Bielsa : "Personne ne souffre autant que moi"

Bielsa : "Personne ne souffre autant que moi"

Publié le , modifié le

"Je suis sûr que personne ne souffre autant que moi de cette situation": Marcelo Bielsa, l'entraîneur de Lille, avant-dernier de L1 avant de recevoir Marseille dimanche, a avoué vendredi mal vivre le mauvais début de saison du Losc. Le technicien argentin a par ailleurs affirmé que cette rencontre face à l'OM, son ancien club où il reste adulé par les fans, n'était "pas un match particulier" pour lui.

Ce match contre l'OM est-il particulier pour vous et avez-vous gardé contact avec des joueurs marseillais ?
Marcelo Bielsa : "Non. Ce n'est pas un match particulier, c'est un match décisif comme tous ceux que nous jouerons à partir de maintenant. Pour ce qui est des contacts, c'est de l'ordre du privé. Le respect que j'ai pour les joueurs de Marseille n'est pas lié à la joie ou la tristesse et j'exprime ce respect en toute circonstance."

Que retenez-vous de la difficile qualification contre Valenciennes mercredi en Coupe de la Ligue ?
MB
: "Ne pas s'être qualifié aurait augmenté notre déception et la qualification peut donc permettre de stimuler le groupe. Nous avons mieux attaqué, on s'est créé plus d'occasions franches, nous avons essayé de jouer un football plus direct, moins élaboré."

La presse a évoqué une réunion mardi entre vous et les joueurs au cours de laquelle ces derniers se seraient plaints de ne pas évoluer à leur poste. Que s'est-il vraiment passé ?
MB
: "Je vous assure que ce n'est pas vrai. Je connais l'origine, je connais l'intention et je connais la portée d'avoir transmis à la presse une information erronée et je considère que je dois m'en tenir à ces propos. Je veux me concentrer et dédier tous mes efforts au match de dimanche. Dévier l'attention sur autre chose que ce match si important n'est pas souhaitable."

Pensez-vous vos joueurs capables de battre une équipe meilleure que vous alors qu'ils n'arrivent pas à gagner contre des équipes supposées inférieures ?
MB
: "Je comprends votre logique mais le football est le sport le plus populaire au monde car ce n'est pas toujours le plus fort qui gagne. De la même façon que nous n'avons pas réussi à gagner face à des adversaires supposés inférieurs, nous pouvons inverser cette équation. Les joueurs ont envie de relever le défi et sont optimistes, comme avant chaque match."

Vous sentez-vous menacé ?
MB
: "Les résultats pèsent à l'heure d'émettre un jugement sur un entraîneur. Je ne peux pas ne pas ressentir d'instabilité car ça serait un acte d'omnipotence et inapproprié. J'ai reçu et je reçois des humiliations constantes qui exigent de l'humilité. Ce mépris vis à vis de mes capacités est lié au manque de résultat. Et comme c'est parfaitement logique et compréhensible, cela crée de l'instabilité. Je n'ai pas besoin qu'on me le dise clairement car tous les indicateurs parlent d'eux-mêmes."

De quelles humiliations parlez-vous ?
MB: "Je n'ai pas d'exemple à donner car ils sont à votre portée. Je ne veux évoquer aucun thème qui génèrerait une polémique et qui m'éloignerait du thème du match de dimanche qui est ma priorité maximale. J'insiste, j'ai toujours assumé la responsabilité et les conséquences de la situation de l'équipe. Je suis sûr que personne ne souffre autant que moi de cette situation et j'inclus tout le monde. Et les expressions de ma souffrance ont été utilisées pour me ridiculiser. Mais les sentiments postérieurs aux matches, je les neutralise pour pouvoir proposer des solutions à nos problèmes."

AFP