Laurent Blanc
Laurent Blanc, le sélectionneur de l'équipe de France | AFP - BERTRAND GUAY

Blanc, éternelle roue de secours

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Après avoir contacté près d'une dizaine de techniciens, le PSG a jeté son dévolu sur Laurent Blanc. Entraîneur apprécié pour ses convictions de beau jeu, il n'est donc qu'une lointaine roue de secours pour les dirigeants qataris, bien loin derrière Ancelotti, Wenger, Benitez, Capello, Villas-Boas, Laudrup... Et ce n'est pas la première fois que l'ancien libéro de l'équipe de France se trouve dans cette situation.

Laurent Blanc est-il vraiment un bon entraîneur ? La question pourrait paraître incongrue, mais les dirigeants ne semblent pas enclin à lui confier les rênes de leur équipe au premier abord. Sa nomination au PSG en est l'exemple le plus criant. Sans avoir pu convaincre Ancelotti de rester, les dirigeants qataris ont tout tenté: Mourinho, Wenger, Benitez, Pellegrini, Mancini, Hiddink, Laudrup, Villas-Boas, Capello, Rijkaard, tous ces grands techniciens ont été à un moment sur leurs tablettes. Mais aucun n'est venu. la situation commençait à faire jaser dans le milieu, les pétrodollars, la Ligue des Champions et le projet de QSI n'atteignant pas au coeur ces entraîneurs de renom. Finalement, c'est donc Laurent Blanc qui va prendre place sur le banc. Et depuis ses débuts dans ce nouveau métier, l'homme aux 97 sélections en équipe de France se trouve souvent dans cette position de roue de secours.

Bordeaux surprend en le prenant

Alors que certains exercent sans avoir de diplôme adéquat, le natif d'Alès a tout fait dans l'ordre, mais a dû patienter pour faire ses premiers pas. Diplômé, Marseille et Montpellier ne lui avait pas donné sa chance, et c'est Bordeaux, à la recherche d'un successeur à Ricardo, lui ont mis le pied à l'étrier. A la surprise générale. Les résultats (2e de L1 la première saison, champion la 2e, 6e la troisième), le jeu résolument offensif développé par sa formation, tout a donné raison aux dirigeants girondins.

A tel point que la Fédération française s'est mise sur les rangs pour lui offrir la succession de Raymond Domenech en sélection. Mais il n'était pas seul, puisque son copain Didier Deschamps, sous contrat avec l'OM, était une piste très privilégiée. L'ancien Nantais semblait même la solution préférée (l'avenir l'a confirmé depuis), mais le titre de champion de Marseille, la qualification pour la Ligue des Champions et les moyens financiers mis à sa disposition, ont incité "Dédé" à décliner. C'est donc Blanc qui a pris le costume de sélectionneur. 

Garcia le devance à la Roma

Deux ans après, la France, éliminée par l'Espagne en quarts de finale de l'Euro, perd son sélectionneur dont les relations avec son président, Noël Le Graët, n'étaient pas au beau fixe. L'affaire des quotas, le comportement de quelques joueurs dans cette compétition (Nasri, M'Vila...) ont jeté une ombre sur son passage à la tête de l'équipe nationale, et certainement contribué à son départ volontaire.

Revenu sur le marché depuis le mois de juillet 2012, Laurent Blanc n'a pas repris du service. Souvent annoncé dans des clubs, jamais nommé. Dernier en date: l'AS Roma. Présenté comme le favori pour reprendre un club ayant fini à la 6e place du dernier championnat, c'est finalement Rudi Garcia, qui officiait à Lille, qui a remporté les suffrages. Le Cévenol était donc toujours sur une voie de garage, et à dix jours de la reprise de l'entraînement, le PSG ne pouvait plus se permettre d'attendre. Avec son adjoint Jean-Louis Gasset, il va prendre la suite d'un monstre (Ancelotti) et devoir gérer d'énormes égos (Ibrahimovic notamment) et un groupe qui a loué jusqu'au dernier moment les qualités de l'Italien. Le tout avec l'image d'un homme qui n'était pas le premier choix des dirigeants...