Brandao
Brandao est poursuivi pour violences volontaires | FRANCOIS GUILLOT / AFP

Brandao prend un mois de prison ferme

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Alors que le parquet avait requis huit mois de prison avec sursis, le tribunal correctionnel de Paris qui a retenu la préméditation, a finalement prononcé dans un premier temps une peine de un mois de prison ferme à l'encontre de Brandao. Mais l'attaquant brésilien de Bastia ne devrait finalement effectuer que des travaux d'intérêt général.

"On est dans la démesure"

Déjà condamné sportivement par la Commission de la Ligue de football professionnel à six mois de suspension, pour avoir porté un coup de tête au milieu du PSG Thiago Motta, à l'issue d'un match de L1, Evaeverson Lemos da Silva Brandao a donc été également puni pénalement. Après avoir annoncé la peine de prison ferme et 20 000 euros d'amende, le président du tribunal a précisé que le joueur de 34 ans pourrait bénéficier d'un aménagement de peine et ne pas séjourner en prison. L'avocat du joueur, Me Olivier Martin, s'est dit "un peu sonné" mais a indiqué qu'il ne ferait probablement pas appel. "Nous sommes dans la droite ligne de ce qui se passe depuis le début de ce  dossier: on est dans la démesure", a-t-il lancé. Le parquet avait requis huit mois de prison avec sursis et 15.000 euros d'amende, une peine qui n'était visiblement pas suffisamment importante aux yeux du tribunal correctionnel de Paris. Le président du tribunal, Yves Madre, a expliqué que les juges ont pris "en compte le contexte et notamment les problèmes de violence dans les stades". A noter que les deux joueurs étaient absents lors de l'audience ce jeudi. Brandao doit en effet être opéré du tendon du quadriceps après une blessure.

La préméditation en question

Le 16 août dernier, juste après le match opposant le PSG à Bastia au Parc des Princes, Brandao avait attendu le joueur italien du PSG, Thiago Motta, dans le couloir menant aux vestiaires. Thiago Motta aurait selon son club, souffert d'"une fracture du nez non déplacée". "J'ai regretté tout de suite, a affirmé Brandao qui assure ne pas avoir prémédité son geste. Et c'est bien sur ce point que le bât blesse. Selon la représentante du ministère public, le caractère prémédité est avéré. "Il s'agit d'un comportement qui est pensé, qui est calculé, au-delà d'un comportement qui est simplement affligeant", précisant que la jurisprudence retenait la préméditation notamment lorsqu'il y avait eu menace peu avant.

"Il m'a bien dit qu'il m'attendrait"

Et s'il n'a pas porté plainte, Thiago Motta a bien déclaré que son adversaire l'avait prévenu. "Sur le terrain lors de notre échange, il m'a bien dit qu'il m'attendrait. J'étais loin d'imaginer qu'il le ferait vraiment", a soutenu le milieu de terrain parisien lors de son audition. "Maintenant, je veux présenter mes excuses. Je suis un joueur professionnel et je dois montrer l'exemple pour les enfants, les spectateurs, et tous ceux qui aiment le sport", avait-il déclaré dimanche sur Canal+. Le Brésilien naturalisé Français explique qu'il a été "insulté pendant tout le match" par Thiago Motta, connu pour son goût pour la provocation. "Je n'ai pas envie de répéter ses propos, parce que je l'ai dit à la Ligue et à la justice, a expliqué le Brésilien. Ce sont des mots très durs. C'est très blessant pour moi et pour ma famille." Déjà sanctionné la saison passée de trois matches de suspension pour un coup de coude sur un autre joueur du PSG, Yohan Cabaye, Brandao aura désormais du mal à se défaire de sa réputation sulfureuse.

Romain Bonte