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Les supporters français pourraient bientôt avoir un droit de regard en Ligue 1. | FRANCOIS NASCIMBENI / AFP

ASSE: "Socios", c'est quoi le principe ?

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Roland Romeyer, le président du directoire de l'ASSE, a allumé la première mèche en lancant un projet de "socios" dans L'Equipe vendredi. Un modèle qui n'a pas de représentant en France. Mais, au fait, qu'est-ce qu'un "socio" ? Dans quoi les Verts pourraient s'engager s'ils ouvraient la porte aux supporters ? Coup de projecteur sur ce qui se fait ailleurs.

Voilà un système qui n’existe pas en France mais qui est bien implanté dans toute l’Europe : celui des "supporters-actionnaires", appelés "socios". Une pratique méconnue qui pourrait se généraliser dans notre pays, à l’initiative de Roland Romeyer, le président du directoire de l’ASSE, qui entend capitaliser sur sa force principale pour développer et hisser les Verts à un autre niveau. "Des études montrent que l'ASSE a entre 1,8 et 2 millions de supporters, a-t-il déclaré à L'Equipe vendredi. On travaille depuis trois semaines avec les Associés supporters pour développer un partenariat. L’objectif est d’augmenter le nombre de membres de 8 000 à 30 000 dès la fin 2015." Mais qui sont ces sociétaires potentiels ?

Une participation active à la vie du club

Plus que des abonnés, ils sont plusieurs milliers à payer une cotisation annuelle (qui varie) pour avoir un droit de regard sur la gestion du club et faire entendre leur voix. A Madrid, à Barcelone, au Portugal, en Argentine, ce sont eux qui donnent la ligne directrice des clubs concernés, en glissant (tous les quatre ans) un bulletin dans l’urne pour un candidat à la présidence. Mais aussi en prenant part quotidiennement aux décisions importantes, à l’image du référendum organisé début avril par le Barça pour valider le projet de rénovation du Camp Nou. Ils bénéficient aussi d'avantages divers : accès prioritaire au stade et autres réductions importantes sur le merchandising du club. 

Être "socio", en Espagne par exemple, permet au supporter d’être propriétaire d’une petite partie de son équipe de cœur. A l’instar d’un syndicat ou d’une association, les souscrivants sont tous égaux en droits malgré des patrimoines et des situations différentes. Toutefois, la procédure qui encadre une entrée dans le capital s’avère souvent longue, très longue même, entre sept et huit ans. Ce Graal tant désiré a en effet l’habitude de transiter d’une génération à l’autre, une sorte d’héritage, obligeant les clubs à procéder à un renouvellement régulier. Aujourd'hui, le Barça enregistre près de 200 000 "socios" quand le Real Madrid dépasse allègrement les 100 000 pour des stades ayant des capacités moindres.

A quand des "socios" en Ligue 1 ?

En France, ce phénomène commence à prendre de l’ampleur. Sur le papier tout du moins. Jeudi, le Conseil national des supporters de football (CNSF) a posé la première pierre pour un futur actionnariat populaire, une fois la légitimité nécessaire acquise. "Il n'y a rien d'extraordinaire à ce que les supporters soient intégrés à la gestion ou même soient entièrement propriétaires des clubs, a assuré William Gaillard, conseiller du président de l'UEFA Michel Platini, et invité par le CNSF aux assises. Le modèle des sociétés sportives par actions est en crise. En Allemagne, il y a des alternatives, la loi oblige ainsi que 50%+1 des clubs soient dans les mains des associations locales." Un système viable pour l’avenir, à condition d’avoir une base de supporters assez nombreuse. Comme à Nantes, Paris, Marseille et Saint-Etienne. Il y a un modèle à inventer en France.

Yohan Roblin @yohanroblin