Atelier bricolage à Marseille

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Entre les dispositifs tactiques bouleversés d'un match à l'autre, la suspension de Gignac et le retour tardif des internationaux, difficile de prévoir quelle formation alignera José Anigo ce vendredi soir face à Nice (20h30, 28e journée).

José Anigo est un homme troublant. Ces dernières semaines, le coach marseillais s'est fendu de quelques choix stratégiques insaisissables. A Saint-Etienne, alors que le club phocéen avait l'occasion de ravir la quatrième place à son rival ligérien, le natif de Marseille a choisi d'aligner une défense à 5, une première cette saison. Le match nul arraché par les Stéphanois à la dernière minute (1-1) venait pénaliser la tactique frileuse d'Anigo, qui de toute manière, ne visait pas autre chose que le nul. Et puis, il y a eu le match contre le Paris Saint-Germain. A l'occasion du "classique" de la Ligue 1, le manager de l'OM avait étonnement choisi d'aligner 5 joueurs à vocation offensive - Gignac, Valbuena, Thauvin, et Ayew et Payet un peu plus reculés - sans impact notable sur la qualité du jeu produit. Dans l'incapacité de se retourner et de se projeter vers l'avant, les attaquants phocéens ont joué tout le match dos au but, si bien que l'audace tactique d'Anigo n'a jamais été récompensée. Une audace qui, dans le fond, aura du mal à être justifiée.

José Anigo, l'homme qui tente des coups

Pourquoi aligner une formation résolument défensive contre Saint-Etienne, 4e du classement et 5e attaque de L1, et deux semaines plus tard, partir à l'abordage contre l'insatiable Paris Saint-Germain ? On aurait souhaité saisir la logique tactique du coach marseillais, dont la composition risquée titularisée au Parc des Princes semblait signifier "quitte à perdre, faisons le bien". L'instabilité chronique des choix de "José" donne évidemment du grain à moudre à ceux qui pointaient sa politique sportive douteuse ces dernières semaines :"on a fait semblant d'avoir de l'ambition", avait déclaré le président des Yankees (club de supporters de l'OM), au sortir du "classique". De son côté, Laurent Blanc, l'entraîneur du PSG, a mis le doigt sur l'incohérence entre la tactique appliquée par José Anigo et le choix des hommes  :"avec 5 joueurs à vocation offensive, on pensait qu'ils allaient nous presser haut, mais ça n'a pas été le cas. Ils se sont contentés de défendre". Alors, on en revient toujours aux critiques formulées à l'encontre de l'entraîneur marseillais au moment de sa nomination en décembre dernier. Est-il un coach compétent ? José Anigo s'était évertué à répéter à qui veut l'entendre qu'il n'était pas seulement "une grande gueule", mais aussi "un vrai tacticien". 

"Thauvin ? Il peut jouer arrière gauche! " 

Ce vendredi soir donc, Marseille recevra l’OGC Nice en ouverture de la 28e journée de Ligue 1, qui joue au Stade Vélodrome son 2000e match dans le championnat français. Mais avec quelle équipe ? André-Pierre Gignac est suspendu, et les internationaux – Valbuena, Gignac, Mandanda, Khalifa, N’Koulou, Ayew… - s’ils n’ont pas tous joué, ont vu leur préparation tactique avec l’OM tronquée. L’état-major olympien a d’ailleurs dépêché des avions aux quatre coins de l’Europe pour rapatrier au plus vite ses cadres, moins de 48h avant la rencontre face à Nice. Vincent Labrune avait déjà obtenu de Willy Sagnol la non-sélection de Florian Thauvin avec les espoirs, au contraire de Saber Khalifa, finalement entré en jeu avec la Tunisie contre la Colombie malgré les supplications des dirigeants marseillais. L’ancien attaquant de l’ETG, seul avant-centre de métier en l’absence de Gignac à Marseille, est même incertain pour le match de ce vendredi soir, puisque gêné à la cuisse gauche. Il n’est alors pas exclu de voir Florian Thauvin squatter la pointe de l’attaque marseillaise :" Il est tout à fait capable de jouer en pointe", a confié José Anigo au sujet de l’éphémère lillois. "Il peut même jouer arrière gauche ! (rires)". Pas certain que les supporters marseillais soient réceptifs à sa vanne.  

Jean Charbon