Avec Lille et Lens, le Nord est en difficulté

Avec Lille et Lens, le Nord est en difficulté

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Les deux clubs historiques du Nord de la France, le RC Lens et le LOSC n'abordent pas cette 27e journée dans les meilleures conditions. Entre conflits avec les supporters couplés avec les mauvais résultats pour les Lensois et la déception des Lillois qui vivent une saison éloignée de leurs attentes, le tableau est assez sombre avec la lutte pour le maintien en toile de fond. Les réceptions du leader lyonnais pour Lille et de Rennes pour Lens sont l'occasion de se rassurer.

A Lens et à Lille, on a connu des jours meilleurs. Chez les Lillois, les beaux jours ne datent pas de très longtemps puisque l'an dernier les hommes de René Girard terminaient troisièmes de Ligue 1 et décrochaient leur ticket pour l'Europe. Neuf mois plus tard, ils végètent dans le milieu de tableau en Ligue 1 (12e) où ils n'ont pris qu'un point pris sur 6 possibles et n'ont pas pu se qualifier pour les 16e de finale de la Ligue Europa. Chez le voisin lensois, c'est pire. Les hommes d'Antoine Kombouaré sont avant-derniers et restent sur deux défaites en trois matches. S'ajoutent à ces résultats calamiteux, des troubles avec des supporters qui pourraient découler sur des sanctions financières et administratives.

Lille, la fête est-elle finie?

Le maintien, le mot est lâché. Après la défaite à Bastia (2-1), René Girard n'a pas hésité au moment de faire le constat. "Avec trente-deux points, on joue le maintien, clairement", lançait-il après le 10e revers en 26 journées, soit un de moins seulement que sur la totalité de la saison dernière. Un aveu qu'il a toutefois tenu à nuancer cette semaine. Histoire de calmer le jeu? Peut-être. "On n'est pas européen, mais ni relégable non plus. On doit être professionnel dans tous les cas. Il faut revenir dans la première partie du classement pour que ce soit satisfaisant. Il faut positiver et avancer. On est là, les garçons sont conscients qu'il faut prendre les dix points qu'il nous manquent. Mais il n'y a pas péril en la demeure, des équipes sont plus mal que nous", déclarait-il. Pourtant, le constat est là : Lille galère. Pourquoi une telle différence alors que le groupe est quasiment le même que l'an dernier - le LOSC a quand même perdu Salomon Kalou - où Lille arrachait la 3e place au nez et à la barbe de l'ASSE.

René Girard ne l'expliquait pas. Ou peu. "Il n'y a rien d'écrit en football. On peut avoir la même équipe, et la  même préparation deux saisons de suite, sans avoir les mêmes résultats. L'an dernier on a pu se concentrer pleinement sur le championnat et on avait eu un peu de réussite. Après, c'est une dynamique qui nous porte. Il n'y a pas toujours d'explication". La réussite, l'Europe qui pompe l'énergie en semaine et épuise avant le week-end, toujours les mêmes mots, pour des nouveaux maux. L'an dernier, Lille avait terminé deuxième meilleure défense de Ligue (26 buts encaissés, trois de plus que le PSG), dans le sillage d'un Vincent Enyama étincelant. Cette saison, le portier nigérian est déjà allé chercher 23 fois le ballon au fond des filets. Surtout, l'attaque ne répond plus orpheline de son meilleur buteur ivoirien parti au Hertha Berlin. Nolan Roux, le plus prolifique, est à 3 buts. Donc à l'heure de recevoir le leader et meilleure attaque de Ligue 1, l'OL, Girard et le LOSC peut s'inquiéter. "C'est un gros défi qui nous attend. On sait que ça sera très compliqué et qu'il faudra être à 150%", a assuré le technicien lillois. Il faudra aussi contrer Alexandre Lacazette, meilleur buteur du championnat et cauchemar du LOSC au match aller avec un triplé.

Lens au bord du gouffre

L'entraîneur lensois, Antoine Kombouaré
L'entraîneur lensois, Antoine Kombouaré

Au moins Lille peut toujours se rassurer en regardant du côté de Lens. Le voisin est au plus mal et reste sur un cinglant 4-1 encaissé à Lens. C'est simple, les Sang et Or n'ont toujours pas gagné en 2015 et restent sur 7 matches sans succès. Des résultats calamiteux qui ont provoqué la colère des supporters ulcérés par une saison chaotique et qui s'en sont pris à l'actionnaire majoritaire azerbaïdjanais Hafiz Mammadov et au président Gervais Martel. Samedi, quelque 1200 fans Sang et Or avaient fait le déplacement en Normandie et une centaine d'entre eux ont provoqué de graves incidents. Après avoir lancé des fumigènes et divers projectiles sur la pelouse, ils ont essayé de pénétrer sur le terrain, obligeant l'arbitre Tony Chapron à interrompre la rencontre à huit minutes de la fin pendant un gros quart d'heure, avant que les esprits ne se calment. Des débordéments qui ont marqué les esprits et n'ont pas plus à Antoine Kombouaré, l'entraîneur. "On a un public fantastique ! On l’a vu ce matin lors de l’entraînement public. Il nous donne envie d’aller de l’avant tout le temps. Mais je suis tout de même fâché par rapport aux images que j’ai vues à Caen. Ce n’est pas ce que j’attends de mes supporters", a assuré Kombouaré en conférence de presse cette semaine.

Le club risque des sanctions disciplinaires, de grosses amendes, voire même un retrait de points qui pourrait coûter cher en fin de saison alors que le maintien est l'objectif numéro 1. "Aujourd’hui on est dans le dur ce qui est logique vu les difficultés que l’on rencontre depuis le début de la saison. Ce qui est sûr, c’est que l’on ne va pas lâcher ! On va travailler pour essayer de rectifier le tir et gagner. On n’a qu’une envie : se battre jusqu’au bout ! On veut sortir la tête de l’eau !", a martelé l'ancien coach parisien. Se relever après deux défaites contre des concurrents directs (Evian puis Caen), voilà la mission du RC Lens. Ca commence par la réception de Rennes samedi avant un mois de mars de feu qui commencera par un déplacement au Parc des Princes contre le Paris SG et finit par la "réception" de Marseille au Stade de France.

Benoit Jourdain @BenJourd1