Younes Belhanda
Younes Belhanda, le milieu offensif de Montpellier | AFP - PASCAL GUYOT

Belhanda : "on s'est un peu embourgeoisé"

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Le milieu de terrain international marocain Younès Belhanda sollicité cet hiver par Fenerbahçe, juge que Montpellier "s'est un peu embourgeoisé après le titre" et doit retrouver l'état d'esprit de la saison passée pour viser une qualification européenne, avant d'aller à Evian, samedi.

Devez-vous gagner à l'extérieur pour viser une place européenne ?

Younes Belhanda : "Nous avons fait le plein à La Mosson. Il faut essayer de gagner à l'extérieur, sinon prendre au moins un point à Evian, pour espérer batailler pour les places européennes.

Comment expliquez-vous votre saison en dent de scie ?

Y B : En début de saison, on ne s'était pas remis du titre, il y a eu des départs et des arrivées. Mais le chamboulement n'explique pas tout, notamment l'état d'esprit qui n'est pas le même que l'an passé. Même si on n'était pas bon, on savait barricader en défense pour gagner 1-0. A l'image de nos récents matchs à Rennes ou Saint-Etienne, on dirait que l'on se laisse aller. On s'est un peu embourgeoisé après le titre de champion.

Ressentez-vous ces effets à titre personnel ?

Y B : Tout à fait. Quand on vise quelqu'un, on me vise moi. Au début, je me disais que ce n'était pas normal. Quand je prends du recul, je me dis que c'est normal au regard de la saison réussie l'an passé. Je le prends positivement car cela me fait avancer. C'est vrai, j'en avais un peu gros sur la patate des critiques et des sifflets de supporters. J'ai coupé un peu en partant avec la sélection, où cela s'est mal passé, et je suis revenu à neuf. Les critiques, qui existent depuis toujours, me passent au-dessus de la tête. C'est à moi de les faire taire sur le terrain.

Aviez-vous trop de pression sur les épaules ?

Y B : Un petit peu, notamment en début de saison. Comme Olivier (Giroud, ndlr) partait, qu'il n'y avait pas d'attaquant qui arrivait, je me suis dit qu'il fallait que je libère mon équipe. En prenant un peu de distance, je me rends compte que ce n'est pas la solution. Je dois m'appuyer sur le collectif et jouer avec mes partenaires. Par moment, je veux faire la différence. Je me complique la vie, mais je n'ai pas perdu le fil de mon jeu.

Pourquoi avez-vous eu envie de partir ?

Y B : Pour tout un tas de raisons. Quand je suis parti à la CAN, j'ai bien réfléchi et je me suis rendu compte qu'il fallait que je termine la saison ici. Partir en milieu de saison est compliqué d'autant que ma première partie avait été moyenne. Dans un premier temps, je veux réussir une belle seconde moitié de saison. Ensuite, on discutera avec le président pour voir ce qui se passe en juin. Mais je ne veux pas arrêter de jouer à Montpellier. Sur un plan personnel, j'espère atteindre les mêmes stats que l'an passé. Douze buts, cinq ou six passes décisives, cela serait pas mal pour une saison médiocre (sourire).

Fenerbahçe est-il vraiment un grand club européen ?

Y B : Fenerbahçe reste un grand club européen, où beaucoup de joueurs sont passés et ont rebondi partout. J'ai entendu ces remarques qui m'indiquaient que ce n'était pas un grand club et qu'il fallait viser l'Angleterre, l'Italie. Certes, l'Inter Milan est plus intéressant sur une échelle européenne, mais il n'y a pas eu d'offre.

Regrettez-vous de ne pas être parti en juin dernier ?

Y B : Pas du tout. Cela me fait grandir d'être dans cette situation. Cela fait quatre ans que je suis chouchouté, que je vis dans le confort. Etre bousculé me fait du bien. C'est même mieux de le vivre à Montpellier, où il y a moins de pression, que dans un autre club. 

AFP