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Ben Arfa ne veut plus rester à l'OM | AFP- GERARD JULIEN

Ben Arfa: "Les dirigeants se foutent de moi"

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Au lendemain de la défaite de l'OM à Valenciennes (2-3), le ciel est de nouveau tombé sur les têtes marseillaises. Dans un long entretien accordé au journal l'Equipe, Hatem Ben Arfa se dit prêt à ne plus jouer de la saison et même à mettre sa carrière ente parenthèses si son club ne le laisse pas partir à Newcastle. Le bras de fer est devenu inéluctable.

Hatem Ben Arfa sera-t-il l'un des plus jeunes retraités de France? C'est en tout cas les menaces qu'il profère, à 23 ans, à l'encontre de son club et du football français dans les colonnes du quotidien L'Equipe de dimanche. "C'est parce que mes dirigeants se foutent de ma gueule qu'aujourd'hui je vous annonce que je suis prêt à mettre ma carrière entre parenthèses s'ils n'acceptent pas la proposition de Newcastle comme c'était prévu au départ", déclare-t-il avant d'ajouter d'entrée de jeu: "L'OM voulait un prêt. Que l'OM ne revienne pas là-dessus. Sinon, on ira loin." Le clash est donc devenu inévitable et le bras de fer, la seule issue possible dans le conflit qui oppose le joueur à son employeur.

Désireux de rejoindre l'Angleterre, Ben Arfa ne s'était pas présenté l'entraînement cette semaine et a donc été exclu du groupe qui s'est incliné à Valenciennes samedi."Je ne retournerai plus à la Commanderie. C’est fini, ajoute l'International français qui rappelle que tout devait être réglé mardi dernier et qu'il avait même vidé son casier. Je suis prêt à ne plus jouer de la saison. Je ne suis pas un bouche-trou. Je ne suis pas de la merde". Selon lui, l'OM ne tient pas ses promesses. "Newcastle s'est engagé à répondre favorablement à ce que demandait Marseille à l'origine, un prêt avec option d'achat", souligne l'ancien Lyonnais qui explique cependant qu'il ne voulait pas partir en début de saison. "A la base, je ne voulais pas partir. A l'issue du premier stage en Bretagne, le coach (...) m'a fait comprendre qu'il ne souhaitait pas me conserver. Dans ma tête, tout était clair et net: je partais". Il dit ne pas apprécier la façon dont il a été traité: "J'étais indésirable il y a trois semaines, et je suis indispensable maintenant? Je ne suis pas une marionnette."

Dassier n'assume pas

Pour ses "adieux" à l'OM, le joueur n'épargne personne. En tête d'affiche de ses critiques: Jean-Claude Dassier. "Je crois qu'il a du mal à assumer, lâche-t-il. J'ai essayé de le mettre face à ses responsabilités. J'ai ressenti quelqu'un de fermé." Didier Deschamps est également dans le viseur du déserteur phocéen. "Je n'ai plus envie de travailler avec ce coach, lâche sans détour Ben Arfa. Je ne sens pas de sincérité chez lui. Le courant ne passe pas." Et les deux hommes ont joué à "je t'aime, moi non plus" depuis un an et l'arrivée de l'ancien champion du monde à Marseille. Seuls épargnés par les critiques, Pape Diouf qui "un président fort (qui) m'aurait dit oui ou non dès le départ" et "savait gérer ses hommes", ainsi que Jose Anigo qui "a des valeurs".

Le salut de son âme se trouve donc, selon lui, outre-Manche, chez les Magpies où il connaîtra son sixième entraîneur à 23 ans. "Je sais ce que le coach (ndlr: Chris Hughton) pense de moi. Il a compris qui j'étais, quel joueur j'étais", déclare le milieu des Bleus. Mais après Houllier, Le Guen, Perrin, Gerets et Deschamps, c'est un entraîneur inexpérimenté, en place depuis novembre 2009, qui va devoir gérer le cas Ben Arfa. "J'ai l'impression de ne pas avancer. Je sais que je dois être plus régulier. J'ai besoin de confiance pour le devenir" prédit-il. Un sacré challenge pour lui et son nouveau club.


Dans l'entretien, Ben Arfa parle de "fierté", de "dignité" ou encore de "paix avec moi-même" ou encore "d'injustice" pour justifier sa position. "J'irai au bout de ma démarche. Quelles qu'en soient les conséquences, je suis prêt au pire", promet-il. Une attitude qui n'est, malgré son jeune âge, pas la première. Pour quitter l'OL, son club formateur, afin de rallier la Canebière il y a deux ans, il avait déjà employé la même stratégie, menaçant d'arrêter le football si Lyon ne le laissait pas partir. L'affaire s'était terminée devant la commission juridique de la LFP et le joueur avait renoncé à une prime de 500 000 euros pour être définitivement libéré.