Bernardo Silva
Bernardo Silva a montré la voie aux Monégasques face à Nice samedi dernier | SEBASTIEN NOGIER/EPA/MAXPPP

Bernardo Silva, le nouveau métronome de l’AS Monaco

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Une qualification pour les barrages de C1, un but décisif face à Nice et une prolongation de contrat : en moins de dix jours, Bernardo Silva (21 ans) peut déjà se targuer d’avoir réussi son début de saison à l’ASM. Le milieu de terrain portugais, brillant à l’Euro Espoirs cet été, se présente comme l’une des nouvelles attractions du Championnat. Au stade Louis II, où Monaco accueille Lille ce vendredi (20h30), on le présente comme le digne héritier de James Rodriguez.

Il était arrivé dans la Principauté en août 2014, sur la pointe des pieds. L’AS Monaco souffrait alors d’une violente gueule de bois consécutive aux départs simultanés de Falcao (vers Manchester United) et de James Rodriguez (vers le Real Madrid). Dans un tel contexte, le public monégasque avait bien du mal à se rassurer en apprenant le prêt du tout jeune Bernardo Silva, tout juste 20 ans et qui venait d’être élu révélation de la D2 portugaise avec la réserve de Benfica. Quelques mois auront pourtant suffi au Portugais pour, à défaut de faire oublier les deux superstars qui ont depuis connu des fortunes très diverses, devenir un vrai motif de satisfaction sur le Rocher.

Titularisé à 25 reprises en 32 matches de L1, la pépite dénichée par Leonardo Jardim a terminé l’exercice 2014-2015 en force. Peu utilisé en Ligue des champions, il a en revanche été impeccable en Championnat : 9 buts, 3 passes et de vraies fulgurances dans un rôle de créateur où il se montre plus à l’aise après chaque rencontre. L’ASM n’avait pas traîné pour lever l’option d’achat (15,75 millions d’euros), et ne regrette visiblement pas de l’avoir fait : lundi, le jour de ses 21 ans, le joueur a été prolongé jusqu’en 2020. Deux jours plus tôt, lors de la première journée de L1, il avait marqué le premier but monégasque de la saison, son entrée ayant permis de faire, de l’avis de Jardim, "une grande deuxième mi-temps". "Il a encore démontré ce week-end son tempérament, ses qualités techniques, et incarne parfaitement le projet du club tourné vers les jeunes joueurs à fort potentiel", loue Vadim Vasilyev, vice-président du club.

"Messizinho"

En arrivant en Principauté, Bernardo Silva espérait découvrir le haut niveau, lui qui n’avait jamais eu sa chance en équipe première du Benfica. En devenant l’un des hommes forts du club, il a sauté les étapes. Les dirigeants monégasques ne s’étaient pas trompés sur les signes avant-coureurs qui les avaient incités à se pencher sur le jeune espoir : malin, technique, exceptionnel dans sa conduite de balle avec une grande qualité contrôle et de passe, à l’aise sur les ailes comme dans l’axe. "Dans le futur, il pourrait être notre numéro 10 axial mais il lui manque encore la qualité de décision nécessaire", estime Leonardo Jardim.

Cet été, le milieu de terrain a donné tort à son entraîneur. Avec l’équipe espoir du Portugal, Bernardo Silva a plané sur le championnat d’Europe. Elu dans l’équipe-type, il a été désigné par Goal comme le meilleur joueur du tournoi, où il a réussi 90,1% de ses passes. Impressionnant, pour un joueur qui se projette constamment vers l’avant, cherchant sans cesse le moindre espace, la moindre faille. Une qualité qui lui a permis de remettre l’ASM sur les bons rails, samedi dernier à Nice. Impressionnant de maturité, dans sa technique et son placement, il confirmait sa belle intégration dans le groupe, facilitée certes par la flopée de partenaires lusitaniens qui l’entourent : Joao Moutinho, Ricardo Carvalho, ou encore le directeur technique du club, Luis Campos. Le nouveau-venu de l'été, Ivan Cavaleiro, avait même été son coéquipier dans la réserve du Benfica. Les deux hommes s'y étaient révélés sous les ordres de l’ancien international Fernando Chalana. Ce dernier aimait comparer Bernardo Silva à l'ancien milanais Rui Costa. Mais il l’avait affublé d’un surnom encore plus prometteur. "Messizinho".