspendre la Ligue 1 et la Ligue 2. Comment s'est déroulée cette réunion ?
Jean-Pierre Caillot
: "En début de semaine, nous avons eu des réunions entre présidents de L1 où les avis étaient divergents entre le huis clos et la suspension. Depuis, un certain nombre d'éléments nouveaux sont intervenus, notamment l'allocution du Président de la République. Après l'intervention, on a demandé à la LFP de déclencher un CA extraordinaire qui a eu lieu ce vendredi matin. Assez rapidement et à l'unanimité, la décision a été de suspendre le championnat."

En tant que président de club, comment réagissez-vous ? 
J-P.C. :
"Je suis président de club et aussi un citoyen, et j'ai écouté le président de la République. Il m'aurait semblé totalement irresponsable de continuer à jouer des matches, de déplacer des équipes dans ce contexte. A situation exceptionnelle, réponse exceptionnelle. Rares sont les périodes dans l'histoire où les championnats sportifs ont été interrompus. On prend conscience de ce qu'on a à affronter aujourd'hui."

Durant la semaine, des membres du club vous ont-ils sollicité pour demander la suspension du championnat ? 
J-P.C. :
"Non. Au sein du Stade de Reims, il n'y pas eu de demande que ce soit des salariés des autres services, car nous ne sommes pas qu'une équipe de foot. Personne n'a éprouvé le besoin de se mettre en réserve ou qu'on prenne des décisions."

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Quelles mesures sont prises pour les joueurs et l'ensemble du club ? 
J-P.C. :
"En ce qui concerne les joueurs de l'équipe professionnelle, ils sont mis au repos jusqu'à mercredi. Ils reprendront ensuite l'entrainement. Ce sont des athlètes, on ne peut pas interrompre du jour au lendemain leur préparation physique. Le centre de formation sera fermé lundi, étant donné que les enfants ne peuvent plus être scolarisés et on voulait protéger le personnel. Les autres services, c'est plus du cas par cas. Savoir si on les met en sommeil, comme celui de la billetterie, ou si les gens veulent travailler chez eux. On est assez ouverts pour trouver les meilleures solutions."

C'est de la mise au repos, pas du confinement.
J-P.C. :
"Oui. Ça arrive de faire des break de 24 ou 48 heures dans la saison. Là, ils sont au repos jusqu'à mercredi. Ils ne sont pas confinés, ils sont libres. Ce sont des joueurs de foot mais aussi des êtres humains et des citoyens. Ils savent quoi faire."

"Si les joueurs vont être rémunérés sans jouer, quand ils vont jouer deux matches par semaine, car probablement on va s'orienter vers ça, ils ne seront pas payés plus."

Justement, quelles indications ont été transmises aux joueurs ? 
J-P.C. :
"L’entraîneur et le directeur général ont expliqué et tenté de faire prendre conscience à tout le monde, la crise que nous vivons. Les joueurs ont été alertés que sur leurs jours de congé, il était souhaitable de ne pas se déplacer et de rester dans le périmètre rémois, et de prendre toutes les mesures qui conviennent dans leurs relations avec les autres. Au club, hormis cet aspect informatif, il a été mis en place des distributeurs de gel."

Comment vont se dérouler les entraînements ? De manière classique ou adaptée ?
J-P.C. :
"La cellule de performance va adapter les entraînements, puisqu'on va être dans de l'entretien. Ne pas avoir de compétition pendant plusieurs semaines, ce n'est pas la même manière de préparer les corps. Il y aura une adaptation du travail. C'est l'intensité qui sera moins importante, comme lors des trêves internationales."

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Concernant les salaires, va-t-il y avoir des modifications ?
J-P.C. :
"Pour le moment, on est dans l'état d'esprit d'assurer les rémunérations à tous les collaborateurs du club, y compris les joueurs professionnels. Aujourd'hui, on parle de suspension du championnat donc les matches vont être joués. Si les joueurs vont être rémunérés sans jouer, quand ils vont jouer deux matches par semaine, car probablement on va s'orienter vers ça, ils ne seront pas payés plus."

Vous êtes toujours en contact avec la LFP. Quel est le calendrier à venir ? 
J-P.C. :
"On aura un conseil d’administration mercredi prochain qui suivra les décisions prises à l'UEFA. En fonction de ça, on saura ce que veut faire l'UEFA avec les compétitions européennes. On commencera à regarder les trames d'un nouveau calendrier. Il faut déjà imaginer que le saison ne se terminera pas à la date prévue. La sagesse et les éléments en notre possession nous laissent penser que ça ne sera pas avant le 14 avril qu'on envisagera de relancer le championnat."

Est-ce possible de reprendre à un moment donné le championnat à huis clos ?
J-P.C. :
"Je ne pense pas que ce soit dans l'ère du temps. Il va falloir surveiller la situation autour du virus. L'idée, c'était d'interrompre le championnat pour le reprendre dans des conditions normales. On est organisateurs de spectacles, et sans spectateurs, ça manque de liant."