Joël Fréchet
Joël Fréchet. | AFP

ASSE - OL. Joël Fréchet : "Ce n'est pas la guerre mais un bon combat"

Publié le , modifié le

L'ancien milieu de Lyon Joël Fréchet est le deuxième plus jeune joueur à avoir débuté en Ligue 1, alors qu'il avait 15 ans, lors d'un derby ASSE-OL, derrière l'ex-Stéphanois Laurent Paganelli - à 11 jours près. Et de ce match perdu 4-0 le 12 septembre 1981, il se souvient des mots de Michel Platini, dont il avait alors été chargé du marquage: "ne tire pas trop sur les shorts", lui avait glissé l'ancien meneur des Verts et de l'équipe de France. A 52 ans, celui qui entraîne désormais les jeunes de l'OL - après avoir joué à Alès, Bastia, Angers, Montpellier, Valence et Laval - évoque la rivalité avec l'AS Saint-Etienne et se veut confiant pour la suite de la saison lyonnaise, à commencer par le derby de dimanche.

Quel souvenir gardez-vous de ce derby, votre premier match pro, au marquage de Platini ?

Très bon. Fleury Di Nallo, alors directeur sportif de l'OL, me téléphone alors que j'étais en stage à Valence avec la sélection régionale cadets. Il me dit de rentrer tout de suite sur Lyon pour le derby. Je pensais qu'il parlait de la réserve. Les deux demi-défensifs, Jean-Louis Desvignes et Laurent Fournier, étaient indisponibles. J'étais arrivé à l'OL un an auparavant, à 14 ans. Di Nallo a dit à l'entraîneur, Jean-Pierre Destrumelle, que j'étais prêt physiquement. Dès le premier entraînement avec les pros, j'ai été pris sous l'aile du capitaine, Serge Chiesa. Nous étions bien classés et Saint-Étienne, champion en titre, n'était, en revanche, pas trop bien. Il y avait 40.000 spectateurs (ndlr: en réalité, 19.777) et nous avons perdu 4-0. Après dix minutes, il y avait déjà 2-0. Platini avait marqué le 2e but. C'était un Monsieur. A la fin, il m'a dit +Continue comme ça, tu feras carrière mais ne tire pas trop sur les shorts+. C'est vrai que je m'étais un peu accroché. Mais j'étais fier qu'il vienne me parler.

Vous êtes originaire du Nord-Isère, avec le choix entre Saint-Étienne et Lyon ...

Je viens d'un petit village, Saint-André-le-Gaz. Fleury Di Nallo était venu me recruter. A l'époque, dans les années 1970, avec mon père, nous allions voir l'épopée des Verts en coupe d'Europe et en championnat, nous allions à Gerland voir l'OL et sa fameuse triplette, Di Nallo-Lacombe-Chiesa.

Quelle a été la suite de votre carrière ?

Avec les Bleuets, j'ai été champion d'Europe juniors en 1983. L'OL est descendu en L2 cette année-là. Chez les pros, j'ai vu arriver l'entraîneur actuel, Bruno Genesio, alors que nous avions Robert Herbin comme entraîneur. J'ai disputé plus de 400 matches professionnels dont 39 en Ligue 1 (36 avec Montpellier), en 17 ans de carrière jusqu'en 1998. Je suis devenu entraîneur-adjoint à Laval avant de rejoindre le centre de formation de l'OL où je travaille auprès des U16.

Avec les jeunes, comment se passent les derbies ?

Chaque saison, ce sont les deux matches à gagner. Les jeunes des deux clubs se retrouvent dans les sélections nationales. Il y a de la rivalité, l'envie de gagner. Il y a aussi du respect notamment chez les entraîneurs. Mais parfois, ça dérape. Ce n'est pas la guerre mais un bon combat même si en U17, il nous est arrivé d'avoir recours au service de sécurité en raison de la présence d'ultras en tribune. S'il y a de la haine, ce n'est pas bien.

Quel regard portez-vous sur le début de saison de l'OL et Genesio ?

C'était bien au début, plus moyen ensuite. L'OL revient actuellement à un bon niveau. Des nouveaux joueurs doivent s'adapter. Je ne comprends pas les critiques envers Bruno Genesio surtout lorsque l'on sait ce qu'il peut apporter au club. J'en suis un ardent défenseur, notamment si l'on veut inculquer certaines valeurs avec des jeunes qui sortent de l'Académie. Si l'on veut un entraîneur qui amène l'équipe au plus haut, Bruno est l'homme qu'il faut. Je trouve aberrant que l'on remette en cause un entraîneur qui a des résultats.

Votre sentiment sur le derby de dimanche ?

Je suis curieux face à la nouvelle équipe de Saint-Étienne. Comment nos joueurs vont-ils agir et réagir ? Je revois tous les buts importants que nous avons pu marquer à Geoffroy-Guichard dans les années fastes mais la tendance s'est un peu inversée depuis quelques années. J'ai de l'espoir mais c'est très incertain.

AFP