Laurent Blanc et David Luiz (PSG-Chelsea)
Laurent Blanc espère pouvoir compter sur son défenseur brésilien, David Luiz, comme sur son effectif au complet pour aborder de front un mois d'avril au calendrier infernal | BEN QUEENBOROUGH / BACKPAGE IMAGES Ltd / DPPI media

Avril, le mois de vérité pour le PSG

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Le mois d'avril sera le mois de vérité pour le PSG, en lice dans quatre compétitions (Ligue des Champions, Championnat, Coupe de France, Coupe de la Ligue) et qui va disputer huit matches en vingt-quatre jours, soit une moyenne d'un match tous les trois jours. Le club parisien est-il taillé pour un tel défi, aura-t-il assez de souffle pour un tel marathon, et peut-il réussir à franchir ces obstacles sans trop de dommages ? Les interrogations restent posées. Première réponse dimanche soir face à l'OM au Vélodrome.

Si les espoirs refleurissent au printemps, ce n’est pas pour autant que le Paris Saint-Germain voit arriver avec ravissement un mois d’avril qui s’annonce lourd de promesses mais aussi peut-être de conséquences. Avec ces huit matches en vingt-quatre jours à disputer, le club parisien sait qu’il peut entrer dans l’histoire en réalisant un quadruplé Ligue des Champions-Championnat-Coupe de France-Coupe de la Ligue. Mais il sait aussi qu’il peut tout perdre en courant tous les lièvres à la fois.

Des moyens et des ambitions

Que le PSG soit donné favori du championnat au mois d’août ne procède pas vraiment de la gageure tant les moyens colossaux (490 millions de budget pour cette saison, 5e club le plus riche du monde) mis à sa disposition sont largement supérieurs à tout ce qui se fait ailleurs dans l’hexagone. Même en Europe, le PSG reste parmi les plus grosses cylindrées.

Économiquement parlant bien sûr, car sur le plan sportif, les Parisiens n’ont pas encore prouvé grand-chose. Deux titres de champion de France consécutif certes, mais on l’a dit, sur la scène tricolore, et sur la durée d’un championnat, leurs moyens restent supérieurs à ceux de tous les autres clubs… Mais s’ils commencent à entrer dans la cour des grands d’Europe, ils n’ont pas encore convaincu outre mesure en Ligue des Champions. L’étiquette existe, mais le contenu n’y est pas.

Alors, le PSG a-t-il raison de vouloir jouer sur les quatre tableaux ? Les actionnaires qatariens n’ont pas déversé une telle manne sans ambitions, et ils voudraient tout gagner si cela était possible, c'est évident, mais c'est pourtant l’Europe qui reste leur objectif prioritaire, celui qui aidera le club à devenir une marque déposée sur le vieux continent. Une défaite en quarts de finale de Ligue des Champions serait sans doute mal acceptée, et il n’est pas certain qu’une victoire en coupe de France par la suite soit de nature à apaiser leur déception. Même si le titre venait avec… Quoique, attention, pour le titre, rien n’est encore acquis ! Les hommes de Blanc sont loin d’avoir cette avance confortable que leur prédisait tous les observateurs en début de saison. C’est bien d’ailleurs ce qui complique la tâche de l’entraîneur à l’approche de cette zone de turbulence du mois d’avril.

Des épaules assez solides ? 

Car il n’est pas possible aux Parisiens, au vu des enjeux, de lever le pied pour pouvoir faire une ou deux impasses, et contrairement aux idées reçues, même si son budget est conséquent, le PSG ne possède pas un réservoir aussi pléthorique que cela. 23 joueurs professionnels, c’est un effectif riche et solide pour une saison ordinaire, mais dans un tel maquis de dates, il va falloir pour Laurent Blanc trouver des solutions équilibrées et efficaces dans les compositions d’équipe, en essayant de faire tourner pour préserver quelques joueurs, et en priant très fort pour qu’il n’y ait pas de blessures majeures. Car à l’heure de récupérer des éléments importants qui étaient à l’infirmerie depuis plusieurs semaines (Thiago Motta, Lucas, Cabaye), le PSG craint que d’autres tout aussi essentiels, qui ont déjà beaucoup donné, ne subissent à leur tour un contrecoup physique de cet enchaînement de rencontres qui se profile. De nouvelles absences seraient sans aucun doute préjudiciables pour la suite des événements.

D’autant que ce ne sont n’importe quels matches qui sont au programme. Il y a notamment en hors d’œuvre ce redoutable déplacement à Marseille qui peut mettre la pression sur le PSG pour le titre. Et la demi-finale de Coupe de France contre des Verts - lesquels ont fait un objectif de cette compétition et s’annoncent donc, tout comme les Phocéens, coriaces à manœuvrer-  sera une deuxième étape délicate à franchir. Avec peut-être une prolongation à la clé, tout comme il peut y avoir une autre trois jours plus tard en finale de la Coupe la Ligue. Autant dire que les Parisiens risquent de recevoir les joueurs du Barça sur les rotules.
Et puis n'oublions pas non plus l’aspect mental. Tout peut dépendre des trois premiers matches de cette série : s’il y a qualification et victoires, cela peut avoir un effet d’entraînement bénéfique et euphorique; dans le cas contraire, les doutes peuvent rapidement se faire jour.

A la fin du mois, le PSG en saura donc plus sur sa véritable capacité à tenir le rang que l’on en attend, à se montrer à la hauteur des investissements et des espérances qui ont été placés en lui, à gérer les grands rendez-vous comme doit savoir le faire un club aussi ambitieux. Cette période charnière est la plus difficile qu’il ait eu à négocier depuis trois ans.
Il pourra y avoir beau temps ou mauvais temps au Camp des Loges, en fonction de la météo des résultats qui seront enregistrés. Le PSG peut aussi bien connaître un printemps pourri que voir naître en avril les prémices  d’une gloire nouvelle.       

Le programme du PSG en avril

Dimanche 5 : 31e journée de Ligue 1 – déplacement à Marseille
Mercredi 8 : demi-finale de Coupe de France contre Saint-Etienne
Samedi 11 : finale de la Coupe de la Ligue contre Bastia, au Stade de France
Mercredi 15 : quarts de finale aller de la Ligue des Champions à Barcelone
Vendredi 17 : 33 journée de Ligue 1 – déplacement à Nice
Mardi 21 : quarts de finale retour de la Ligue des Champions contre Barcelone au Parc
Samedi 25 : 34 journée de Ligue 1 – réception de Lille
Mardi 28 avril : match en retard de la 32e journée de Ligue 1- réception de Metz

Christian Grégoire