Willy Sagnol, Bordeaux
L'entraîneur des Girondins de Bordeaux Willy Sagnol | NICOLAS TUCAT / AFP

Bordeaux: La révolution Willy Sagnol

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En visite à Reims en ouverture de la 9e journée de Ligue 1, les Girondins de Bordeaux se présentent à Auguste-Delaune dans la peau du dauphin de l'OM (20h45). Après une saison difficile, le club au scapulaire a retrouvé les sommets grâce à Willy Sagnol. Arrivé sur le banc cet été, l'ancien international français a renouvelé l'effectif a bon escient et mis en place un jeu ambitieux auquel adhèrent les joueurs.

Avec Willy Sagnol, Bordeaux a fait sa mue. Quand Marcelo Bielsa fait du neuf avec du vieux à l’Est, le nouvel entraîneur des Girondins a tout changé ou presque à l’Ouest. Orban, N’Guemo et Henrique, titulaires indiscutables sous l’ère Gillot, ont quitté le Haillan. Chalmé et Bellion, derniers rescapés du titre de 2009, ont suivi le même chemin. Pour les remplacer, le club au scapulaire a misé sur les jeunes Contento, Ilori (prêté) et Khazri ainsi que sur Pallois, un quasi-novice en Ligue 1. Pour récupérer les deux premiers, venus du Bayern Munich et de Liverpool, Sagnol a activé ses réseaux.

Les jeunes au coeur du projet

Quant au reste de l’effectif, l’ancien défenseur international l’a modelé grâce aux retours de prêts et au riche centre de formation bordelais. Capitaine des lauréats de la Gambardella il y a deux ans, Younes Kaabouni, 19 ans, était entré en jeu quatre fois l’an dernier. Depuis août, il a déjà joué six matches. Et l’ex-sélectionneur des Bleuets n’hésite pas à lui laisser les clés du jeu. Une confiance qu’il n’a pas encore transformée en statistiques, contrairement à son collègue Thomas Touré. Convoqué par Gillot sans entrer en jeu la saison passée, le natif s’est illustré dès sa deuxième apparition avec les pro. Malgré la défaite à Guingamp, il donné une passe décisive à Diabaté.

Une réussite qui n’est pas restée sans lendemain. Le week-end dernier contre Rennes, Khazri a profité d’un petit festival de son partenaire pour ouvrir le score (1-0). Puis Touré, s’est lui-même chargé d’offrir la victoire aux siens d’une frappe enroulée splendide et instinctive dans la lucarne de Costil. "Nous avons des jeunes joueurs de qualité au club et ils doivent avoir leur chance. En France c'est curieux, on dirait qu'avant vingt-sept ans on est trop jeune ! Or si on veut qu'ils progressent, ils doivent être sur le terrain", pense le président Jean-Louis Triaud. Une opinion partagée par son nouvel entraîneur. Quand Francis Gillot avait lancé de jeunes joueurs dans le grand bain avec parcimonie, Willy Sagnol n’hésite pas à leur octroyer une place importante dans son effectif.

Choix gagnants et tactique payante

Dans l’équipe-type Wahbi Khazri a 23 ans, Diego Rolan 21. Perdu lors de son arrivée en Gironde, l’Uruguayen a trouvé sa route et par la même occasion celle du but (4 réalisations en 8 matches). Plus bas sur le terrain, l’efficacité est également au rendez-vous. Tout comme les paris gagnants. Grand espoir du Bayern où il a débuté sa carrière en 2009, Diego Contento était barré par Alaba et Bernat en Bavière. Installé sur le côté gauche de la défense, il s’est déjà imposé à Bordeaux. Idem pour Nicolas Pallois. Le défenseur central n’avait disputé que 11 matches de Ligue 1 avant de naviguer en Ligue 2. A 27 ans, il signe un retour gagnant dans l’élite. Pour sa première expérience à la tête d’un club, Willy Sagnol a fait des choix. Ils sont pour le moment couronnés de succès, à l’image de la titularisation de Tiago Ilori.

Son capitaine Lamine Sané blessé, celui que les Allemands surnommaient "Flankengott" (Dieu des centres) pour son pied droit soyeux a envoyé le novice Tiago Ilori au feu plutôt que le vieillissant Marc Planus. Depuis trois matches, le Portugais de 21 ans tient la barraque. "Je l’ai déjà dit à son arrivée. On sait tous qu’il peut devenir un cadre de l’équipe", assurait l’entraîneur bordelais après la prestation de son protégé contre Saint-Etienne la semaine dernière. Sagnol entraîne comme il conçoit le football : en prenant des initiatives et des risques pour prendre le pas sur son adversaire. Dauphin de l’OM après huit journées, les Girondins de Bordeaux ne peuvent que s’en féliciter.

Jerome Carrere