Brandao-Germain, retours en grâce

Brandao-Germain, retours en grâce

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Blessé puis hors de forme pour l’un, cantonné au banc de touche pour l’autre, Brandao et Valère Germain ont connu une première partie de saison compliquée. Mais à l’aube du printemps, les deux attaquants reverdissent. Ils devraient se croiser ce samedi sur la pelouse de Geoffroy-Guichard, à l’occasion du choc de la 27e journée entre Saint-Etienne et Monaco (17h00).

Brandao, grande charpente brésilienne en fin de carrière. Valère Germain, jeune loup frêle à la découverte de l’élite (14 matches en Ligue 1). Sur le papier, tout les oppose. Et pourtant. Revenus sur le devant de la scène après cinq mois dans la nasse, loués par leurs entraîneurs respectifs et pugnaces, les deux hommes sont faits du même bois. "C’est un joueur d’expérience, un vrai compétiteur. Il a soif de vaincre et il est toujours là quand et où il faut, décrit Loïc Perrin, capitaine de l’Auriverde chez les Verts. C’est une locomotive sur le terrain." "Pendant six mois, il n’a pas joué mais il était très dur à l’entraînement. Il était triste et c’est normal mais il luttait toujours (…), lui répond Claudio Ranieri, entraîneur du Français, en échos. Maintenant il joue et je suis très satisfait parce qu’il joue pour l’équipe."

Essentiels la saison dernière

S’ils ont quasiment disparu des écrans radars de la fin de l’été à la trêve des confiseurs, Brandao et Germain ont été prépondérants dans le succès de leurs clubs la saison passée. Auteur de 14 réalisations en 35 matches sous les couleurs stéphanoises, dont le but victorieux en finale de Coupe de la Ligue, l’ancien attaquant de l’OM a permis aux Verts de retrouver la saveur d’un trophée. "Il y a des joueurs qui arrivent à se surpasser dans les grands rendez-vous et Brandao en fait partie", souligne son entraîneur Christophe Galtier. En Principauté, les 16 buts de l’avant-centre formé au club, ont été cruciaux pour remonter dans l’élite après deux ans au purgatoire. "Les six derniers mois ont été très compliqués. Quand on est joueur de foot et qu’on sort d’une belle saison, on a envie de jouer et c’est difficile d’être en tribunes, de ne pas entrer en jeu", témoigne le fils de l’ancien international Bruno Germain.

En durs au mal qu’ils sont, les deux hommes ont courbé l’échine durant la première moitié de l’exercice en cours. Pour mieux revenir début 2014. Depuis la 21e journée, ils ont tous deux scoré à trois reprises. "Il est important d’avoir un bon buteur pour être bien classé, juge le défenseur François Clerc. Brandao a marqué deux buts très importants lors des deux derniers matches." Ouverture du score contre Lille et à Bastia, égalisation dans les derniers instants face à Marseille, "La Brandade" a offert sept points à Sainté. Idem pour le Monégasque de 23 ans auteur du premier but des siens lors du déplacement à Lorient et des réceptions de l’OM et de Reims à Louis II. "J’essaye de tout donner, de marquer des points parce qu’il y a quand même pas mal de concurrence. Il ne faut pas se relâcher, explique le champion CFA 2008 avec la réserve de l’ASM. Je suis vraiment très heureux d’être revenu mais ce n’est que le début."

Brandao le guerrier, Germain le technique

Profitant des performances en dents de scie de son remplaçant Mevlut Erding, Brandao a récupéré sa place à la pointe de l’attaque des Verts. Pour Valère Germain, il a fallu attendre les blessures de Falcao et Martial pour avoir droit aux honneurs du 11 de départ en Ligue 1. "Homme de vestiaire" et "leader sur le terrain", dixit Galtier, "sous côté" d’après son ancien partenaire marseillais André Ayew, le premier est redevenu un atout majeur dans la course à la Ligue des champions. Quant au second, il a pour mission d’assurer l’intérim pendant que Berbatov se prépare et Falcao se répare. "Continuer à jouer, être le plus souvent titulaire jusqu’à la fin de la saison et essayer de marquer encore quatre ou cinq buts, ce serait bien", assure pourtant l’homme du Rocher, qui ne se voit pas comme un second couteau.

Similaires en de nombreux points, le Stéphanois et le Monégasque, à l’image de leurs équipes respectives, n’évoluent pas dans la même sphère. Au Brésilien, point de fixation devant et guerrier dans l’âme s’oppose le Français, amateur de jeu à terre et de une-deux.  "Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse", rétorqueraient en chœurs les supporters des Verts, 4e à un point du podium. Samedi soir, Geoffroy-Guichard sera exalté par celle des grands sommets. L’occasion pour Brandao et Germain de poursuivre leur ascension.

Jerome Carrere