ASSE-OM : Michy n'a pas suffi

ASSE-OM : Michy n'a pas suffi

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A l'issue d'une rencontre au scénario incroyable, l'OM et Saint-Etienne se quittent sur un match nul (2-2), qui n'arrange aucune des deux équipes. Menés au score après un but de Gradel sur penalty, les Phocéens ont marqué par deux fois, grâce à Michy Batshuayi. Mais Erding, en sauveur, a remis les Verts à flot, à deux minutes du coup de sifflet final. L'OM pointe désormais à la 3e place du championnat, à 4 points du leader lyonnais.

Sous le feu des critiques depuis la trêve hivernale, le groupe marseillais, dont la cohésion semble peu à peu tomber en miette, n'étaient pas dans les meilleures dispositions, à l’aube de ce déplacement à Goeffroy-Guichard. Entre certains joueurs, en match comme à l’entraînement, les insultes fusent. Marcelo Bielsa, en contact selon plusieurs sources concordantes avec la fédération saoudienne, ne serait plus écouté. Les joueurs marseillais, qui n’ont qu’un match à disputer par semaine seraient émoussés. Le moment tombait à pic pour les Verts, séduisants dans le jeu depuis la reprise, mais tragiquement inefficaces.

La maladresse, spécialité stéphanoise 

Dominer n’est pas gagner, avoir la possession, encore moins. En première période, les Marseillais mettent la patte sur la gonfle 57% du temps, mais la domination statistique ne reflète en rien les 45 premières minutes. Les hommes de Bielsa restent retranchés dans leur camp, subissent les assauts répétés d’Hamouma, Gradel et Ricky Van Wolfwinkel, et laissent tout le loisir à la défense stéphanoise de faire tourner le cuir, très tranquillement. Une consigne de Bielsa ? De la fainéantise caractérisée ? Quelques soient les raisons de ce stoïcisme, ça ne paie pas. Dès la 6e minute, Gradel obtient un bon coup-franc aux abords de la surface, sur la droite, et trouve la tête de Van Wolfswinkel. Le montant gauche de Mandanda sent le souffle de la première occasion stéphanoise. Côté vert, l’affaire s’annonce tristement répétitive. Deux minutes plus tard, Max-Alain Gradel est servi à 20 mètres du but marseillais, et décoche une frappe puissante, qui fuit l’arête de la niche de Mandanda. Saint-Etienne parvient régulièrement à faire entrer le vert dans le fruit, mais pêche toujours par maladresse. Marseille tente de faire le jeu, mais éprouve les pires difficultés à aligner trois passes. Sur l’aile droite, Ocampos est invisible, tandis que sur le front de l’attaque, Gignac cumule les erreurs techniques et les courses dans le vide. Imbula la donne trop tôt ou trop tard, et derrière, seuls Morel et Mandanda font honneur à leur place de titulaire. Ruffier ne ressent pas le moindre frisson car, comment souvent, l’OM est frileux en première période. En 2015, les hommes de Bielsa n’ont jamais marqué lors des 45 premières minutes.

A l'OM, il y a enfin des "supersubs"

Au retour du vestiaire, le scénario s’annonce similaire. Sensiblement. Marseille fait toujours honte au jeu chatoyant pratiqué en début de saison, mais Sainté est en passe de vaincre ses démons. A la 53e minute, Hamouma s’incruste dans la surface phocéenne et glisse le ballon entre les jambes de Morel, qui n’a d’autre choix que de laisser traîner ses jambes. Clément Turpin désigne le point de penalty, Gradel ne tremble pas (1-0). Marseille continue de traîner la patte. Marcelo Bielsa, lui, revoit ses principes. Adepte des changements tardifs, il rappelle Gignac et Romao à la 62e minute, et lance Alessandrini et Michy Batshuayi dans un chaudron bouillant. Dans le mille. En trois minutes, le Belge marque deux fois. A la 64e, il est à la réception d’un long ballon venu de la gauche, crochète Bayal Sall, et glisse de la ballon dans la niche du gardien stéphanois. Trois minutes plus tard, il coupe la trajectoire d’un centre à ras de terre adressé par Alessandrini devant le but des Verts, et cale de nouveau la gonfle au fond des filets. Stupeur à Geoffroy-Guichard, devant 35000 supporters interloqués par ce scénario incroyable. Saint-Etienne est sous l’eau, et ne parvient pas à remonter à la surface. Batshuayi profite de son maigre temps de jeu, et s’éclate.

A la 75e minute, il fait de nouveau étalage de ses qualités techniques, adressant une merveille de talonnade dans la surface stéphanoise, en direction de Payet, auteur d’une seconde période séduisante. La tête d’Erding, qui supplante Morel dans les airs à deux minutes de la fin de match, trouve un meilleur sort. Comme à Reims, les hommes de Bielsa se font rejoindre dans les dernières secondes. Cruel, mais juste pour les Verts, outrancièrement dominateurs en première période. En attendant, les deux équipes rallongent leurs médiocres séries : l’OM n’a plus gagné à l’extérieur depuis le 4 octobre, tandis que Saint-Etienne enchaîne un sixième match sans victoire. 

Un match pour rien ? 

Jean Charbon