Bordeaux - Brest
Le Brestois Licka, décisif à Bordeaux | AFP - NICOLAS TUCAT

Brest vient couler Bordeaux

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Sans victoire depuis le 12 janvier, Brest réalise une excellente affaire et un bel exploit en s'imposant à Bordeaux (2-0) lors de la 28e journée de L1. Un tir de Licka dévié par le dos de Trémoulinas (19e) puis un penalty (83e), voilà comment les Bordelais ont enchaîné une troisième défaite consécutive en championnat, qui les éloigne irrémédiablement de l'Europe. Les Bretons, volontaires et entreprenants, s'éloignent de la zone de relégation.

Jamais depuis le début de la saison, Bordeaux n'avait enchaîné trois défaites consécutives en championnat. Revenue dans la course à l'Europe voire mieux en janvier, l'équipe de Francis Gillot se trouve désormais à la limite de la deuxième partie du classement, après s'être incliné à domicile contre Brest (1-0). Cette 3e défaite à Chaban-Delmas intervient au moment où la course pour l'Europe s'accélère.

Et les symptômes sont toujours les mêmes pour cette formation: manque de réalisme, manque de réalisme, manque de réalisme. Et un soupçon de réussite pour l'adversaire, comme ces Brestois, très joueurs, entreprenants et offensifs, qui n'ont pas cadré un seul tir en première période mais on ouvert le score par Licka, dont la frappe, au terme d'un beau mouvement collectif, finissait dans les filets de Carrasso, pris à contre-pied (19e, 1-0). En deuxième période, la sentence était la même, avec un penalty offert aux Brestois sur un joli plongeon de Touré, venu percuter la jambe de Sané, pour un but de Kantari (83e, 2-0). Mais ces deux buts ne sont pas usurpés. Les Brestois auraient pu ouvrir le score avec Ayité à la 10e minute, mais Sané avait enlevé le ballon juste devant lui. Cela aurait pu être aussi le cas sur ce lob de Licka sur Carrasso, mais Faubert écartait ce ballon qu'il avait lui-même perdu avant que le Brestois l'envoie au fond de la cage vide (12e). Cela pouvait également sourire à la 78e minute, sur un tir de Licka dévié du bout des doigts par Carrasso.

Bordeaux sans buteur

Entre temps, les Girondins avaient eu quelques occasions. Par Maurice-Belay, dont le tir à 8m était contré (15e), ou par Faubert qui reprenait insuffisamment un corner, permettant à Thébaux de repousser le ballon devant la ligne (35e). Et ce même Thébaux repoussait du pied une demi-volée à bout portant d'Obraniak (41e), alors que Bellion était percuté par Kantari alors qu'il tentait un retourné acrobatique, sans que l'arbitre ne siffle rien dans la surface (45e). En deuxième période, Obraniak dévissait sa frappe qui frôlait le montant brestois (52e), Bellion se jetant sur un centre de Maurice-Belay mais Kantari le contrait (55e). Et Saivet, tout en déséquilibre, voyait sa frappe passer de peu au-dessus de la barre transversale (76e). 

Après avoir obtenu sa qualification pour les 8e de finale de la Ligue Europa, Bordeaux paye chèrement son manque de buteurs. Laisser partir Gouffran et Jussiê, se passer de Diabaté lors de la CAN, et accueillir Rolan qui s'est blessé dès son premier match de championnat, voilà quelques-uns des ingrédients qui risquent de laisser le club bordelais hors des places européennes à l'issue de la saison. "On rate les 20 premières minutes et à partir du moment où on prend le but, on réagit, vingt minutes trop tard. Pour Brest, en revanche, cette fin de mauvaise série laisse bien des espoirs pour le maintien. 

Fatigue bordelaise

A la fin de la rencontre, Francis Gillot a mis l'accent sur le critère physique. "Ces matches-là, il ne faut pas être mené car avec la débauche d'énergie qu'on a mis jeudi (en Europa League contre le Dynamo Kiev, ndlr), quand on est mené, psychologiquement, c'est difficile de revenir", a analysé le coach bordelais. C'est dur de jouer tous les trois jours, cela fait un moment qu'on le fait. Il faut être très professionnel, se faire violence, peut-être qu'on n'y arrive pas. On a quand même une dizaine de matches de plus que les autres équipes, il y a de la fatigue, mentale, physique", a-t-il ajouté. Malheureusement pour lui et ses joueurs, les jours qui arrivent vont être compliqués puisque ce match contre Brest "n'était que le 4e match de la série de dix". "Vous voyez dans quel état on est déjà", a-t-il conclu fataliste.

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