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Pour son dernier match de l'année, Caen peut-il faire tomber Paris? | CHARLY TRIBALLEAU / AFP

Caen-PSG : Les raisons d’y croire

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Chaque semaine, c’est la même rengaine : et si c’était la bonne ? Ce samedi (17h00), Caen sera le 19e et dernier candidat de la première phase à tenter de faire chuter l’intouchable PSG (15 victoires, 3 nuls, 0 défaite cette saison en Ligue 1). Mais le Stade Malherbe, surprenant quatrième, a de beaux atouts à faire valoir et entend bien ne pas laisser le leader du Championnat partir en vacances invaincu.

Seul promu maintenu dans l’élite la saison passée (13e) à la faveur d’un football riche en prises de risques, Caen a entamé le nouvel exercice avec le même état d’esprit, tout en gagnant en expérience et en profondeur. "L’année passée, 80% de l’effectif découvrait la L1, relate le coach Patrice Garande. Avec ce qu’on a vécu l’année dernière, les joueurs ont emmagasiné deux ou trois ans d’expérience et ils s’en servent très bien aujourd’hui".

Quatrième attaque en 2014-15, Caen est pour l’instant la cinquième défense de Ligue 1 et peut, surtout, légitimement espérer passer la trêve hivernale sur le podium : après 18 journées, le club normand est 4e, à un point seulement d’Angers et Monaco (respectivement 2e et 3e avec 31 points), et avec quatre longueurs d’avance sur Nice (5e avec 26 points). Les recrutements de l’été (Vincent Bessat, Ronny Rodelin, Andy Delort, trois des joueurs les plus en vue de l’effectif depuis quatre mois) s’avèrent pour l’instant payants. "Quand je suis arrivé, j’ai découvert un groupe fantastique, s’enflamme l’ancien nantais Chaker Alhadhur, qui sera probablement titularisé face à Paris. Il est irréprochable". Certes, le club est jusqu’alors épargné par les blessures et n’est pas immunisé contre un soudain coup d’arrêt, mais il semble aujourd’hui évident que le Stade Malherbe est devenu un sérieux outsider du Championnat.

Un jeu taillé pour battre les gros poissons

L’opposition de style entre Caen, qui affiche la plus faible possession de balle du Championnat (42%), et Paris, qui caracole loin en tête du classement (63%), ne tournera pas forcément en faveur de celui qu’on croît. Car cette statistique est en trompe l’œil pour le groupe normand, qui figure aussi et surtout parmi les équipes qui obtiennent le plus de corners et qui centrent le plus cette saison. Patrice Garande assume ce style de jeu particulier qui porte pour l’instant ses fruits : "Tout le monde part du principe que si on a le ballon, l’adversaire ne l’a pas et est en danger : mais ce qui compte, c’est surtout ce qu’on en fait (…) J’aime quand une équipe dégage quelque chose, même si elle ne fait pas tout bien : je préfère quand il y a du rythme quitte à avoir du déchet". Caen sait jouer vite, à l’efficacité, et a l’habitude de maîtriser le jeu sans dominer la possession. Une qualité indispensable pour parvenir à déstabiliser Paris, qui leur confisquera forcément le cuir. Après le match nul obtenu contre Rennes, à dix contre onze, le technicien a également tenu à souligner "les ressources mentales au-dessus de la moyenne" de son groupe.

Les Parisiens au bout du rouleau

La recette caennaise s’avère particulièrement efficace contre les cadors du Championnat : victoires à Marseille (1-0), à Bordeaux (4-1), contre Saint-Etienne (1-0), match nul à Monaco (1-1), les Normands aiment la pression des gros matches et la venue du PSG au stade Michel-d’Ornano constitue l’un des événements de la saison. "L’appui du public sera un vrai plus, annonce Garande. Cela traduit le fait que les gens commencent à y croire, à se dire que c’est possible. Autour de nous, je sens depuis quelques semaines que nos supporters sont de plus en plus convaincus qu’on peut le faire". D’autant plus convaincus qu’en face, Paris se présentera franchement éreinté par l’enchaînement des rencontres (Championnat, C1, coupes). "On joue tous les trois jours, a lâché Laurent Blanc mercredi, après le court succès des siens contre Saint-Etienne (1-0) en Coupe de la Ligue. La fatigue physique et psychologique est réelle. C’est un calendrier démentiel et les joueurs ne sont pas des machines". Une évidence que Caen rêve de démontrer ce samedi pour conclure 2015 en beauté.