Caen, le salut par l'attaque

Caen, le salut par l'attaque

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La victoire dans le temps additionnel de Caen à Nantes (2-1) dimanche, a une nouvelle fois démontré les ressources morales de Normands qui ont décidé, depuis la trêve, que leur salut en Ligue 1 passerait par l'offensive.

Caen est-elle l'une des équipes les plus spectaculaires de Ligue 1 ? Avec 46 buts marqués, le 12e de Ligue 1 pointe à la 4e place des attaques les plus prolifiques. Et avec ses 45 buts encaissés (16e défense), seuls les supporteurs de l'OM ont vu plus de buts cette saison que ceux de Caen, 96 contre 91. "Malherbe a une identité. On a toujours marqué beaucoup de buts, toujours été à la recherche de ça", a expliqué l'entraîneur Patrice Garande. Une recherche qui a fini par aboutir sur la phase retour et qui a permis le redressement spectaculaire du club depuis janvier.

Au soir de la 20e journée, Caen était dernier, avec 15 points, à 5 unités du premier non-relégable et affichait la deuxième plus mauvaise différence de but (-11), un critère capital dans la lutte pour le maintien. En onze matches depuis, Caen a marqué 23 points et inscrit 24 buts - seul le PSG fait mieux avec 24 et 24. Sur toute la phase aller, Caen affichait 22 réalisations seulement. Et comme il n'ont encaissé "que" 12 buts dans le même temps, les Normands sont le seul club classé au-delà de la 8e place à afficher un solde positif, fût-il minimal (+1), là où les trois relégables affichent entre -19 et -21.

Le danger vient de partout

La performance de l'attaque des bleu et rouge est d'autant plus remarquable que contrairement aux trois équipes qui la précèdent dans ce domaine, Marseille (62), Lyon (60), Paris SG (58), Caen n'a ni Lacazette, ni Gignac, ni Ibrahimovic pour gonfler ses statistiques. Le meilleur buteur caennais figure au-delà de la 20e place au classement des buteurs. C'est Julien Féret, avec 6 réalisations, à égalité avec Mathieu Duhamel, prêté depuis à Evian. Le départ de ce dernier, co-meilleur buteur de Ligue 2 l'an dernier, peut d'ailleurs être considéré à plusieurs égards comme le véritable déclic. Débarrassé d'un joueur peu mobile, peu rapide et qui phagocytait une bonne partie des ballons d'attaque, pour un rendement pas toujours optimal, Caen a pu diversifier ses offensives et responsabiliser tous ses joueurs. Garande invoque aussi le rôle du passage d'un 4-4-2 à un 4-1-4-1 dans lequel Julien Féret a retrouvé toute son aura, pour expliquer la métamorphose.

"C'est le changement de système qui a fait qu'on est beaucoup plus performants dans la récupération du ballon et surtout qu'on se projette plus vite vers l'avant et à plusieurs", a-t-il assuré. "Toute la première partie de saison, on avait très peu de joueurs qui se projetaient vers l'avant et on dépendait pratiquement que d'un joueur pour marquer des buts", a-t-il poursuivi. "Aujourd'hui on a beaucoup plus de possibilités" en attaque, a-t-il conclu. Preuve que le danger vient de partout: avec le but de Thomas Lemar à Nantes, ce sont 16 joueurs différents qui ont inscrit au moins un but cette saison - mieux que Monaco, PSG ou Marseille (15). Vendredi, Caen tentera de forcer le verrou de Monaco, l'une des défenses les plus solides du championnat. En cas de victoire, le maintien serait quasiment acquis et il n'aurait rien d'un hold-up.

AFP