Benjamin Lecomte
Benjamin Lecomte, dernier rampart du FC Lorient. | Jean-Sébastien Evrard - AFP

Benjamin Lecomte (FC Lorient) : "Plus de sérénité"

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Dans le but d'une équipe du FC Lorient séduisante cette saison, Benjamin Lecomte confirme, à 24 ans, qu'il est l'un des grands espoirs chez les gardiens français. Ce samedi soir au Moustoir (20h), les Merlus partent favoris contre la lanterne rouge, Troyes. Une occasion en or pour intégrer le haut du tableau pour les Morbihannais. Le jeune portier évoque les nouvelles ambitions de son équipe, son respect pour Paris, son admiration pour Grégory Coupet, son bac ES, mais aussi son amour de New York.

08Au tiers du championnat, quelle note attribuez-vous à votre équipe ?

Benjamin Lecomte : Je dirais bien sept sur dix ! Parce que, ce qu'on fait, c'est quand même pas mal. Au niveau du classement, on est dans la première partie. Et, ça, c'est très important, surtout avec ce que l'on a vécu la saison dernière. J'aurais pu mettre plus si on était plus costauds défensivement. On encaisse des buts à chaque match et c'est dangereux. A un moment donné, on risque d'être moins réalistes sur le plan offensif et on peut se louper à cause de ce problème récurrent. L'équipe a eu du mal à se lancer, mais on s'est bien repris. Depuis un bon mois et demi, on enchaîne les bonnes prestations. Il ne faut surtout pas se contenter de ça et chercher encore à aller plus loin.

Pourquoi avez-vous lâché quelques points à votre portée sur certains matches?

B.L. : C'est certainement un problème de concentration. Il y a eu aussi de la malchance, avec des faits de jeu qui ne nous étaient pas favorables. Cependant, comparé encore une fois à la saison passée, on a quand même moins vendangé. Désormais, on parvient à rester solides. Même à être menés et revenir. Voire de gagner les matches. Chose que l'on n'arrivait pas du tout à réaliser l'année dernière. On a bénéficié d'une grosse progression par rapport à tout ça.

Huitième au classement, que manque-t-il encore à Lorient pour basculer dans le premier quart du tableau ?

B.L. : Ce qui nous manque, c'est d'enchaîner les victoires ! On réussit quelques petites séries de succès qui ne sont certainement pas assez longues. Après, on parvient au moins à accrocher les matches nuls. Ce qui nous permet d'avancer, mais il y a des points qu'on abandonne forcément dans ces rencontres-là. Après, pour basculer du bon côté, ça commence dès samedi (aujourd'hui, ndlr) face à Troyes. En cas de victoire, je pense qu'on rejoindrait la partie supérieure du championnat.

Ce match contre Troyes, dernier au classement, n'a-t-il pas le profil du match piège par excellence ?

B.L. : Oui et non... Oui, parce que, forcément, on n'a pas envie d'être l'équipe qui relance Troyes qui ne compte toujours pas de victoire cette saison. Après, un piège, non...On joue chez nous et, sur notre terrain, on est quand même performants depuis un bon moment. Il faut continuer de s'accrocher à ça. Il faut faire en sorte d'engranger au maximum de points à domicile pour, justement, rester dans la première moitié du tableau.

Dans le vestiaire, entre vous, évoquez-vous une ambition particulière cette saison ?

B.L. : Sincèrement, l'ambition particulière, c'est le maintien. Plus vite on l'obtiendra, plus vite on pourra se projeter vers d'autres objectifs en fin de saison. Après, très honnêtement, on ne se focalise pas sur un point en particulier. On sent tous qu'on a envie, collectivement, de faire du mieux possible, de prendre des points à chaque rencontre et de continuer à avancer. On verra bien jusqu'où on est capables d'aller. C'est ce qui fait aussi notre force : on n'est pas du tout rassasiés de ce que l'on produit en ce moment. Avec ce que l'on a enduré l'an passé, on a envie de montrer que c'était juste une année de transition, d'adaptation. Le club est parvenu à se maintenir. Aujourd'hui, on a à coeur de faire une bonne saison. Et ça passera par ce match de ce week-end qui est très important.

"Nous avions le couteau sous la gorge"

A titre personnel, c'est votre deuxième saison comme titulaire dans le but, est-ce plus délicat que la première où il y avait peut-être plus d'insouciance ?

B.L. : Non, non, ce n'est pas plus délicat ! Parce qu'on est mieux classés. Les contenus de nos matches ne sont pas les mêmes. La saison passée, à chaque rencontre, nous avions le couteau sous la gorge. C'était quand même plus compliqué. Cette année, c'est différent, avec plus de sérénité. Il faut être plus présents, pour permettre à l'équipe de prendre le maximum de points. Mais l'obligation de résultats n'est pas la même. Là, c'est pour continuer d'avancer et de franchir des paliers. Que ce soit individuellement ou collectivement, c'est essentiel d'être au top car on aimerait réaliser tous ensemble un parcours plutôt sympa.

Parisien d'origine, le PSG vous faisait-il rêver plus jeune ?

B.L. : Quand j'étais petit, ce n'était pas spécialement les plus belles années du PSG ! Je suivais les résultats parce que c'était Paris et que, naturellement, ça me tenait à coeur. Mais je suivais plutôt l'Olympique Lyonnais, car j'étais un adepte de Grégory Coupet. En plus, Lyon cartonnait à cette époque. C'est plus facile de supporter les équipes qui gagnent (sourire). Maintenant, Paris domine le championnat et il y a logiquement un engouement particulier autour de ce club. On les joue bientôt (le 21 novembre, ndlr), ce sera forcément un match de gala. Cela reste le plus gros rendez-vous de la saison. On sait que le Moustoir sera plein. C'est bien pour nous, on pourra s'échelonner par rapport à toutes ces stars. C'est génial aussi pour nos supporters. Mais on ne va les regarder jouer et on compte bien prendre des points, même contre ce PSG.

En tant qu'amoureux de New York, envisagez-vous une fin de carrière en Major League Soccer ?

B.L. : Carrément ! (sourire)... En particulier à New York, parce que je m'y rends régulièrement et que j'ai de bons amis là-bas. Ce serait formidable, dans un cadre de vie qui me plaît, d'aller pouvoir jouer là-bas. Est-ce que l'opportunité se présentera ? Je n'en sais rien, mais ce serait plutôt cool.

"Décrocher des records plus flatteurs !"

Avec un bac ES brillamment obtenu, si vous n'aviez pas été footballeur professionnel, dans quel domaine auriez-vous souhaité vous orienter ?

B.L. : Je n'en ai aucune idée, sincèrement... La priorité était d'avoir le bac, surtout pour ma maman, parce qu'elle y tenait énormément. Moi, j'étais vraiment porté sur le foot. Je ne voulais pas me projeter sur autre chose, c'est trop compliqué de mener deux objectifs de front. Pour l'avenir, je ne me pose pas de questions... Je n'y ai pas réfléchi posément. Même si ça va arriver vite, j'ai encore du temps pour rebondir. Pour l'instant, j'essaie de me concentrer sur ce que je sais faire, en essayant de l'accomplir le mieux possible pour que ça dure. Plus je grandirai, plus j'avancerai dans la vie, plus j'y verrai clair sur d'éventuelles opportunités d'après-carrière. Mais, là, je suis focalisé sur ce que je fais, parce que je débute !

Avez-vous l'intention de battre votre record ?

B.L. : Lequel ?...

Celui de l'expulsion la plus rapide (après seulement 40 secondes de jeu, contre Saint-Etienne, le 23 août, ndlr) ?

B.L. : (Rires)... Bah, c'est vrai que, pour l'instant, au niveau des records, entre ce carton rouge et le but encaissé le week-end dernier contre Guingamp (but de Jimmy Briand, après seulement 19 secondes jeu, ndlr), je suis pas mal ! Ce serait quand même bien pour moi, mais aussi pour le groupe, que je décroche des records un peu plus flatteurs. Tout de même, la saison passée, j'ai obtenu le record d'arrêts pour un gardien en Ligue 1, ça sauve la mise.

Nicolas Gettliffe