Caen - Youssef El Arabi
Youssef El Arabi et ses équipiers célèbrent leur deuxième succès | AFP - KENZO TRIBOUILLARD

Ces promus qui flambent

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Aussi bien en Ligue 1 qu'en L2, l'honneur est aux Petits Poucets. En jouant crânement leur chance, les formations de Caen et d'Evian-Thonon se sont installées au commandement des deux Ligues professionnelles. Plus inquiétant pour les cadors du championnat, ces victoires sont loin d'être usurpées.

Effet de surprise ou prise de pouvoir ? Le fait est que les deux championnats professionnels de football français sont dominés par leur promu. En L1, Caen a pris le commandement à égalité avec Toulouse tandis qu'Evian-Thonon fait sa loi en division inférieure. Ce qui paraissait simplement anecdotique au soir de la première journée prend peu à peu forme : les promus sont entrés dans la compétition tambour battant. Et les favoris du championnat auraient tort de laisser les deux formations engranger les points.

Bien sûr, les deux clubs ont l'avantage de jouer l'esprit libéré. Presque naïvement. Le fait de revenir en division supérieure permet de diminuer les attentes des supporters et les ambitions des dirigeants. L'objectif ici n'est pas tant de conserver le dossard de leader du championnat que d'éviter la relégation stricto sensu. Les millions d'euros des grosses écuries paraissent bien impuissants face à une telle recette.

A l'image de Montpellier la saison passée, Caen signe son retour parmi l'élite de la plus belle des manières. Deux victoires, contre Marseille et Lyon, avec la manière pour couronner le tout. Pour avoir certainement sous-estimé son adversaire en ouverture de championnat, l'OM a laissé échapper 3 points cruciaux dans la course au titre, défaite (1-2). Lyon, du haut de ses sept titres de champion de France avait beau être prévenu, la sanction fut la même (2-3). La prochaine rencontre des Nordistes, face à Montpellier pourrait leur permettre de s'envoler en tête du classement.

Pour ce qui est du club de Haute-Savoie, leader indiscutable après trois journées et autant de victoires, sa domination est encore plus impressionnante. (2-0) contre Metz, (4-0) contre Vannes et (1-0) contre Nantes. Sept buts d'inscris pour une défense toujours invincible, face à deux candidats à la montée en L1. Trois victoires qui sonnent comme autant de tirs de sommation. Une manière de rappeler que la saison passé le club savoyard avait survolé le championnat, terminant sa saison avec la bagatelle de 85 points, un record en National.

L'état de grâce, pour combien de temps ?

Point commun entre les deux clubs ? Une certaine insouciance et une dynamique de la victoire conservée durant l'intersaison. Tous les deux sacrés champions avec une avance confortable sur leur dauphin, les deux formations surfent sur une vague de succès. En outre, Caen a eu "l'avantage" de se retrouver deux fois en situation d'outsider contre l'OM et l'OL, un statut qui lui a certainement simplifié la tâche. Reste à confirmer lors d'un match à sa portée.

A l'heure où les grosses écuries du championnat gambergent toujours suite à leur fin de saison difficile (Bordeaux) ou lorsqu'elles attendent de récupérer un effectif complet (Marseille) Caen et Evian-Thonon, les deux Petits Poucets du championnat, ne sèment pas de points en route. Reste à savoir combien de temps durera l'état de grâce ?

Vraisemblablement le temps de redescendre sur Terre et de réaliser ce qu'ils sont en train d'accomplir. Vient ensuite la qualité physique de l'effectif, sa capacité à tourner. Caen et Evian-Thonon, deux petites équipes, ne possèdent pas le banc nécessaire pour tenir une saison complète. Quoiqu'il en soit, cela ne doit pas les empêcher de rêver. D'autres formations avant eux ont réussi l'exploit d'être sacré l'année de leur ascension à l'élite : Bordeaux en 1954, St-Etienne en 1964 et Monaco en 1978.