Maurice-Belay (Bordeaux) face à Landreau (Lille)
Maurice-Belay (Bordeaux) face à Landreau (Lille) | DENIS CHARLET / AFP

Bordeaux s'impose à Lille 5-4

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Match exceptionnel à Lille où Bordeaux s'est imposé 5-4 grâce à un but d'Obraniak dans les arrêts de jeu. Lille venait pourtant de remonter trois buts dans la dernière demi-heure. L'équipe de Gillot confirme sa remontée vers le haut, juste derrière St-Etienne, vainqueur 1-0 à Toulouse. Les Dogues font grise mine alors qu'ils pouvaient faire un break pour la 3e place de la Ligue 1. Devant, Montpellier et Paris, auteur d'un 0-0 à Nice, peuvent dormir tranquille.

Le bon coup des Verts
Toulouse et Saint-Etienne. Des quasi-jumeaux au classement et dans ce match frigorifiant jusqu'à la pause. Mais la volonté des Stéphanois a fini par payer alors que les Toulousains avaient eu les actions les plus chaudes. Sur un contre, c'est le revenant Pierre-Emerick Aubameyang qui a marqué le seul but du match. Malgré trois défenseurs face à lui, le Gabonais a réussi à lober Ahamada et mis son 9e but de la saison, tous inscris à l'extérieur (71e). Si le TFC aurait pu égaliser par Didot, l'ASSE était proche du KO avec Sako et Nicolita. Avec ce succès au Stadium, les Verts sont 7e et ont toujours un match à rejouer contre Lorient.

20 pts sur 27 possible, il ne fait pas bon se trouver sur la route des Girondins en ce moment. Au bout de deux minutes, Lille avait compris l'étendue du problème en voyant Maurice-Belay ouvrir le score après une première tentative d'Obraniak (2e). Les Nordistes étaient toutefois coupables d'une passivité étonnante en défense. Et ils allaient rester naïfs jusqu'au bout. Si Rozehnal avait provisoirement remis son équipe dans le coup sur corner (1-1, 8e), c'est bien Bordeaux qui faisait forte impression. Dans son ancien jardin, Ludovic Obraniak donnait du grain à moudre à Rudy Garcia. Il voulait du temps de jeu. Il avait des caviars en plus. Servi par Gouffran, le néo-bordelais redonnait l'avantage aux siens (1-2, 17e). Après deux avertissements très sérieux (38e et 46e), Maurice-Belay donnait lui le tournis aux Doguse en laissant sur place Rozehnal et Pedretti pour aller inscrire très tranquillement le 3e but des Girondins (1-3, 50e). Puis Gouffran creusait l'écart en étant à la conclusion d'un festival de Plasil et d'une passe en retrait impeccable (1-4, 60e).

Obraniak crucifie le Losc

Lille avait trente minutes pour réagir, ou ne pas sombrer davantage. Sur un coup franc magistral, Hazard remettait son équipe dans le bon sens (2-4, 65e). Une étincelle pour ranimer le Losc champion de France. Il y avait bien le feu quand Debuchy jouait les Messi sur un contrôle parfait et frappe limpide dans le petit filet (3-4, 75e). Euphorique, Lille profitait du repli bordelais pour enfoncer le clou. Roux finissait par égaliser après un beau mouvement (4-4, 90e). Mais alors qu'on voyait les locaux réussir un incroyable retournement de situation, Bordeaux avait le dernier mot d'une reprise du gauche d'Obraniak (4-5, 90e+2). Complètement fou. Et voilà les Girondins à 6 pts de la 3e place. Qui l'eut cru !

Paris marque le pas

0-0. Deux points de perdu à Nice, les premiers de l'ère Carlo Ancelotti. Dans son match à distance avec Montpellier, le PSG cède donc du terrain et n'aura qu'un petit point d'avance avant le choc de dimanche prochain. Bien entendu, il y avait mieux à faire si Paris avait mieux négocié ses contres, notamment par Nene et Menez. Mais Nice a lui aussi eu sa chance dans ce match et il a fallu un grand Sirigu pour préserver ce score vierge. On était loin du festival bordelais dans le Nord mais dans un stade qui réussit peu aux Parisiens, il faut savoir faire le dos rond.

Réactions

Carlo Ancelotti (entraîneur du PSG): "On voulait gagner ce match. Nous avons rencontré des difficultés. Sur la fin, nous avons trois ou quatre opportunités pour arracher la victoire. Le résultat est quand même bon, on ne peut pas gagner tous les matches. Nous avons produit un bon football avec de l'intensité. Nice a bien résisté, avec un bon milieu de terrain. Le résultat est logique. Ce point nous permet de reprendre la tête. La semaine à venir va être importante avec un match de Coupe en semaine et le match contre Montpellier le week-end prochain.

René Marsiglia (entraîneur de Nice): "Un bon point dans plein de domaines. Il fallait se rassurer après notre prestation à Ajaccio. On a osé et on a mis Paris en danger même si nous avons eu un peu peur sur la fin. Dans notre situation, ce résultat devant une grande équipe parisienne constitue une immense satisfaction. Nous sommes fiers de ce que nous avons réussi à faire, de la débauche d'énergie collective et de l'état d'esprit développé pour enlever ce point. Et nous avons retrouvé notre solidité défensive."

Mathieu Debuchy (défenseur de Lille): "On va continuer à travailler à l'entraînement. Cela nous fait mal mais il faut relever la tête, il reste encore pas mal de matches. On prend deux buts qu'on doit éviter. Le match commence mal. On savait que cela allait être difficile. En perdant largement comme ça (1-4), on avait envie de revenir. C'est ce qu'on a réussi à faire. Malheureusement, après on a voulu marquer ce 5e but et pour finir on l'a pris. C'est comme ça, il y a des matches fous, il y a des erreurs individuelles. Cà fait partie du jeu. Il ne faut pas tout remettre en question non plus parce qu'on a pris beaucoup de buts. Il y a des erreurs individuelles qu'on doit gommer."

Ludovic Obraniak (milieu de terrain de Bordeaux): "Ce groupe a de la ressource. Au moment où on aurait pu s'effondrer, on a réussi à sortir la tête de l'eau et à remporter cette victoire ô combien importante pour nous, qui permet de regarder un peu plus vers le haut. Si on arrive à enchaîner par un bon résultat samedi contre Lyon, on a de vraies chances de recoller au peloton de tête et ça c'est un vrai challenge pour la suite du Championnat. Dans mes rêves j'avais pensé que cela aurait pu arriver (libérer Bordeaux contre Lille). La réalité pouvait être tout autre. C'est toujours compliqué de jouer contre son ancienne équipe, notamment un club dans lequel j'ai vécu tellement de choses, tellement de bonheurs. Six ans, c'est long dans un club. Et en face j'ai des amis. J'ai essayé d'aborder le match en faisant abstraction de tout ça. J'avais à coeur de me défoncer pour ma nouvelle équipe. J'aurais été irrespectueux de faire quoi que ce soit (après ses deux buts). J'espère que j'ai été sobre même si ça bouillait à l'intérieur. Je tenais à remercier les gens pour leur accueil. Avant tout je voulais prendre du plaisir, je n'ai rien à prouver à mon sélectionneur polonais, ni à qui que ce soit. J'ai des choses à me prouver à moi-même avant tout. Je voulais simplement retrouver le plaisir de jouer. La concurrence fait partie du jeu mais à Lille ça devenait trop. Je n'ai donné ma parole à personne (à propos de la polémique entourant sa participation face à son ancien club). Je suis content d'avoir fait un bon match mais ça m'embête de l'avoir fait contre Lille."

Christophe Galtier (entraîneur de Saint-Etienne): "C'est une très bonne opération comptable face à un concurrent direct. Les conditions n'étaient pas faciles mais nous avons réussi à faire déjouer une équipe qui est très à l'aise à domicile. Nous avons eu une bonne utilisation du ballon même si Toulouse a eu la maîtrise. Ce n'est pas facile de s'imposer à Toulouse, qui est une des meilleures équipes de L1 chez elle. C'est un très bon résultat et il sera excellent si nous parvenons à le faire fructifier lors de nos prochains matches face à Rennes et Lorient. Si nous voulons rester accrochés au bon wagon il faudra prendre des points lors de ces matches-là".

Alain Casanova (entraîneur de Toulouse): "On a fait une bonne première mi-temps, dans le jeu et les intentions. Sur une des rares occasions stéphanoises, on vient à être mené. On commet des erreurs qu'on paie cash et on manque encore de réussite. Il nous faut encore plus nous engager vers le but. Cela va venir. Face à un concurrent direct, c'est un tournant. Ils (les Stéphanois, ndlr) ont pris un avantage sur nous, mais il reste encore des matches. S'il y a de la bonne volonté et un bon esprit, c'est encore insuffisant. Il va falloir continuer à travailler et tout mettre en oeuvre pour se rapprocher de la tête. Il faut être réaliste et objectif, il y a encore des motifs de satisaction pour de futures bonnes choses".

Xavier Richard @littletwitman